Infirmières, hôpitaux, assurance-maladie : malaise dans la santé

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Elus et syndicats scandalisés par les suppressions de postes à l'hôpital, manifestations des infirmières mardi et des caisses d'assurance-maladie jeudi : le monde de la santé exprime son malaise. Avec une question sans réponse : comment limiter la progression des dépenses ?

Hôpitaux en crise

Les suppressions de postes à l'hôpital passent mal. Le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a réclamé ce lundi un moratoire sur les suppressions d'emplois à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Les 3.000 à 4.000 suppressions de postes d'ici 2012 confirmées ce week-end par le directeur de l'AP-HP "vont se solder par une dégradation de l'offre de soins, notamment de proximité, pour les Franciliens", a-t-il dénoncé.

Le candidat à un troisième mandat aux élections régionales a également indiqué qu'il souhaitait lancer des assises régionales de la santé, avec les professionnels, les usagers, les élus, les associations, avant toute décision de l'AP-HP. Il a appelé le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, qui s'exprimera sur TF1 ce lundi soir, à "s'expliquer" sur ce dossier.

Le Mouvement de Défense de l'Hôpital public (MDHP), mené par des médecins des hôpitaux parisiens, a également protesté ce lundi. De nombreux médecins de l'AP-HP se sont engagés ces derniers mois à démissionner de leurs responsabilités administratives si les milliers de suppressions d'emplois envisagées étaient maintenues. Le MDHP conteste de plus "les méthodes utilisées", jugeant que "les principaux concernés n'ont pas été auditionnés". La direction générale de l'AP-HP projette de réorganiser autour de 12 groupes hospitaliers les 37 hôpitaux que compte aujourd'hui l'institution.

Symptomatique de la tension actuelle, une manifestation d'une centaine de personnes s'est également déroulée ce lundi aux abords du centre hospitalier intercommunal (CHI) de Vesoul, lors de son inauguration par le Premier ministre, François Fillon. Les manifestants souhaitaient dénoncer la suppression de 166 postes (une centaine selon la direction), et la fermeture de certains services sur les sites de Vesoul, Lure et Luxeuil.

Le gouvernement "est en train de casser le milieu hospitalier, notamment en milieux ruraux", a expliqué Thierry Navarro, secrétaire régional CFDT. Une pancarte jaune indiquait ainsi à l'entrée : "FO-CFDT Des murs, oui, mais du personnel aussi".

Infirmières en colère

Les infirmiers sont également en colère, contre l'Ordre infirmier. Ils manifesteront et feront grève mardi, à l'appel d'une intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC, FO, SNICS-FSU et UNSA Santé), qui appelle à sa suppression pure et simple.

On demande "aux infirmiers de payer une structure ordinale pour [ce] qui existe déjà dans les établissements hospitaliers que ce soit en termes de déontologie ou de discipline", avait expliqué Michaël Deroche, secrétaire fédéral de la CFDT santé-sociaux, en décembre, estimant qu'on allait vers "une double peine" pour les infirmières qui devraient passer devant un conseil de discipline, mais aussi devant les instances disciplinaires de l'Ordre.

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, à qui l'intersyndicale demande une table ronde sur le sujet, avait estimé à la mi-décembre 2009 qu'elle n'avait pas à intervenir dans ce débat, tout en rappelant sa préférence pour une cotisation moins élevée.

Assurance-maladie en action

La semaine sociale se poursuivra jeudi, les syndicats de salariés des caisses de sécurité sociale ayant prévu une journée d'action. Ils sont en conflit avec leurs directions sur des questions de salaires et de charge de travail.

Des arrêts de travail, assemblées du personnel et conférences de presse sont prévus, ont indiqué les fédérations CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC et les syndicats de cadres et agents de direction des différentes caisses.

Ministre embarrassé

Le ministre du Budget, Eric Woerth, s'est interrogé dimanche soir, lors de l'émission le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, sur la possibilité de limiter à 2% la progression annuelle des dépenses d'assurance maladie, afin de réduire les déficits publics. L'objectif pour 2010 est pour l'heure fixé à 3%, contre une hausse de 3,4% en 2009.

"Il faut qu'on en parle en tous cas", a poursuivi Eric Woerth, en évoquant la conférence sur les déficits publics prévue jeudi à l'Elysée.

Le 12 janvier à Perpignan, lors de ses voeux au monde de la santé, le président Nicolas Sarkozy avait indiqué que la conférence sur les déficits publics évoquerait "la méthode" nécessaire pour "rééquilibrer les comptes de l'Assurance-maladie". Le déficit de la Sécurité sociale (les quatre branches : maladie, retraites, famille, accidents du travail) est monté à 23,5 milliards en 2009 et l'on prévoit 30 milliards en 2010.

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