Au château d'Oiron, tout pour l’amour de l’art
Daniel Schick
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Photo d'illustration
© LTD / Daniel Spoerri/ADAGP
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Soudain, le château d'Oiron surgit de terre. L'hypnotique apparition perce un paysage sage, effacé, rural, vide. Vaste plaine, immenses champs, discrètes vallées, villages silencieux, vignes et lignes à haute tension, le château dévore tout. On ne voit que lui. Pourtant le doute s'empare du voyageur arrivant de Poitiers. L'immense et élégant château, posé en haut d'une collinette, est-il réel ou un décor de film pas encore démonté, Cinecittà égaré dans le département des Deux-Sèvres ? Le château d'Oiron existe pour de vrai, imaginé dès le départ pour en mettre plein les mirettes.
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Et c'est réussi ! En 1449, le seigneur Guillaume Gouffier, protégé de Charles VII, reçoit de Sa Majesté des terres à Oiron. La famille Gouffier fait alors construire le château. Au XVIe siècle, Claude Gouffier, collectionneur richissime, acquiert des œuvres de Jules Romain, du Pérugin, de Raphaël (visibles au Louvre). Il passe des commandes dont de somptueuses fresques de style Renaissance, l'art contemporain de l'époque, celui qui sauvera le château des siècles plus tard. Malgré un déluge de raffinements attractifs, personne n'apparaît dans ce château d'apparat, pas un roi, pas un VIP, hors la Montespan qui achète le château en 1700 et y vit en partie. Après la mort de l'ancienne maîtresse de Louis XIV, le château entame sa course presque fatale...
Daniel Schick