Près de 40% des CDI conclus durent moins d'un an

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Plus du tiers des contrats à durée déterminées sont rompus avant un an. Une proportion qui monte à 45,6% chez les jeunes de moins de 24 ans.
Plus du tiers des contrats à durée déterminées sont rompus avant un an. Une proportion qui monte à 45,6% chez les jeunes de moins de 24 ans. (Crédits : reuters.com)
Une étude du ministère du Travail montre que les ruptures de contrat à durée indéterminée sont plus fréquentes qu'on ne le croit. Ainsi, 36,5% des CDI conclus en 2011 n’existaient plus un an après.

Voilà une idée reçue qui va prendre du plomb dans l'aile ! Il est de bon ton de dire qu'en France, il y a trop de rigidités sur le marché du travail. Notamment, il serait quasi impossible de rompre un contrat à durée indéterminée (CDI). C'est même pour cette raison que ce marché du travail est devenu « dual ». Avec, d'un côté, les titulaires de CDI " surprotégés " et,  de l'autre, les titulaires de CDD et les intérimaires qui servent de " variable d'ajustement" ... Or, une étude de la Dares (service statistiques du ministère du Travail) vient quelque peu remettre en question ce présupposé : le turnover ( ou rotation de la main d'oeuvre) sur les CDI est plus important qu'on ne le pense.

36,5% des CDI durent... moins d'un an

Ainsi, selon l'étude, la très grande majorité (93,1%) des salariés du privé en CDI en 2012 avaient une ancienneté dans leur entreprise d'un an ou plus. Certes, mais dans le même temps les données sur les mouvements de main-d'œuvre indiquent que 36,1 % des CDI conclus en 2011 ont été rompus au bout d'un an - quel que soit le motif de rupture. Puis  la moitié de ces mêmes CDI ont été rompus au bout de deux ans... et 59,3%  au bout de trois ans. Selon la Dares, « l'instabilité des CDI apparaît concentrée dans l'année qui suit la signature : les risques de démission , de licenciement ou de rupture conventionnelle sont plus faibles au-delà d'un an ».

La fréquence des CDI de courte durée de vie est particulièrement élevée dans le tertiaire (38,4%) et la construction (32,7%) et plus faible dans l'industrie (23,3%). A noter qu'entre 2007 et 2012 - effets de la crise ? - la proportion de CDI ayant duré moins d'un an a progressé de 2,5 points.

La démission, premier motif de rupture devant la fin de période d'essai

Quelles sont les raisons de cette fin anticipée de CDI. Le premier motif de rupture est... la démission (16,1%), suivi par la fin de la période d'essai qui explique l'interruption de 12,7% des CDI, contre... 9,8% en 2007. Le licenciement « autre qu'économique » représente le troisième motif de sortie mais son poids est, il est vrai, nettement plus faible (3,3%). Quant aux ruptures conventionnelles, instaurées en 2008, elles ont un poids qui reste marginal (1,7%). Il faut dire que le dispositif est davantage ciblé sur les longs CDI.
De même, peu de nouveaux CDI sont rompus avant un an du fait d'un licenciement économique (0,4%).

Plus de la moitié des CDI des employés non qualifiés rompue avant un an

Par secteur, c'est dans l'hébergement et la restauration que la probabilité de rupture du CDI la première année est maximale (58,6%). Un secteur, il est vrai, qui se caractérise par son turn-over important. A l'inverse dans le « raffinage » et la « fabrication de matériels de transport » elle est minime (respectivement 7,8% et 7,3%).
Enfin, la rupture du CDI la première année varie aussi nettement selon l'âge et la catégorie socioprofessionnelle. Ainsi, chez les 15 à 24 ans, la probabilité d'une rupture avant le premier anniversaire du CDI atteint... 45,6% contre moins de 35% pour les autres classes d'âge. Et, donnée assez stupéfiante, un peu plus de la moitié (51,9%) des CDI des employés peu qualifiés a été rompue en moins d'un an. Des données de la Dares utiles alors que le vieux débat sur l'opportunité d'instituer un « contrat de travail unique » refait surface pour la énième fois.

