Nokia : les 7 dates clés de ses 150 ans d'existence

Par Juliette Boulay  |   |  864  mots
Plus d'un siècle après sa création, le géant finlandais n'a pas fini de faire parler de lui. Il vise aujourd'hui le marché de l'équipement du réseau des télécoms. (Crédits : reuters.com)
Qui aurait pensé que l'ex-leader du téléphone portable est parti d'un simple moulin à eau perdu au milieu des forêts finlandaises ? Nokia fête aujourd'hui ses 150 ans d'activités, diverses et variées. Revue de détail.

Papier toilette, bottes en caoutchouc, téléviseurs... Nokia aura longtemps cherché avant de trouver l'activité qui le fera vraiment décoller : le mobile. Exactement 150 ans après sa création, retour sur les sept grandes étapes de la vie de ce fleuron finlandais.

  • 1865 - Forêts finlandaises et moulin à papier

C'est à la rivière Nokianvirta, au sud-est de la Finlande, que l'ex-leader du mobile doit son nom. Construit sur ses rives, le moulin à papier de l'ingénieur Fredrik Idestam utilise son eau et les forêts alentour pour produire du papier, dès 1865. Au début du XXè siècle, on trouve même des rouleaux de papiers toilette estampillés Nokia Silk.

À ses premières heures, Nokia Ab produisait toutes sortes de produits en papier, dont du papier toilette. Crédits : Andrei Niemimäki via Flickr.
  • 1898 - Pneus, bottes en caoutchouc et câbles électriques

L'eau de la rivière permet certes de produire du papier, mais surtout de l'électricité, qui devient très vite le deuxième pan d'activité de Nokia Ab. En 1898, l'entreprise est rachetée par un fabricant de caoutchouc, vendeur de pneus et de bottes, qui acquiert, quelques années plus tard, une société de câbles électriques : c'est l'occasion pour Nokia de transporter son électricité et de participer ainsi au développement des réseaux de téléphonie fixe.

  • 1966 - De l'électrique à l'électronique

Fort de son réseau d'électricité, Nokia se fait équipementier sur le marché des télécoms. Les trois entités fusionnent et le groupe touche à tous les produits électroniques d'après-guerre : téléviseurs, micro-ordinateurs et bientôt téléphones mobiles. Si les deux premières activités ne résistent pas à la concurrence étrangère et vivotent jusqu'à leur cession au début des années 1990, le finlandais tient le bon bout avec la téléphonie mobile.

  • 1987 - Adieu forêts, papier et caoutchouc

Le fleuron technologique finlandais se désengage peu à peu de ses activités historiques tandis qu'il perce dans le mobile. Et le célèbre coup de fil de Mikhaïl Gorbatchev à son ministre des Communications y participe : sous les caméras finlandaises, le secrétaire général du parti communiste d'URSS utilise le Mobira Cityman 900, premier téléphone portable commercialisé par Nokia qui ne ressemble pas à une valise, lancé en 1987.

Le secrétaire général du Parti communiste d'URSS Mikhaïl Gorbatchev offre un joli coup de pub à Nokia en passant un appel depuis son Mobira Cityman 900, devant les caméras finlandaises, en 1987. Crédits : Fredrik Idestam via You Tube. Capture d'écran.
  • 1998 - Leader mondial du mobile

Après le Mobira Cityman, surnommé "Gorba" depuis l'appel du leader russe, viennent en 1992 le Nokia 1011 depuis lequel partent les premiers SMS, puis le Nokia 8110 utilisé par Morpheus pour joindre Neo dans Matrix, en 1996. Le groupe s'est définitivement lancé dans la course au mobile, toujours plus petit et plus léger, et devient même leader mondial du secteur en 1998 avec plus de 30% des parts de marché - un statut que le finlandais conservera pendant dix ans.

En Bourse, les actions Nokia s'envolent. Les actions du groupe se seraient multipliées par 600 entre 1992 et 2000. Et c'est le Nokia 3310 qui restera le best seller des mobiles de son époque avec 126 millions d'exemplaires vendus entre 2000 et 2005.

  • 2007 - La mort par smartphone

Nouveau sommet : le finlandais détient, fin 2007, environ 40% des ventes mondiales de mobiles. Mais cela ne lui suffit pas. Il crée donc une co-entreprise avec Siemens dans l'équipement télécom, nommée Nokia Siemens Network. Mais 2007 est aussi l'année du lancement de l'iPhone, qui causera la perte de Nokia. Ses ingénieurs ne croient pas au tactile et continueront à développer le système d'exploitation de la marque jusqu'en 2011, date à laquelle ils adoptent finalement le système Windows grâce à un partenariat signé avec le géant de Redmond.

  • 2013 - Renaissance en équipementier réseaux ?

La nouvelle sonne comme un clap de fin pour Nokia. Le groupe cède sa division téléphonie mobile à son partenaire Microsoft, pour 5,4 milliards d'euros. Un an plus tard, c'est aussi la fin des téléphones estampillés "Nokia". Toujours produits au sein de la division finlandaise de Microsoft, les nouveaux smartphone du groupe sont baptisés "Lumia".

Restent à l'ancien leader du mobile la gestion de ses brevets et licences, ses activités d'équipementier réseau et son service de cartographie Here. Or ce dernier serait précisément la proie d'Uber. Le leader du VTC offrirait l'alléchante somme de 3 milliards de dollars (2,7 milliards d'euros), pour cette filiale dont la valeur comptable s'établit seulement à 2,2 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros).

Après plus d'un siècle d'existence, Nokia pourrait renaître sous la forme d'équipementier réseau. Il a en effet racheté les parts de Siemens dans leur joint-venture SNS en 2013, et vient de mettre la main, en avril 2015, sur le français Alcatel-Lucent. S'il parvient à redresser ses comptes, le finlandais qui a divisé par trois son bénéfice au premier trimestre 2015 pour un chiffre d'affaires de plus de trois millions d'euros, a peut-être encore quelques aventures à vivre.