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Comment jouer en Bourse sur la reprise économique des États-Unis

Pascale Besses-Boumard

Publié le 02 mai 2013 à 16:04

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Les indices américains, S&P 500 en tête, affichent d'insolentes performances depuis trois ans et retrouvent des niveaux antérieurs à l'effondrement de Lehman Brothers en 2008. Alors que ce rebond intervient dans un contexte économique nettement plus favorable que celui de la zone euro, le potentiel de hausse de certains actifs et de nombreuses entreprises reste pourtant intact, particulièrement pour les valeurs moyennes.

Les chiffres sont parlants : si l'on se réfère à la fin 2007 comme point de départ, aujourd'hui l'indice Dow Jones gagne 17% quand le Stoxx 50 européen en perd 20%. Cette très forte distorsion résume bien les différents stades cycliques des deux continents. Alors que les États-Unis sont clairement en train de retrouver des signes encourageants de reprise économique, l'Europe, elle, est à la peine. Et ce ne sont pas les dernières déclarations officielles de la Réserve fédérale qui vont contredire cette tendance.

Reprise de l'immobilier, reprise des achats
Le PIB nord-américain est en effet attendu en hausse de 2,3% à 2,8% en 2013 et de 2,9% à 3,4% l'année prochaine. Pour la zone euro, le PIB serait en repli de 0,2% cette année. De même, le pays de l'Oncle Sam voit-il le nombre de ses demandeurs d'emploi se réduire chaque mois, tandis que ceux du Vieux Continent ne cessent de croître. Quant au marché immobilier, par lequel la crise des subprimes est arrivée aux États-Unis, il est clairement en train de se reprendre, les investisseurs américains revenant à l'achat sur des actifs qui ont nettement baissé, de nombreuses entreprises immobilières, comme les Reits (équivalent des SIIC françaises), étant à la tête d'importantes liquidités.« Le niveau désormais très bas des taux hypothécaires a, dans un premier temps, incité les ménages à refinancer leurs crédits existants, ce qui a contribué, avec l'amélioration de la conjoncture générale, à limiter le nombre de défauts de paiements et les procédures de saisies.

L'amélioration des conditions financières a également permis une reprise des achats, aussi bien dans le neuf que dans l'ancien. Idem pour l'achat de biens durables », assure Philippe Weber, responsable des études et de la stratégie chez CPR AM. Oui, mais voilà : cette distorsion entre les différents indices montre également que les entreprises américaines sont plus chères que leurs homologues européennes. Du coup, sont-elles encore attractives? Les marchés américains qui ont dépassé les niveaux atteints avant la chute de Lehman Brothers ont-ils encore un potentiel de hausse dans un climat de prudence exacerbée de l'ensemble des investisseurs mondiaux, certains n'hésitant pas à parler de bulle américaine?

Des marchés focalisés sur leur dynamique
Pour Adam Schor, directeur de la stratégie actions chez Janus Capital, société de gestion américaine qui gère 157 milliards de dollars via un biais de sélection de valeurs, il ne fait aucun doute que les entreprises cotées américaines n'ont pas dit leur dernier mot. « Notre économie donne des signes positifs de reprise et favorise le business de très nombreux secteurs comme celui de l'énergie ou de l'immobilier. Si certaines sociétés ont déjà bien grimpé en Bourse, il reste des opportunités pour les gérants privilégiant le stock picking. Il faut certes être sélectif. Mais, il est symptomatique de voir que les derniers problèmes rencontrés à Chypre n'ont eu aucune incidence sur l'évolution des marchés américains, résolument focalisés sur leur dynamique locale. »Il est tout aussi instructif de constater que si l'on regarde les performances boursières de ces dix dernières années, les small caps font mieux que les big caps.

Autrement dit, les situations spéciales des valeurs moyennes ont davantage attiré les investisseurs que les grosses capitalisations. Tendance d'ailleurs tout aussi vraie en Europe. Mais avec un PER de 13,7 au regard des bénéfices attendus pour 2013, les valeurs américaines se situent assez nettement au-dessus du PER anticipé pour celles du Vieux Continent (12,5). Ce qui rend Vincent Formery, gérant actions internationales chez CPR AM, assez prudent : « Depuis le plus bas de 2009, les marchés américains ont repris 200%. Les niveaux de valorisation sont donc aujourd'hui corrects et je pense que nous sommes en train de vivre les derniers moments de surperformances des entreprises américaines. Certes, les incertitudes concernant la zone euro ne sont pas de nature actuellement à contrarier le rallye constaté sur les indices Dow Jones ou S&P 500. Mais le second semestre devrait s'avérer beaucoup moins tranquille outre Atlantique avec notamment la renégociation du plafond du budget », estime-t-il.

Pour l'heure, les marchés américains peuvent encore compter sur un faisceau d'éléments plutôt positifs, « comme l'assurance par la FED de la poursuite du processus du Quantative Easing, ces rachats massifs de dette hypothécaire qui rassurent les marchés; de même les entreprises, très craintives depuis plusieurs années, sont-elles aujourd'hui à la tête de trésoreries abondantes et susceptibles de participer activement à la réindustrialsation du tissu économique américain. Enfin, les niveaux de volatilité sont bien moindres que ceux enregistrés sur les places européennes et constituent un réel élément porteur aux yeux des investisseurs », lance pour sa part Malik Haddouk, directeur de la gestion diversifiée chez CPR AM.

Acheter et vendre dans la journée...
Pour investir sur les marchés américains, rien de plus simple et accessible : dans l'hypothèse où vous souhaiteriez profiter rapidement d'éventuels mouvements de hausse des grands indices phares (Dow Jones, S&P 500 ou Nasdaq), il existe une riche gamme d'ETF ou trackers qui reproduisent à l'identique ces indicateurs. L'avantage de ce produit est que vous pouvez l'acheter et le vendre dans la journée puisqu'il se traite comme une action. Idéal pour un placement court fondé sur une conviction forte. Lyxor, la filiale de la Société générale en propose de très nombreux. Il est d'ailleurs intéressant de noter que ces derniers mois, les fonds d'investissement spécialisés dans le stock picking ont eu du mal à battre les indices.

Si vous préférez toutefois une gestion active, les Sicav et FCP consacrés aux valeurs américaines ne manquent pas. Il est même possible d'affiner sa demande puisqu'il existe des fonds spécialisés dans les valeurs moyennes ou avec des biais « growth » (société de croissance) ou « value » (valeurs décotées). Chez CPR AM, les gérants recommandent aussi de jouer les valeurs réalisant les deux tiers de leur chiffre d'affaires avec les États-Unis. Pari plutôt gagnant puisqu'au regard des derniers mois, ces entreprises surperforment les valeurs américaines classiques.

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Pascale Besses-Boumard

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