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a écrit le 26/01/2015 à 16:22 :
Sachez que pour un employeur, il est plus facile et moins couteux de se séparer d'un salarié en CDI fraichement signé, que d'un salarié en CDD avant son terme.
a écrit le 26/01/2015 à 11:48 :
"La CGT, mécontente du statut de salarié, appellerait l'ensemble des salariés de France, a présenter leur démission à leur employeur." ... Chiche ??
Bon, il est vrai que seuls les bons éléments seront retenus, mais ça libèrera des postes pour ceux qui n'ont pas d'emploi et qui en cherche vraiment un !
Les autres profiteront des subsides des cotisations des autres, sans avoir à pretexter un mal de dos, une dépression,...pour s'arrêter de bosser aux frais de la collectivité !!
a écrit le 26/01/2015 à 11:37 :
Si un hôtel veut se débarrasser de cette galère :
- le nettoyage des chambres est confié à une Agence de propreté : un souci =fin du contrat
- la buanderie est externalisée
- l'accueil est simplifié au maximum Grace à internet !
Le patron ne cherche pas à virer du personnel compétent : au contraire, il fera tout pour le garder, et s'il s'en sépare, c'est qu'il n'a pas le choix...
mais quand il a du personnel incompétent, il doit pouvoir s'en défaire pour ne pas couler l'ensemble, et ça, le CDI ne le permet pas !!
je ne parle pas des grandes entreprises (un monde que je ne connais pas), mais dans les petites entreprises, il faut bien comprendre que proposer un emploi n'est PAS un du !! Et quand un entrepreneur crée son entreprise puis embauche, c'est pour obtenir le travail pour lequel le salarié est rémunéré ! Si le salarié n'est pas satisfait, il n'est pas obligé d'accepter le poste, et il n'est pas obligé de rester !!
Perso, avant de me mettre à mon compte, j'ai été salarié : les postes qui ne me convenaient pas, je les refusais, et si le travail ne me convenait plus, j'en tirais les conclusions et démissionnais... maintenant je suis à mon compte parce que je voulais m'éclater dans mon travail : si un salarié me rejoint, c'est pour faire ce que j'en attend, pas pour venir me donner des ordres : pour cela, il n'a qu'à créer sa boite !! s'il n'en a pas les moyens financiers, il peut se placer en sous-traitant. Il aura toute liberté pour mettre ses conditions... il verra si elles sont compatibles avec la réalité économique !!
a écrit le 26/01/2015 à 10:30 :
La demission, premier facteur, mais combien de demission forcees? Comme il est tres honereux de licencier, beaucoup de boites preferent pousser le salarie a la demission en lui rendant la vie impossible et en le cassant au maximum.
Réponse de le 26/01/2015 à 11:22 :
Si tu as une méthode pour se débarrasser des boulets, je suis preneur !!
Pour l'instant, la seule solution que j'ai trouvé : ne plus prendre de CDI ! Seulement des CDD, des intérim, des auto entrepreneurs, de la sous traitance... ça me coute bien plus cher, mais je dors tranquille !!
Réponse de le 26/01/2015 à 11:41 :
Donnez moi la méthode... dans ma TPE, ils ne démissionnent pas : ils exigent une rupture conventionnelle, et, en cas de refus, menacent de saboter le travail jusqu'au licenciement qu'ils iront contester aux prud'hommes !!!
Réponse de le 27/01/2015 à 9:23 :
J'ajouterai : l'épée de Damoclès de tout employeur et dont personne ne parle quasiment jamais :LE PASSIF SOCIAL. Oyé oyé patrons, externalisez, sous-traitez,prenez des intérimaires mais N'EMBAUCHEZ PAS
a écrit le 24/01/2015 à 16:54 :
Il est navrant de voir en Europe le chômage exploser dans nombre de pays... les boomers ont-ils leur petite moustache nazi d'incapables en terme de croissance et d'emploi?

