Une association ligérienne vient de déposer un recours auprès du tribunal administratif de Lyon pour suspicion d’excès de pouvoir du département de la Loire. Elle lui reproche de subventionner l’aéroport de Saint-Étienne, alors même qu’il n’a plus la compétence économique depuis la promulgation de la loi NOTRe.Elle l'avait annoncé en juin dernier : sans réaction du département dans un délai de deux mois, son recours gracieux se transformerait en action en justice auprès du tribunal administratif. Le délai ayant expiré, l'association ligérienne Forez Agir, se présentant comme « apolitique et actrice du débat public », a donc concrétisé sa menace et lancé une procédure auprès de la justice administrative.
Dans son viseur : le budget 2025 du département de la Loire et, plus particulièrement, la ligne concernant le versement d'une subvention de 527 420 euros au Syndicat mixte de l'Aéroport de Saint-Étienne Loire (Smasel). Depuis 2017, le département en est l'actionnaire majoritaire (à hauteur de 43 %), aux côtés de trois autres collectivités locales (Saint-Étienne Métropole, Loire-Forez Agglomération, Communauté de communes Forez-Est) et de la CCI Lyon Saint-Étienne Roanne.
Un aéroport trop gourmand en financement public
Pour Forez Agir, présidée par Jérôme Peyer (ancienne élu de Loire Forez Agglomération), « le maintien sous perfusion d'argent public de l'aéroport d'Andrézieux-Bouthéon [commune de la périphérie stéphanoise où il est implanté] est une gabegie financière insupportable, alors que des efforts de maitrise budgétaire considérables sont actuellement demandés à la population ».
Selon ses calculs, 30 millions d'euros ont été versés en quinze ans au syndicat gestionnaire du site pour quelques milliers de passagers annuels.
« Encore cette année, l'aéroport va couter 1,2 million d'euros d'argent public. En 2024, 6 000 passagers sont passés par cette infrastructure. Quel est l'intérêt alors qu'à 80 kilomètres se trouvent les aéroports de Lyon Saint-Exupéry et de Lyon Bron ? Il faut rationnaliser et réfléchir à cet équipement. Cet argent devrait être consacré à la mobilité du quotidien. »
Rappelons qu'en 2016, cet aéroport avait accueilli 170 000 passagers grâce à la présence de lignes régulières low-cost nourries aux aides publiques (2,5 millions d'euros de déficit annuel, renfloués uniquement par la CCI, seule propriétaire à l'époque). Une stratégie remise à plat l'année suivante avec la constitution d'un syndicat mixte et la fermeture du robinet des subventions aux low-cost. Celles-ci avaient alors immédiatement plié bagage.