Retenue collinaire de La Clusaz : coup de théâtre, le tribunal administratif de Grenoble suspend les travaux
Marie Lyan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Ce mardi, le tribunal administratif de Grenoble a finalement donné raison aux associations environnementales en suspendant l'arrêté préfectoral autorisant les travaux, qui étaient imminents. Mais pour la mairie de la Clusaz, cela ne signe encore pas la...
C'est un dossier qui a fait couler beaucoup d'encre en l'espace d'une semaine, entre partisans et opposants d'une cinquième retenue collinaire sur la commune de la Clusaz, qui doit permettre de sécuriser, pour les deux tiers, l'approvisionnement de la neige de culture. Le soutien aux zadistes de l'écologiste Sandrine Rousseau, installés sur le site fin septembre, a également jeté un pavé de plus dans la mare ce week-end. Ce mardi, le tribunal administratif de Grenoble a finalement donné raison aux associations environnementales en suspendant l'arrêté préfectoral autorisant les travaux, qui...
(publié le 25/10/2022 à 13:25, actualisé à 16:46)
La décision est sans équivoque à ce stade, et opte pour une suspension pure et simple des travaux, qui devaient débuter en octobre-novembre 2022. Au terme d'une semaine de délibéré, le tribunal administratif de Grenoble a officialisé une première décision qui pourrait faire date sur un dossier comme celui de la retenue colliniare de La Clusaz.
Dans sa dernière ordonnance rendue publique ce mardi 25 octobre, il a choisi de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Haute-Savoie, qui accordait une autorisation environnementale à la commune de La Clusaz afin de réaliser une retenue collinaire de 148.000 mètres cubes d'eau perchée à 1.500 mètres d'altitude. Et déclarait en même temps ce projet d'aménagement situé sur le plateau de Beauregard "d'utilité publique".
Entre les lignes, l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Grenoble se veut particulièrement claire. D'abord sur le caractère urgent de cette requête, qui devait être argumenté pour être jugé recevable. Et c'est le cas, selon le tribunal administratif : "L'autorisation en litige comprend une autorisation de défrichement. Il est constant que ces travaux sont prévus en octobre-novembre 2022 et sont donc imminents".
Et d'ajouter que la présence sur site de zadistes n'est pas considérée comme un facteur pénalisant sur le calendrier : "La circonstance que le site est actuellement occupé par des opposants au projet ne saurait être invoquée pour dénier l'urgence dans la mesure où ceux-ci sont susceptibles d'être expulsés par les forces de l'ordre à brève échéance sur ordre du ministre de l'intérieur".
C'est aussi le sujet de l'intérêt public qui est soulevé, entre les lignes, par cette décision : "L'intérêt public qui découle de la réalisation d'une retenue collinaire essentiellement destinée à assurer l'enneigement artificiel de la station est insuffisant à remettre en cause l'urgence qui tient à la préservation du milieu naturel et des espèces qu'il abrite, avec des conséquences qui ne seraient pas réversibles, au moins à moyen terme. Dans ces conditions, la condition d'urgence est remplie", affirme l'ordonnance.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.