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L'abandon de la taxe carbone par le gouvernement provoque un concert de réactions

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Publié le 23 mars 2010 à 12:29

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François Fillon estime que cette taxe carbone ne doit se faire qu'au niveau européen et pas seulement en France afin de ne pas plomber la compétitivité des entreprises françaises. Le Medef a aussitôt réagi en soulignant que sa demande "a été clairement entendue".

Le Premier ministre François Fillon a annoncé aux députés UMP pour leur première réunion après la lourde défaite de leur camp aux élections régionales l'abandon de la taxe carbone, au moins provisoirement. Il a déclaré qu'elle ne devait se faire qu'au niveau européen et pas seulement en France afin de ne plomber la compétitivité des entreprises françaises.

Xavier Bertrand a indiqué ce mardi matin sur Canal + qu'il serait très compliqué de la mettre en oeuvre en juillet comme prévu et qu'il fallait plutôt s'orienter vers un dispositif européen, encore très hypothétique. Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi avait, lui, déjà déclaré  qu'il était hors de question d'instaurer une taxe carbone qui pénaliserait la compétitivité des entreprises françaises.

La secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, citée par l'AFP (Agence France Presse) a réagi en se disant "désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l'écolo-scepticisme qui l'emporte, je ne suis pas en phase avec cette décision. C'était possible de le faire en France avant de le faire en Europe. C'est ce qu'on avait prévu à l'origine, c'est ce que d'autres pays comme le Suède ont fait. C'est vrai que ce n'était pas parfait, qu'on aurait aurait pu améliorer le texte, notamment concernant les particuliers pour qu'on puisse aider beaucoup plus les personnes à s'adapter".

Le Medef (patronat) a au contraire noté cette décision avecune grande satisfaction. Il souligne dans un communiqué qu'il "vient d'apprendre la décision du gouvernement de renoncer à la taxe carbone. La demande du Medef a été clairement entendue." Laurence Parisot, Présidente du Medef (en campagne pour sa réélection) déclare dans ce communiqué  : "Nous sommes soulagés, notamment pour toute l'industrie qui n'aurait pas supporté ce nouveau handicap de compétitivité. Tout au long des nombreuses réunions avec les ministrères concernés, nous avons su convaincre". Jean-Pierre Clamadieu, Président de la commission Développement durable du Medef, ajoute que "pour contribuer efficacement à la lutte contre le changement climatique, une fiscalité carbone venant compléter le système des quotas d'émission ne peut être mise en place qu'au niveau européen". De son côté, la CGPME observe que "cette taxe instaurait une distorsion de concurrence au détriment des entreprises françaises." Elle se réjouit donc de la décision du gouvernement tout en l'invitant à ne pas renoncer à introduire une fiscalité écologique. A une condition : qu'elle permette "de transférer une partie du financement de la protection sociale en diminuant d'autant les charges pesant sur le coût du travail."

Plusieurs professions qui craigaient fort l'instauration de cette fiscalité environnementale n'ont pas tardé à commenter cette décision. Pour Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA (fédération nationale des syndicats agricoles), principal syndicat agricole, "c'est une bonne décision, c'est une décision de sagesse, que de repousser les choses et de considérer qu'elle sera européenne ou ne sera pas (...). Nous ne pouvions pas accepter une taxe payée par les producteurs français que n'auraient pas à payer nos propres partenaires et concurrents européens. On n'a jamais été opposé à une fiscalité verte dès lors qu'elle serait européenne. (...) Si un jour il y a la même taxe carbone pour tous les Européens, on en prendra acte".

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Même soulagement du côté des routiers. Nicolas Paulissen, délégué général adjoint de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) souligne : "on a toujours dit que la taxe carbone n'avait de sens que si elle était européenne (...). L'argument qui est utilisé pour la supression de la taxe carbone est exactement l'argument que nous avions utilisé pour contester la pertinence de cette taxe franco-française".

Côté politique, Laurence Rossignol, secrétaire nationale du Parti Socialiste (PS) à l'environnement, a également réagi par un communiqué. "Si l'abandon de la taxe carbone , qui était injuste et inefficace, est une bonne nouvelle pour les ménages, en revanche le gouvernement vient aussi de renoncer à toute réorientation de la fiscalité en faveur de l'environnement. Progressivement ce sont les engagements du Grenelle, qui, un à un, se dissolvent. Après la défaite de la droite aux élections régionales, il s'agit pour le gouvernement de revenir sur quelques mesures particulièrement impopulaires, pour pouvoir encore mieux protéger le bouclier fiscal et les nombreuses exonérations accordées aux catégories les plus favorisées". Elle souligne au passage que cet abandon se fait sans aucune proposition alternative du gouvernement.

La porte-parole des Verts, Djamila Sonzogni a souligné dans un communiqué que "le projet, enterré ce jour par Nicolas Sarkozy, ne sera pas regretté par les écologistes. Mais cet abandon en rase campagne est navrant car il condamne durablement toute tentative d'utiliser la fiscalité écologique".

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L'ex vert désormais au Modem de François Bayrou, Jean-Luc Benhamais, a fait part de sa déception : "pour ne pas agir du tout, on ne pouvait pas mieux s'y prendre ! Elément central du pacte écologique de Nicolas Hulot et du Grenelle de l'Environnemen,t la taxe Carbone était présentée comme une mesure phare par le le gouvernement et Nicolas Sarkozy. Bien que mal engagée, mal calculée, mal positionnée, et même si plus personne n'y comprenait rien, elle créait toutefois un schéma a minima. Le Premier Ministre,et sa majorité la plus conservatrice, expliquent que cette taxe se doit d'être mise en œuvre à l'échelle européenne. Que l'Europe s'implique sur ce sujet, n'est pas une idée stupide, mais l'argument selon lequel rien ne doit être fait sans elle, est ridicule. Bien d'autres pays, comme la Suède ou le Danemark n'ont pas attendu un accord global européen pour mettre en place une telle mesure !"

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