Messier s'explique sur le parachute doré qu'il n'a jamais touché

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Les conditions de négociation de ce chèque de départ étaient au centre des débats jeudi lors du procès de l'ex-patron flamboyant de Vivendi Universal.

Pour la deuxième journée du procès de Jean-Marie Messier devant le tribunal correctionnel de Paris, les débats ont porté sur le parachute doré de l'ex-patron de Vivendi Universal. J2M est poursuivi sur ce volet pour « abus de bien sociaux », comme son ex-bras droit Eric Licoys.

Ce parachute négocié dans les heures précédant son départ en juillet 2002 comprenait un chèque de 20,5 millions d'euros ; la possibilité d'exercer ses stock options ; le remboursement des travaux engagés dans son appartement new yorkais (936.000 dollars) ; une assurance maladie, vie et invalidité pour J2M et sa famille pendant 5 ans ; le paiement de son personnel de sécurité pendant 9 mois ; un collaborateur cadre choisi par J2M mis à disposition pendant 2 ans ; et un chauffeur-garde du corps pour son épouse pendant 9 mois. « C'était quand même une somme très importante, qui coïncide avec une crise de trésorerie. N'avez-vous pas le sentiment que c'était excessif ? », interroge le juge. « Non, répond J2M. Vivendi Universal a toujours eu plus d'un milliard d'euros de ressources financières ».

CONTRAT ILLEGAL

Au début de la négociation, J2M avait même ajouté moult exigences (qui lui seront finalement refusées) : rester président d'honneur et membre du conseil d'administration, nommer Agnès Touraine « chief operating officer », continuer à utiliser l'avion du groupe, poursuivre le procès qu'il avait engagé contre le journal « Le Monde », l'engagement « de ne pas réintégrer Pierre Lescure » et de ne pas lui faire de procès, et enfin pouvoir présenter un film sur le 1er  anniversaire du 11 septembre... Huit ans après, J2M reconnaît : « c'est une liste pathétique, avec des demandes décalées et baroques », voire « une acrimonie vengeresse ».

Selon le juge d'instruction Jean-Marie d'Huy, le contrat accordant le parachute est illégal, car il a été signé sans l'autorisation préalable du conseil d'administration, requise par la loi. En effet, J2M avait signé le contrat alors qu'il était toujours PDG. L'avocat de Vivendi, Jean-François Prat, avait d'ailleurs proposé à Edgar Bronfman Jr (alors PDG par intérim) de resigner le même contrat tout en le datant du lendemain, mais le canadien refusa. Finalement, le parachute doré n'a jamais été examiné par le conseil d'administration, et Vivendi s'opposa même à son versement devant la pression médiatique.

Fin 2003, J2M acceptera de renoncer à ce parachute pour mettre fin à l'amiable aux poursuites engagées contre lui par le SEC, le gendarme de la bourse américaine. « Je n'ai jamais touché un euro », a-t-il pu ainsi marteler à l'audience jeudi.

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