Free et Bouygues Telecom poursuivent leur conquête d'abonnés

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Refusant de commenter les déboires de son concurrent SFR, dont la maison mère Altice a perdu plus d'un tiers de sa valeur en bourse depuis deux semaines, Maxime Lombardini, DG de Free a seulement constaté que sur le fixe, il y a un acteur qui est en difficulté (avec) une stratégie qui ne s'exécute pas comme prévu.
Refusant de commenter les déboires de son concurrent SFR, dont la maison mère Altice a perdu plus d'un tiers de sa valeur en bourse depuis deux semaines, Maxime Lombardini, DG de Free a seulement constaté que "sur le fixe, il y a un acteur qui est en difficulté (avec) une stratégie qui ne s'exécute pas comme prévu". (Crédits : Jacky Naegelen)
Tandis que leur rival SFR peine toujours à séduire les clients, les opérateurs Free et Bouygues Telecom continuent leur marche en avant.

Avec Orange, Free et Bouygues Telecom continuent d'engranger les clients déçus de SFR. Le groupe Iliad, maison-mère de l'opérateur télécoms Free, a annoncé jeudi une hausse de 5,3% de son chiffre d'affaires au troisième trimestre, grâce à une croissance plus soutenue dans la téléphonie mobile que dans le fixe. Les ventes du groupe, de juillet à septembre, ont dépassé 1,24 milliard d'euros, contre 1,18 milliard l'an dernier à la même période, précise Iliad dans un communiqué. L'activité mobile a progressé de 6,3% à 554 millions d'euros, reflétant le recrutement de 250.000 abonnés durant le trimestre. L'opérateur revendique désormais près de 13,4 millions de clients à ses offres de téléphonie mobile.

La structure de cette clientèle a également évolué, avec une augmentation du nombre d'abonnés aux offres 4G, plus lucratives, dont le nombre a bondi de 600.000 pendant l'été. Dans le même temps, l'activité de téléphonie fixe a progressé de 4,4% à 694 millions. Iliad a recruté 27.000 nouveaux abonnés sur le trimestre, portant leur nombre total à près de 6,5 millions. Ces clients ont eux aussi évolué vers des offres plus chères, comme en attestent les 60.000 nouveaux abonnés à la fibre optique (internet très haut débit). Le revenu moyen par abonné sur la téléphonie fixe a cependant diminué de 10 centimes par rapport au deuxième trimestre, revenant à son niveau du premier trimestre, soit 33,90 euros.

Pas de consolidation en vue pour l'instant

Cela reste "une très belle performance", a affirmé à l'AFP Maxime Lombardini, directeur général d'Iliad, pointant "l'intensité promotionnelle" sur ce marché, qui tire les prix vers le bas, surtout sur l'ADSL (internet haut débit). Refusant de commenter les déboires de son concurrent SFR, dont la maison mère Altice a perdu plus d'un tiers de sa valeur en Bourse depuis deux semaines, le patron de Free a seulement constaté que "sur le fixe, il y a un acteur qui est en difficulté (avec) une stratégie qui ne s'exécute pas comme prévu". Mais "il n'y a rien de nouveau sous le soleil, ça doit faire trois ans qu'on prend des abonnés de façon massive, nous et nos concurrents, à SFR", a-t-il ajouté.

La défiance des investisseurs à l'égard du groupe de Patrick Drahi n'a pas encore relancé les rumeurs de consolidation sur le marché français des télécoms, M. Lombardini assurant ne percevoir "aucun signe qui aille dans cette direction". "Aujourd'hui les quatre acteurs (avec Orange et Bouygues, ndlr) ont des situations financières qui leur permettent un développement autonome", a-t-il estimé, soulignant que Free "déploie vite" ses propres réseaux et couvre désormais 93% de la population en 3G et 84% en 4G. Par ailleurs, l'arrivée d'Iliad sur le marché italien "progresse bien", a-t-il indiqué, sans nouvelle précision sur le calendrier, l'opérateur ayant annoncé que son lancement dans la péninsule ne se ferait "pas avant la fin de l'année".

Bouygues Telecom poursuit son redressement

L'opérateur de téléphonie Bouygues Telecom a pour sa part confirmé le même jour qu'il poursuivait son redressement en publiant un bénéfice net multiplié par quatre sur les neuf premiers mois de 2017, à 229 millions d'euros, et se montrant plus optimiste pour l'ensemble de l'année. Entre janvier et septembre, la filiale télécoms du groupe Bouygues a réalisé un chiffre d'affaires de 3,727 milliards d'euros, en hausse de 6% sur un an, avec un excédent brut d'exploitation (Ebitda) en progression de 27% à 882 millions.

"La très bonne dynamique commerciale s'est confirmée au troisième trimestre 2017", a commenté Philippe Marien, directeur général délégué du groupe Bouygues, lors d'une conférence téléphonique.

