Grève dans la fonction publique : mobilisation limitée

Le ministère de la Fonction publique recensait à 17h00 12% de grévistes parmi les agents de l'Etat, 5% parmi ceux des collectivités locales et près de 3% parmi ceux des hôpitaux. C'est dans l'éducation nationale que le mouvement a été le plus suivi avec un taux de grévistes qui atteint 14,3% selon le ministère et de 33% à 40% selon les syndicats.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Pour cette journée de grève des agents du  public, le ministère de la Fonction publique recensait  à 17h00, 12% de grévistes parmi les agents de l'Etat, 5,1% parmi ceux des collectivités locales et 2,9% parmi ceux des hôpitaux publics. Pour comparaison, la précédente journée d'action interprofessionnelle, le 19 mars 2009, avait mobilisé 26% de grévistes dans la Fonction publique d'Etat, 15% dans les collectivités territoriales et 18,4% dans les hôpitaux.

C'est dans l'éducation nationale que l'on attendait le plus de mobilisation. Selon le ministère, le taux de grévistes a atteint à 17H00 14,3%, contre 27,9% le 19 mars 2009. Mais les syndicats ont bien sûr d'autres chiffres. Le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, annonce "plus de 40%" de grévistes, et le SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles primaires, 33%.

Quelque 114 manifestations et rassemblements étaient prévues ce jeudi en France dans le cadre de cette journée d'actions et de grèves des fonctionnaires organisée par trois syndicats : CGT, FSU et Solidaires. Dans l'enseignement, l'Unsa-Education et le Sgen-CFDT avaient appelé à se joindre au mouvement de même que les fédérations syndicales de cheminots CGT, UNSA, SUD-Rail, CFDT.

Les fonctionnaires protestent principalement contre les suppressions de postes et les réformes de l'Etat en cours. "Depuis 2007, plus de 100.000 postes auront été supprimés dans la seule fonction publique de l'Etat, avec plus de 34.000 suppressions programmées pour 2010", rappellent les syndicats organisateurs - CGT, FSU et Solidaires - dans un communiqué commun. "D'autres le seront encore, y compris dans la fonction publique territoriale et à l'hôpital public, ce dernier étant déjà asphyxié par le sous-effectif", ajoutent-ils.

"Privatisation de tous les services sanitaires et sociaux lucratifs"

Pour les syndicats, la politique de suppression d'emplois est "aggravée par les attaques contre le statut des fonctionnaires, par les effets de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), par la Réorganisation administrative territoriale de l'Etat (Réate) et par la loi HPST [Hôpital, patients, santé, territoires, adopée en juin ; les textes d'application seront publiés vers la fin du premier semestre 2010, Ndlr] qui met la touche finale aux moyens de la privatisation de tous les services sanitaires et sociaux lucratifs".

Les syndicats des fonctionnaires territoriaux protestent ainsi contre les "projets visant à limiter les recrutements des communes à des personnes sans statut" de fonctionnaire. Enfin, le regroupement en deux ou trois grandes directions des nombreux services de l'Etat dans les départements inquiètent tout particulièrement les salariés de l'Equipement et de la Répression des fraudes.

Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth reconnaît le chiffre de "100.000 emplois de fonctionnaires disparus depuis 2007", mais cite en exemple des administrations d'autres pays "fonctionnant avec moins de fonctionnaires et avec une bonne qualité de service public".

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