L’exécutif réfléchit à une appli pour combattre le coronavirus

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L'exécutif pourrait s'inspirer d'une appli utilisée à Singapour, appelée TraceTogether. Sa principale caractéristique : elle ne nécessite pas de siphonner les données de géolocalisation des smartphones.
L'exécutif pourrait s'inspirer d'une appli utilisée à Singapour, appelée TraceTogether. Sa principale caractéristique : elle ne nécessite pas de siphonner les données de géolocalisation des smartphones. (Crédits : DR)
Le gouvernement songe à mettre en place une solution visant à alerter les Français d’un risque de contagion s’ils ont rencontré des malades du Covid-19. Orange travaille sur une application compatible avec le règlement européen sur la protection des données (RGPD).

De nombreux pays ont franchi le pas. En pleine épidémie de coronavirus, certains Etats, comme la Chine et Israël, ont mis en place des systèmes de surveillance et de pistage des citoyens en récupérant les données de géolocalisation des smartphones. Ces informations permettent par, exemple, de suivre les malades, ou de vérifier si les individus respectent les mesures de confinement. Ce mercredi, la Russie a levé le voile sur une appli mobile, avec des QR codes. Cet outil, opérationnel à partir d'aujourd'hui, permet de vérifier que la population ne déroge pas aux règles du confinement.

« Elle assurera l'autodiscipline » des patients atteints du coronavirus et ayant l'obligation de rester chez-eux, a indiqué à l'AFP Edouard Lyssenko, le chef du département informatique de la mairie de Moscou. Les personnes non contaminées, elles, utiliseront l'appli pour montrer aux autorité un QR code spécifique en cas de contrôle. Si ces initiatives ont de quoi séduire les pouvoirs publics soucieux d'en finir vite avec l'épidémie, elles posent, évidemment, la question du respect de la vie privée.

La solution du Bluetooth

La France, elle, réfléchit aussi à une solution visant à alerter les Français d'un risque de contagion. Mais pas question de reproduire le modèle chinois. Comme l'a indiqué le quotidien Les Echos, l'exécutif pourrait s'inspirer d'une appli utilisée à Singapour, appelée TraceTogether. Sa principale caractéristique : elle ne nécessite pas de siphonner les données de géolocalisation des smartphones. Cette application fonctionne avec la connexion Bluetooth des téléphones. Lorsqu'un individu se déplace, son smartphone identifie, avec cette technologie, ceux des autres utilisateurs à proximité. S'il a rencontré ou croisé des personnes malades et contagieuses, l'application l'en averti. De même, si cet individu contracte le Covid-19, il peut renseigner l'appli, laquelle préviendra ceux qui l'ont côtoyé.

Ce mercredi, dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, a plaidé en faveur de cette solution. A ses yeux, cette appli, « qui repose sur le consentement », a l'avantage d'être « compatible avec le RGPD », le règlement européen sur la protection des données. « De nombreuses garanties complémentaires pourraient être apportées dans une logique de protection des données individuelles », affirme le patron de l'opérateur historique. « Sous le contrôle de la Cnil, les conditions d'expression du consentement devraient être parfaitement claires et explicites », affirme Stéphane Richard. Il précise aussi que l'application devrait être « totalement désactivée et l'ensemble des données supprimées » dès la fin de l'épidémie.

Orange développe une appli

Pour Stéphane Richard, une telle application serait particulièrement utile pour accompagner la sortie du confinement en France. Le dirigeant souligne toutefois qu'elle « n'aura d'utilité que si un nombre suffisant d'utilisateurs accepte de la télécharger », et si elle complétée par « une vaste campagne de dépistage ». Cette sortie de Stéphane Richard n'a rien d'anodin. Selon nos informations, Orange planche sur la possibilité de mettre en place une telle application. L'opérateur travaille « de manière ouverte avec d'autres acteurs, nous dit-on. L'idée est d'être capable de proposer une solution opérationnelle dès la sortie du confinement ». Contacté par La Tribune, le secrétariat d'Etat chargé du Numérique n'a pas encore répondu à nos sollicitations.

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Commentaires
a écrit le 03/04/2020 à 16:39 :
Encore une aubaine financière pour le secteur numérique alors que 3,5 millions sont sans emplois ou même plus
a écrit le 03/04/2020 à 11:52 :
"Lorsqu'un individu se déplace, son smartphone identifie, avec cette technologie, ceux des autres utilisateurs à proximité"

La portée du bluetooth, technologie largement sous exploitée sinon mais là c'est un peu tard pour y penser, est très faible, les 1m50 de distanciation sociale empêchant de penser sérieusement à son utilisation.

IL faut s'agiter, il faut faire semblant, il faut sauver les apparences en sommes. La vache qu'ils sont peu éclairés nos dirigeants...
a écrit le 03/04/2020 à 8:39 :
l article pourrait être plus critique. staline en avait rêvé. Mao avec sa révolution culturelle et 20 millions de mort mal pensants aurait adoré. Pinochet se delecterait avec un tel outil. la liste est longue des dirigeants passés et a venir qui veulent contrôler leur population. ce n est pas étonnant de philippe et castaner de réfléchir à ça ils ne sont démocrates que de nom. article 49 3 gilets jaunes recensés jugement expeditifs etc...et un parlement godillot qui ne bloquera rien.
a écrit le 03/04/2020 à 8:32 :
Le retour d'une certaine forme de l'étoile jaune ? Non mais on se rend compte de la dérive que nous vivons ?
Réponse de le 03/04/2020 à 16:20 :
Déjà que des infirmières sont repérés par des voisins ou leur propriétaire qui leur demandent de dégager de l’appartement et tout ça sans signe distinctif qu'est-ce que cela va être avec .
a écrit le 03/04/2020 à 1:05 :
Cette application est actuellement et testée en France. Un citoyen touché par le virus est un mauvais citoyen qui doit être confiné et doit être enfermé. Un citoyen sain est un bon citoyen qui est libre. La prochaine étape, un cancéreux, un diabétique, doit être enfermé et est un mauvais citoyen. Ensuite un homosexuel, un juif, un gilet jaune, un vieux, un retraité, un manifestant, etc. Pour le big data et un programme, il suffit de définir ce qu'est un citoyen infecté ou non, peut importe l'étiquette.... Grâce à l'état d'urgence qui est à durée indéterminée, ce genre d'application est légale.

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