On fait dans l'Europe bourreau de jeunes!
Réponse de le 25/01/2015 à 11:09 :
Les boomers ont su se débrouiller : croissance et emploi pendant 30 ou 40 ans et maintenant ils sont à la retraite. Nous on foire tout et on galère ... on va se mettre la petite moustache pour tout arranger avec la marine
Réponse de le 25/01/2015 à 17:47 :
Cette culture du jeunisme héritée de mai 68, a rendu les vieux aigris d'être vieux, du coup ils se vengent en laissant les jeunes qu'ils jalousent dans la misère :D
a écrit le 24/01/2015 à 6:52 :
Tous les emplois d'exécution n'ont pas lieu de faire l'objet d'un CDI. Dans la mesure où ces emplois n'exigent pas de compétences particulières, ils sont facilement remplaçables, ce qui est tout bénéfices pour l'entreprise car cela permet de se débarrasser d'un employé sans trop de contraintes administratives.
Réponse de le 25/01/2015 à 13:15 :
Les CDD ne sont pas en soit un problème, le fait qu'il soit quasi impossible de louer un logement avec pose par contre problème.
On peut vouloir une réforme de souplesse pour les entreprises, on ne peut pas demander aux salariés de se plier parallèlement aux règles des papy boomers rentiers.
De même, on peut vouloir des baisses de salaires pour les emplois qualifiés, on ne peut pas en parallèle laisser les bénéficiaires de retraites indexées sur l'inflation louer des studios à 500 euros.
Là, c'est un peu facile : Les jeunes prennent de plein fouet les politiques d'alignement par le bas sur le reste de l'Europe pendant qu'on fait des pubs pour les cures thermales subventionnées avec leurs cotisations.
STOP
a écrit le 23/01/2015 à 19:39 :
Marrante "découverte" que le salarié n'est que jetable après avoir été corvéable...
Réponse de le 25/01/2015 à 10:57 :
Marrant de constater que la première raison de départ du salarié, c'est ... la démission ! Le salarié serait devenu un exploiteur de lui même, ou votre théorie à la Balzac a du plomb dans l'aile ??!!
a écrit le 23/01/2015 à 18:15 :
C'est un fait, 80ù des CDD sont des contrat s foireux,

et les employeurs qui trichent sur les dates de contrats pour toucher des aides publiques, il faudrait faire une étude approfondie.
a écrit le 23/01/2015 à 16:37 :
Cest quand même la démission qui se situe en premier. Les nouveaux cdi sont moins motivés moins malléables plus informés plus aidés au chômage.... Le souci est que les sociétés sans force vive des employés finissent par fermer ou partir hors frontières.
Réponse de le 23/01/2015 à 19:25 :
Oui enfin en cas de démission le salarié n'a pas droit aux indemnités chômage...
a écrit le 23/01/2015 à 16:35 :
Le soucis est dans le prix du licenciement économique
Et dans le bazar des prudhommes
Licencier coute 20000 euros par salarié minimum et si vous perdez de l'argent chaque mois .....
L'embauche est trop risqué pour de nombreuses PME
Je comprends ceux qui investissent à l'étranger en Europe
Réponse de le 24/01/2015 à 1:44 :
Je valide.
a écrit le 23/01/2015 à 16:29 :
40% des CDI ROMPUS durent moins d'un an, c'est complètement différent. Ce qui veut dire aussi majoritairement durant la période d'essai, ce qui tendrait a montrer justement une surprotection du CDI passé cette période. Il serait bon d'avoir la proportion des CDI rompus par rapport à ceux contractés, et combien étaient en période d'essai.
a écrit le 23/01/2015 à 16:21 :
c'est incroyable ces personnes qui travaillent plus d'un an dans la même entreprise avec tout ces chômeurs longue durée. Par soucis de partage , proposons qu'il soit interdit de travailler plus d'un an d’affilé.

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