Bouygues Telecom s'est en particulier félicité d'un gain net de 940.000 abonnés mobile sur la période, dont 295.000 au troisième trimestre, qui lui permettait de disposer d'un parc clients de 13,9 millions d'abonnés au 30 septembre, dont 10,2 millions hors objets connectés et 7,7 millions disposant d'un forfait très haut débit mobile (4G). "Nous enregistrons également une très bonne performance commerciale" dans le fixe, a relevé M. Marien, se réjouissant du gain net de 243.000 nouveaux abonnés sur les neuf premiers mois de l'année --dont 110.000 entre juillet et septembre--, ce qui porte le total à 3,344 millions.

"Stratégie gagnante"

Côté très haut débit, "le troisième trimestre 2017 est le meilleur trimestre en termes de recrutement FTTH (fibre optique jusqu'au domicile) depuis le lancement des offres fibre, avec 38.000 nouveaux clients", a souligné le responsable. Le nombre de clients rattachés au très haut débit était ainsi de 594.000 à fins septembre, dont 209.000 pour la fibre. Le directeur général délégué a aussi noté que l'augmentation de prix, fin mai, sur les offres premium mobile et les offres fixes commençaient à avoir des effets positifs sur le chiffre d'affaires, tandis que la nouvelle règle abolissant les frais d'itinérance (roaming) au sein de l'Union européenne avait eu "un léger effet favorable".

Au titre des perspectives, Bouygues Telecom a revu à la hausse sa prévision de marge brute (Ebitda/chiffre d'affaires) pour l'ensemble de 2017, attendue désormais entre 26% et 27% (elle était auparavant envisagée légèrement supérieure à 25%), contre 23% en 2016. La marge brute atteint 27,7% sur les neuf premiers mois de l'année, mais le quatrième trimestre est traditionnellement moins bon, car "c'est un trimestre dans lequel le Père Noël passe", d'où des efforts commerciaux.

Par ailleurs, "environ 220 millions d'euros de produits non courants liés à Cellnex sont attendus sur 2017", a-t-il noté, l'opérateur français ayant cédé des antennes au groupe espagnol. Refusant de commenter les déboires de SFR (groupe Altice), Philippe Marien s'est contenté d'estimer que sa "stratégie est probablement, aujourd'hui en tous cas, plus gagnante que celle d'autres". La question du nombre d'opérateurs en France, qui pourrait passer de quatre à trois, n'est plus d'actualité, selon lui.

(avec AFP)

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a écrit le 17/11/2017 à 11:43 :
Difficile de s’y retrouver dans les stratégies à long terme des opérateurs télécoms.
Mais le constat, suite l’ouverte à la concurrence, reste qu’il y a eu une baisse des prix et l’accès à des services et des débits supérieurs. Surtout depuis l’arrivée de Free sur le marché et surtout sur l’offre mobile où l’on est passé d’une facture mensuelle moyenne de 25 €HT en 2011 à 16 € HT (ARCEP - obs-marches-T1_2017-060717).
Alors que sur la même période pour le mobile, le volume de données consommées à été multiplié par 14. Il faut dire que les bandes passantes augmentent (enquête 2017 de l'Arcep sur la qualité des services mobiles).

Dans le mobile, fin 2016 les parts de marché étaient les suivantes :
Orange : 37.3 %
Free : 22.8 %
SFR : 22.2 %
B. Tel. : 17.5

Et pour l’ADSL et très haut débit :
Orange : 40,2
Free : 23,1
SFR : 21,2
B. Tel. : 11,4
Autres : 4,1

Il demeure le problème des zones non dégroupées, dégroupage qui n’évolue que lentement. A ce sujet il faut noter l’échec du WiMax. Avec le déploiement de la 4 G (bientôt de la 5G) et de la fibre, ce problème devrait bientôt être contourné.
Reste à trouver l’équilibre entre l’indispensable déploiement d’infrastructures et le risque de manque de rentabilité, étant donné le montant élevé des investissements, cela oblige les opérateurs à s’endetter ou à fusionner (Orange et Bouygues dont il fut question il y a un an, vu que ce sont des opérateurs surtout présents sur le marché Français quelle aurait été l’intérêt ? au détriment de la concurrence ?).
Mieux vaut 4 vaches à lait : d’après un article du Figaro, pour 7 Milliards investis, les opérateurs payent 1,2 Milliards de taxes et impôts.
ratio dette/Ebitda en 2016
Orange : 1.93
SFR : 3,8
Bouygues Tel. : 1,1
Free : 1
Malheureusement, les déboires de SFR risquent de freiner le déploiement d’infrastructures et de coûter cher en emplois, sauf si SFR arrive à lancer son offre bancaire, à accroître ses ventes de contenus médias.
a écrit le 17/11/2017 à 5:40 :
Quand on a gouté SFR ..... on n'y revient pas en général !
a écrit le 16/11/2017 à 15:47 :
Et ça serait bien que le développement commercial de free et bouygues s'accompagne d'une meilleure couverture réseau car il sont bons derniers dans ce domaine. Sinon ils ne garderont pas longtemps les clients gagnés sur mobile.

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