Télécoms : le régulateur veut donner un coup de fouet aux investissements

 |   |  636  mots
Sébastien Soriano, le patron de l'Arcep, le régulateur français des télécoms.
Sébastien Soriano, le patron de l'Arcep, le régulateur français des télécoms. (Crédits : Arcep)
Sébastien Soriano, le patron de l’Arcep, le gendarme des télécoms, affirme que « les Français sont en droit de demander plus d'efforts d'investissements de la part des opérateurs ». En outre, il souhaite mettre en place une concurrence par la qualité, en plus de celle, actuelle, par les prix.

En voie de guérison, le marché français des télécoms doit désormais donner la priorité aux investissements et permettre à la France de combler son retard par rapport à ses principaux voisins européens, estime le président de l'Arcep qui en fait une priorité. Dans le dernier tableau de bord du numérique établi par la Commission européenne (Digital Scoreboard), la France se distingue par ses prix bas mais pointe en revanche en queue de classement en matière de connectivité.

« Pendant longtemps notre focale a été de nous assurer que les Français bénéficient de prix attractifs. Maintenant c'est fait, les prix sont bons. Notre priorité, maintenant, c'est de nous assurer que notre pays est bien connecté », a expliqué Sébastien Soriano lors d'un entretien à Reuters. « Le secteur des télécoms a passé un trou d'air, il y a une amélioration de la situation de marché. Donc les Français sont en droit de demander plus d'efforts d'investissements de la part des opérateurs », a-t-il ajouté.

Avoir le choix entre au moins deux offres

Le président de l'Arcep trace un cap ambitieux pour les opérateurs à l'horizon des trois prochaines années. Concernant le maillage du territoire en antennes mobiles, actuellement autour de 65.000, le régulateur aspire à l'installation de 10.000 sites supplémentaires et à la conversion de 25.000 antennes en 4G. Les opérateurs atteindraient alors avec trois ans d'avance les obligations qui leur ont été imposées lors de l'octroi de leurs fréquences mobiles.

Alors que six millions de foyers bénéficient aujourd'hui de l'internet ultra-rapide (FTTH), l'Arcep estime qu'ils pourraient être sept à huit millions de plus d'ici trois ans et qu'une majorité d'entre eux (80%) devraient pouvoir choisir entre au moins deux offres. L'Arcep n'a cependant pas la faculté de contraindre des opérateurs qui sont toujours convalescents après l'irruption de Free (Iliad) dans le mobile et la dégringolade consécutive des prix depuis quatre ans.

Monétiser la qualité du réseau

Des dirigeants du secteur ont lancé une mise en garde sur les investissements après l'échec du projet de mariage entre Orange et Bouygues Telecom (Bouygues) qui aurait permis de ramener à trois le nombre d'acteurs en France. Pour le président de l'Arcep, la concurrence ne s'oppose pas aux investissements à la condition qu'elle soit bien orientée.

« La clef de la relance des investissements c'est la capacité des opérateurs à monétiser la qualité et la couverture de leur réseau », estime Sébastien Soriano, alors que les opérateurs télécoms peinent pour l'instant à traduire dans leurs tarifs mobiles les bénéfices apportés par le déploiement de la 4G. Pas d'objectif imposé pour les opérateurs mais une plus grande transparence pour les consommateurs qui servira d'aiguillon aux opérateurs pour investir, parie l'Arcep.

Augmenter le prix de la location du réseau cuivré

Le régulateur va ainsi proposer en accès libre des données de couverture et de cartographie récoltées auprès des opérateurs et s'associera à des acteurs capables d'exploiter ces données pour proposer des comparatifs. L'Arcep prévoit aussi d'utiliser des armes plus traditionnelles, en obligeant notamment Free (Iliad) et Orange à détailler la feuille de route pour l'extinction de leur contrat d'itinérance qui implique le déploiement par le groupe de Xavier Niel de son propre réseau.

Soucieux de la longueur d'avance prise par Orange dans le déploiement de la fibre, le régulateur consulte également les acteurs du secteur pour identifier d'éventuels remèdes. Le régulateur réfléchit aussi à une possible augmentation du coût de la location du vieux réseau de cuivre de l'ancien monopole Orange afin d'inciter au transfert vers de nouvelles infrastructures.

(avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/07/2016 à 15:05 :
taxer le cuivre...?! !!
Là encore, on marche sur tête

Le cuivre est largement rentabilisé et il faut, au contraire, continuer à l'utiliser au maximum en augmentant sa bande passante sans avoir à toucher aux câbles.
C'est ce que permet le VDSL qui permet de redonner une jeunesse au bon vieux cuivre en ajoutant quelques équipements chez l'opérateur. On obtient alors, dans la plupart des cas en ville, une bande passante très largement suffisante pour une famille de particuliers.
C'est d'ailleurs les principes qui ont présidés à la construction des réseaux optiques en France avec le DWDM.

Remplacer des équipements rentables pour un délire politico-marketing est une faute de gestion.
Cela a déjà été fait avec le grand délire de l'UMTS qui a été l'un des plus grands gâchis des télécoms pour les mêmes délires.

Et pourquoi ne parle-t-on pas de mettre de la fibre jusqu'aux communautés de communes et de couvrir en wimax ou 4G locale les zones difficiles?????
a écrit le 01/07/2016 à 13:54 :
S'il y avait un seul domaine à remonter au niveau européen c'est bien celui de la régulation des télécoms. Nous avons aujourd'hui un système fragmenté et territorialisé qui nous handicape par rapport aux américains et aux chinois. Demain avec la virtualisation, nous aurons des acteurs mondiaux qui feront indifféremment du digital et des télécoms comme les GAFA aujourd'hui et qui achèteront en gros des accès aux terminaisons physiques (radio ou boucle locale) qui seront fournis par d'autres acteurs plus géographiques. Les business models devront accepter la dépéréquation (l'impôt foncier local pourra cofinancer l'accès physiques avec ces opérateurs globaux dans certaines zones).
a écrit le 01/07/2016 à 11:09 :
Les opérateurs ont pléthore de personnel et pourraient investir s'ils pouvaient se restructurer. Mais en France, ni l'emploi ni l'administration publique ne sont des variables d'ajustement. Alors l'investissement et la croissance qu'il procure sont sacrifiés, la France dégringole, la pauvreté augmente.
a écrit le 01/07/2016 à 10:23 :
Augmenter les prix du réseau cuivre pour favoriser la marge du monopole Orange ?
Ils sont stupides ??

=> La seule façon de gérer un monopole c'est de taxer le surprofit du a un marche rnon parfait.
Les socialistes ont 1001 idées pour les taxes toutes plus contrepoductives que les autres, par contre taxer une situation de monopole ils n'y ont meme pas pensé ??
Réponse de le 04/07/2016 à 10:54 :
En voila un qui veut jouer les malins et qui n'y connait rien !!
Il faut lire les rapports et notamment ceux de l'ARCEP ! et s'y connaitre une peu !
Le couts de maintenance et d'entretien du réseau cuivre sont FARAMINEUX.
Orange à OBLIGATION de louer la boucle locale à PRIX COUTANT , en fait bien en dessous du prix réel ( les couts investissements initiaux étant couts d'investissement d'aujourd'hui " beaucoup moindre " )

Alors arrêtez : En effet cette obligation est un cadeau inespéré et qui bloque les investissements privés sur le dos de l'opérateur historique .

lire des âneries pareils est consternant !!!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :