Inde : Vodafone inquiet d’un possible changement de régulation

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« Il n’est pas souhaitable qu’une industrie aussi critique que les télécoms soit régulée sur la base de l’ambition d’un nouvel opérateur », a ainsi écrit Vittorio Colao, le grand patron de Vodafone, à Manoj Sinha, le ministre indien des télécommunications, selon le FT.
« Il n’est pas souhaitable qu’une industrie aussi critique que les télécoms soit régulée sur la base de l’ambition d’un nouvel opérateur », a ainsi écrit Vittorio Colao, le grand patron de Vodafone, à Manoj Sinha, le ministre indien des télécommunications, selon le FT. (Crédits : © Rupak De Chowdhuri / Reuters)
En difficulté sur un marché indien en pleine guerre des prix, le géant britannique du mobile appelle le gouvernement à ne pas céder à la pression de son puissant rival Reliance Jio, qui souhaite réduire les frais d’interconnexion.

En Inde, Vodafone continue de souffrir de l'arrivée du bulldozer Reliance Jio l'an dernier. Depuis le 1er septembre 2016, ce nouveau venu sur le marché du mobile investit des milliards de dollars pour déployer son réseau 4G, tout en cassant en parallèle allègrement les prix.

Cette offensive spectaculaire a largement rebattu les cartes, obligeant nombre d'acteurs à fusionner pour garder la tête hors de l'eau. Parmi les leaders du secteur, Vodafone souffre beaucoup de cette guerre des prix. En mai dernier, le géant britannique du mobile a publié une lourde perte de 6,3 milliards d'euros pour l'exercice 2016-2017, en raison d'une grosse dépréciation d'actifs en Inde.

Outre la baisse des prix, Vodafone est aussi confronté à l'important lobbying de Reliance Jio auprès des autorités pour bénéficier de règles du jeu plus favorables. D'après le Financial Times, le groupe télécoms a récemment appelé le gouvernement indien à « résister à la pression » de son rival, qui souhaite diminuer de manière importante les frais d'interconnexion. Car aux yeux du Britannique, une telle mesure profiterait largement à Reliance Jio. « Il n'est pas souhaitable qu'une industrie aussi critique que les télécoms soit régulée sur la base de l'ambition d'un nouvel opérateur », a écrit Vittorio Colao, le grand patron de Vodafone, à Manoj Sinha, le ministre indien des télécommunications, selon le FT.

Consolidation

Si le dirigeant de Vodafone est aussi soucieux, c'est parce qu'il connaît la puissance du conglomérat Reliance Industrie, maison-mère de Reliance Jio. Celui-ci est dirigé par Mukesh Ambani, un milliardaire qui n'est autre que la première fortune d'Inde. Mukesh Ambani a le bras long, et est très bien introduit dans les plus hautes sphères du pays. L'an dernier, trois jours avant le lancement officiel de Reliance Jio, l'homme d'affaires a d'ailleurs pu compter sur un soutien de choix : le Premier ministre indien Narendra Modi ! Prêtant son image à une publicité pour Reliance Jio publiée en « Une » des quotidiens Times of India et Hindustan Times, celui-ci s'est transformé en ambassadeur de la marque. Ce qui a provoqué une avalanche de critiques dans la presse et sur les réseaux sociaux.

 [Crédits : Twitter/Scroll Staff]

En attendant, Vodafone fait son possible pour résister à cette tempête. En mars dernier, le groupe britannique a décidé de fusionner ses activités en Inde avec son concurrent Idea Cellular. Cette coentreprise, d'une valeur combinée de 23,2 milliards de dollars pour environ 400 millions de clients, constituera le premier opérateur télécoms du pays. Une opération qui ne sera pas de trop pour faire face à l'offensive de Reliance Jio.

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Commentaires
a écrit le 31/08/2017 à 7:19 :
"regulation" en anglais se traduit par "réglementation" en français

("régulation" en français se traduit par "control" en anglais)

notre culture vaut bien cela!

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