Alors que l'Europe et la France s'étaient engagées à doubler la part du ferroviaire dans le transport de marchandises, cette promesse s'apprête à connaître un nouveau frein majeur. Lancée en 2003 comme un service dit « expérimental », l'Autoroute ferroviaire alpine (AFA) demeurait jusqu'ici la seule ligne de ferroutage mise en place entre la France et l'Italie, apte à transporter tous types de semi-remorques par le rail.
Filiale de la SNCF et de son homologue italienne Trenitalia, ce service avait permis de transporter entre 30.000 et 40.000 camions par année, selon les estimations. Mais depuis l'éboulement survenu dans la vallée de la Maurienne (Savoie) à l'été 2023, ce sont plusieurs dizaines de milliers de camions qui ont dû se reporter à 100% vers les routes, déjà très empruntées, entre la France et l'Italie.
Et malgré les promesses de l'État français et du côté italien, ce service - qui reposait sur deux plateformes organisées à Aiton (Savoie) et Orbassano (Italie) -, n'a toujours pas repris ses activités, deux années plus tard. En cause : depuis l'arrêt de la ligne, le passif financier s'est accumulé, de même que les modalités juridiques des aides nécessaires au redémarrage de cette ligne, à l'heure où le service de ferroutage n'est toujours pas compétitif face au transport routier.
Résultat : ce mercredi, les salariés de la plateforme VIAA Connect d'Aiton Bourgneuf se réunissaient devant leur site avec la mine sombre. Sur les 20 salariés employés sur la plateforme toujours à l'arrêt - et qui bénéficiaient jusqu'ici d'un dispositif d'activité partielle, NDLR) -, dix-huit s'apprêtent à être licenciés.