En pleine Cop15 sur la Biodiversité qui se tient à Montréal (Canada), un dossier suscite l’incompréhension à Sallanches (Haute-Savoie), une ville de près de 16.000 habitants entre Annecy et Chamonix. Le tribunal administratif de Grenoble (Isère) vient en effet d’annuler une autorisation permettant l’installation d’une micro-centrale hydroélectrique, au titre de son impact sur la biodiversité. Une décision rarissime, mais qui témoigne de la difficile acceptabilité des projets ENR, alors que les travaux de...Jusqu'ici, ce sont plutôt les projets d'éoliennes ou de retenues collinaires qui avaient fait parler d'eux, comme celui de la retenue collinaire voisine de la Clusaz... Mais désormais, c'est également un projet de centrale hydroélectrique de petit format qui se place au cœur de l'attention : en premier lieu du Tribunal administratif de Grenoble, qui vient d'annuler une autorisation permettant l'installation d'une centrale hydroélectrique, dont les travaux de 6 millions d'euros venaient tout juste d'être complétés il y a quelques semaines.
Une situation dénoncée par le maire divers droite de la commune, qui rappelle que l'équivalent de 20% des ménages de la commune devaient être alimentés par ce barrage « à l'année » (soit 1.200 foyers), depuis sa mise en service le 5 décembre dernier. Mais dans sa décision, ce sont les impacts sur la biodiversité qui sont notifiés par la décision du Tribunal administratif de Grenoble, qui vient de se prononcer sur ce dossier à la demande de France Nature Environnement.
L'association dénonce en effet les impacts environnementaux des projets d'implantation de micro-centrales comme celle de Sallanches, en jugeant leur coût environnemental trop élevé par rapport à l'énergie produite (en estimant que « la petite hydroélectricité ne représente que 10% de la production hydroélectrique et à peine un peu plus d'1% de la consommation électrique »), mais surtout la non-conformité d'un tel projet au titre du Droit de l'Environnement, au vu de son impact sur des tronçons de cours d'eau classés en "liste 1" :
« Les tronçons classés en liste 1 sont des cours d'eau encore préservés et qui constituent, la plupart du temps, des réservoirs biologiques pour les espèces aquatiques. Il s'agit d'une disposition qui est bien mentionnée dans le Sdage, qui demeure le document-cadre pour l'aménagement des cours d'eau du bassin Rhône-Méditerranée », explique à La Tribune Corentin Mele, pour France Nature Environnement 74. C'est d'ailleurs par peur qu'une jurisprudence ne se développe à ce sujet que l'association aurait mené ce recours auprès du Tribunal administratif.