Le rapprochement des équipementiers français et finlandais, qui a pour but de créer un champion européen, ne fait pas que des heureux. Le gestionnaire de fonds Odey Asset Management LLP, deuxième actionnaire d'Alcatel-Lucent avec 5,27% du capital et 5,18% des droits de vote (depuis une montée la semaine passée), a exprimé son désaccord, estimant que l'offre sous-évalue le groupe français, rapporte jeudi 30 avril le Financial Times.
Lors d'une actualisation trimestrielle, le gestionnaire de fonds a ainsi déclaré à ses investisseurs :
Dans un document transmis à l'Autorité des marchés financiers, daté du 23 avril, le gestionnaire de fonds avait déjà écrit :
Odey a toutefois reconnu "l'intérêt stratégique" de l'opération, qui créerait "une entreprise plus forte, avec des possibilités de synergies matérielles", écrit le journal financier.
Les propos du deuxième actionnaire d'Alcatel-Lucent contrastent fortement avec la position du gouvernement français,qui a donné sa bénédiction à cette "opération d'avenir". Mais l'acquisition par Nokia ne devrait rencontrer aucun problème. Comme le note le FT, l'équipementier finlandais n'a besoin que de 50% des actions Alcatel et les actionnaires de Nokia approuveront la transaction.
D'après les termes de l'opération, transmis dans un communiqué publié le 15 avril, Nokia lancera une offre publique d'échange de titres sur la base d'un ratio de 0,55 action Nokia pour une action Alcatel-Lucent. Un ratio qui valorise le groupe franco-américain 15,6 milliards d'euros et représente une prime de 28% par action pour les actionnaires d'Alcatel (sur la base du prix moyen non-pondéré de l'action ces trois derniers mois).
Lors de la conférence de presse conjointe le 15 avril, l'actuel directeur général de Nokia et futur PDG du groupe résultant du rachat, Rajeev Suri, avait d'ailleurs tenu à clarifier les intentions du Finlandais :
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"Cette opération est une acquisition pure et simple", avait pour sa part commenté Stéphane Richard, le PDG d'Orange, lors de la présentation de son plan 100% Fibre.
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