Climat : A Cancun, pays émergents et occidentaux divergent sur les solutions

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A Cancun, les dissensions entre pays riches et pays émergents sur l'avenir du protocole de Kyoto ont assombri samedi les discussions à la conférence internationale sur la lutte contre le réchauffement climatique.

"Je vous exhorte à rechercher un compromis!" L'appel de la ministre mexicaine des Affaires étrangères Patricia Espinosa aux négociateurs de la conférence de Cancun sera-t-il entendu ? Un an après l'échec de la conférence de Copenhague.Les 189 pays réunis dans la métropole mexicaine peinent toujours à tomber d'accord sur le pourtant modeste plan de mesures destinées à freiner les changements climatiques. Les profonds désaccords sur l'opportunité de prolonger le protocole de Kyoto, qui oblige près de 40 pays riches à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2% sous leur niveau de 1990, et cela d'ici 2012, ont éclipsé le rapport d'étape à mi-parcours de la conférence de Cancun, qui s'est ouverte le 29 novembre et s'achèvera le 10 décembre.

Prolonger Kyoto "est effectivement la pierre angulaire d'un succès à Cancun", a assuré le Yéménite Abdoulla Alsaïdi, qui préside le groupe des pays émergents à cette conférence.
Un délégué chinois, Su Wei, a dit pour sa part qu'une prolongation du protocole de Kyoto était un "élément indispensable" d'un futur accord. Plusieurs pays, dont la Bolivie, le Venezuela et de petits Etats insulaires, ont également critiqué la position des pays riches concernant Kyoto.

Les pays émergents relèvent que le protocole de Kyoto impose à ses signataires l'obligation de le proroger au-delà de sa date limite. Mais les partisans du protocole de Kyoto, notamment le Japon, le Canada et la Russie, souhaitent désormais la conclusion d'un nouveau traité, plus ample, qui fixe aussi aux pays émergents des objectifs contraignants.
"Il nous faut un nouvel instrument, légalement contraignant, avec la participation de tous les gros pollueurs", a réclamé pour sa part un représentant du Japon, Mitsuo Sakaba. Selon un responsable de l'Onu, un compromis va devoir être trouvé "dans les gammes du gris, entre les deux extrêmes".

Sortir de l'impasse

Les Nations unies ont fait circuler un texte de 33 pages destiné à tenter de sortir de l'impasse les négociations en cours, mais, pour des raisons radicalement différentes, les Etats-Unis et certains pays en développement ont d'ores et déjà attaqué ce projet. Ce texte de 33 pages, qui expose les possibilités d'accord à mi-parcours de la conférence, souligne par les réactions qu'il suscite les profonds désaccords entre pays riches et pays pauvres concernant les réductions futures des émissions de gaz à effet de serre (GES) ainsi que sur l'aide à accorder aux pays pauvres pour qu'ils s'adaptent aux changements climatiques.

"Cela ne va pas au bout des choses, dans certains domaines", déclarait vendredi aux délégués le numéro deux de la délégation américaine, Jonathan Pershing.
Ce texte définit des objectifs, notamment la création d'un nouveau fonds d'aide aux pays émergents et les moyens de protéger les forêts tropicales et de partager les technologies "vertes" - peu polluantes.

Pershing estime que ce texte ne va pas assez loin, notamment pour ce qui est de garantir que les pays émergents respecteront leurs promesses de freiner la croissance de leurs émissions de CO2. La Chine est devenue ces dernières années le plus gros pollueur de la planète, dépassant les Etats-Unis. A contrario, certains pays émergents ont estimé que ce texte, qui reprend l'objectif non contraignant, arrêté à la conférence de Copenhague il y a un an, de contenir la hausse mondiale des températures en dessous de 2°C par rapport à leur niveau d'avant l'ère industrielle, n'assignait pas d'objectifs assez ambitieux aux pays riches.

"Ce document manque d'ambition pour la tâche urgente de protéger les îles et le monde plus généralement, dans le contexte de la menace des changements climatiques", a expliqué Dessima Williams, de la Grenade, qui dirige l'Alliance des petits Etats insulaires. Espinosa a indiqué qu'elle allait rendre compte dimanche à une soixantaine de ministres de l'Environnement de l'état d'avancement des négociations. Ces ministres, venus du monde entier pour la seconde semaine de débats, devaient être accueillis samedi soir lors d'un dîner donné en leur honneur dans la station balnéaire mexicaine.

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