BT : retour dans le vert de l'activité entreprises

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Après deux années catastrophiques, le géant britannique des télécoms s'est assaini, mais doit maintenant retrouver la croissance. Le patron Europe, Luis Alvarez, s'y emploie.

Sourire aux lèvres, air détendu, Luis Alvarez affiche clairement sa satisfaction. « BT est de retour », claironne dans un entretien à "La Tribune" le patron Europe et Amérique Latine du géant britannique des télécoms. Pour la première fois depuis longtemps, il peut afficher des comptes assainis. Après des années 2008 et 2009 très mauvaises, BT ? qui présentait ses résultats annuels ce jeudi - a retrouvé le chemin de la profitabilité : le bénéfice avant impôt a progressé de 20% pour l?année 2010-2011, pour un chiffre d?affaires en baisse de 4% (les résultats complets en pdf sont ici.)

En particulier, ses grands comptes (appelés « Global Services »), qui avaient particulièrement souffert, génèrent désormais un cash flow positif. L?entreprise a ainsi dégagé 119 millions de livres (136 millions d?euros) de trésorerie d'exploitation pour l?année d?avril 2010 à mars 2011, contre une perte de 482 millions de livres (550 millions d?euros) l?année précédente. C?est un retour dans le vert un an plus tôt que ce qui était prévu par le plan de redressement lancé en 2009.

Plus de contrats à prix cassés

Global Services, qui fournit des services télécoms à de grandes entreprises, notamment en France, n?a pas pour autant retrouvé la croissance. Le chiffre d?affaires est en baisse de 5% sur l?année 2010-2011. Le retour aux bénéfices vient avant tout d?un assainissement de sa gestion : plus question de passer des contrats à prix cassés, quitte parfois à devoir renoncer à certains d?entre eux.

Cette stratégie est à l?opposé de la croissance à tout prix mené par le Français François Barrault jusqu?en 2009. Cette division avait alors fortement augmenté son chiffre d?affaires, mais en signant des contrats qui se sont révélés désastreux, forçant BT à passer 1,6 milliard de livres (1,8 milliard d?euros) de provisions.

Carnet de commandes en hausse de 10%

Luis Alvarez veut cependant croire que le retour à la croissance est en cours. Le carnet de commandes de Global Services est en hausse de 10%. De grands contrats ont été passés avec Royal Mail au Royaume-Uni ou BASF dans le reste du monde. Ce dernier contrat donne une bonne idée des services demandés par les multinationales : 900 sites de cette entreprise à travers le monde doivent être connectés, avec des réseaux sécurisés. En France, la Société Générale et BNP Paribas ont aussi signé des contrats. Les ambassades du monde entier, d?Espagne, d?Italie et du Royaume-Uni sont aussi équipées par BT.

Des "hackers éthiques" à l'affut des brèches de sécurité

Cela donne à l?entreprise de télécoms un domaine de croissance : la sécurité. L?exemple de Sony, qui récemment victime d'un vaste piratage de données d'utilisateurs de son portail de jeu, vient rappeler la nécessité de protéger ses réseaux. « Nous avons notamment des ?hackers éthiques? dont le métier est d?étudier les brèches potentielles de sécurité d?un réseau et de les réparer », explique Luis Alvarez. La gestion des personnes qui accèdent aux réseaux est aussi une tâche que BT peut effectuer pour ses grands clients.

Enfin, ce redressement de BT se constate en bourse. Si le chiffre d'affaires un peu moins bon qu'attendu a fait baisser l'action de 2% ce jeudi, celle-ci a tout de même grimpé de 72% en un an.


 

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