Au terme de la première journée des enchères pour les fréquences 5G, ce mardi, l’opérateur historique a affiché sa détermination à rafler un maximum de spectre.Orange a les crocs. Ce mardi, au terme de la première journée de la vente de spectre 5G aux opérateurs, le numéro un français des télécoms s'est montré très gourmand. C'est le seul acteur qui a demandé le maximum de blocs de fréquences possible sans jamais réviser sa position à la baisse pendant les quatre premiers tours d'enchères.
Pour rappel, cette vente vise à répartir 110 MHz de fréquences 5G dans la bande des 3,5 GHz entre les quatre grands opérateurs français - à savoir Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Onze blocs de 10 MHz sont mis en vente, au prix unitaire de départ de 70 millions d'euros. Il s'agit d'une enchère ascendante. Chaque opérateur demande un nombre de blocs (au maximum cinq), et peut uniquement revoir sa position à la baisse entre chaque tour. Les tours s'enchaînent tant que le nombre total de blocs demandés est supérieur à l'offre. Entre chaque tour, le prix unitaire des blocs augmente. Ce mardi, l'augmentation était de 5 millions d'euros par tour.
Bouygues fait machine arrière
Orange a d'emblée annoncé la couleur. Au premier tour, selon nos informations, l'opérateur historique a demandé cinq blocs. SFR, le numéro deux des télécoms, n'en a réclamé « que » quatre. Ce faisant, le groupe de Patrick Drahi a, semble-t-il, envoyé un message important à la concurrence : il souhaite visiblement que les enchères se déroulent rapidement sans que les prix grimpent au plafond. Bouygues Telecom, de son côté, a bombé le torse en demandant... cinq blocs comme Orange ! Iliad (Free) a pour sa part demandé trois blocs.
Au second tour, Orange et SFR ont campé sur leurs positions. En revanche, Bouygues Telecom a fait machine arrière, passant de cinq à trois blocs. Iliad, de son côté, est passé de trois à deux blocs. Au troisième tour, aucun opérateur n'a bougé le petit doigt, sauf SFR, qui ne désire plus que trois blocs. Et au quatrième tour ? Rien : les opérateurs ont gelé leurs positions malgré un prix au bloc de 85 millions d'euros. L'Arcep, le régulateur des télécoms qui organise cette vente, a alors interrompu la procédure. L'autorité a donné rendez-vous aux acteurs mercredi matin, à 9h30, pour reprendre l'enchère. Dans un communiqué l'Arcep précise que le prix des blocs passera à 90 millions d'euros. Toutefois, ce tarif augmentera ensuite moins qu'avant, à hauteur de 3 millions d'euros par tour. Est-ce pour cela que le régulateur a choisi d'arrêter l'enchère ce mardi, alors que le règlement permettait d'effectuer jusqu'à huit tours ? Interrogée par La Tribune, l'Arcep ne fait pas de commentaire.