La paralysie du transport aérien aura un coût considérable, l'Union européenne prête à aider

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Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a estimé lundi lors d'une conférence de presse que le coût de la paralysie du transport aérien, causée par le nuage de cendres craché par un volcan islandais, sera "considérable". La Commission européenne étudie la possibilité d'une aide. Le gouvernement français évoque également des "coup de pouce".

Tandis que l'association des compagnies aériennes mondiales (IATA) estime à plus de 250 millions de dollars par jour (186 millions d'euros) le manque à gagner lié à la fermeture d'une partie de l'espace aérien européen après l'éruption mercredi d'un volcan islandais, Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports, a estimé ce lundi que ce coût sera "considérable". "Le coût, on l'estimera en fin de crise, mais il sera évidemment considérable", a-t-il déclaré lors d'un point presse à Paris, sans plus de précision.

Certaines compagnies aériennes européennes ne pourront pas survivre à une suspension de leur activité pendant cinq à 10 jours a même prévenu ce lundi l'Association européenne des compagnies aériennes (AEA). "Entre 100 et 150 compagnies européennes, de plus ou moins grande taille sont concernées, et il est sûr que certaines d'entre elles ne survivront pas à une ou deux semaines de suspension", a déclaré à Reuters David Henderson, responsable de l'information de l'AEA, qui représente 36 compagnies européennes. Et de préciser que ses propos ne concernaient pas pour le moment les membres de l'AEA, dont font partie British Airways , Air France et KLM, même si "il y a un moment où certains d'entre eux seront également concernés".

Les compagnies commencent d'ailleurs à livrer une estimation de ce que leur coûte cette suspension de trafic.
 

L'Union européenne étudie la possibilité d'apporter son aide, le gouvernement français aussi

La Commission européenne se tient prête à revoir ses lignes directrices en matière d'aides d'Etat à destination des compagnies aériennes affectées par le nuage de cendres volcaniques, a déclaré lundi le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia.
"Il existe des règles dans le traité, notamment l'article 107 alinéa 2, qui permettent aux Etats membres de compenser des préjudices liés à des catastrophes naturelles ou à des événements exceptionnels. Ils sont par conséquent fondés à apporter une compensation à des entreprises", a-t-elle déclaré. L'aide, pour être autorisée, devra obéir à un principe de non discrimination entre toutes les compagnies européennes, être calculée de manière objective et être limitée aux coûts d'interruption du trafic, a précisé la porte-parole. "Il ne peut pas s'agir d'une aide déguisée à la restructuration", a-t-elle dit avant d'expliquer qu'il faudrait au préalable que les compagnies quantifient leurs pertes et que les Etats membres se déclarent prêts à leur venir en aide. Joaquin Almunia, qui juge "exceptionnelles" les circonstances actuelles, doit se réunir lundi avec son homologue responsable des Transports, Siim Kallas, ainsi qu'avec Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, afin de discuter des conséquences de cette interruption de trafic pour l'ensemble de l'économie européenne.

Mardi matin sur LCI , le secrétaire d'Etat au Tourisme Hervé Novelli a annoncé que le gouvernement envisage de prendre différents types de mesures pour aider les entreprises affectées par le blocage du trafic aérien. "Prêts garantis, accompagnements, coups de pouce", a-t-il énuméré, soulignant qu'"au final cette crise volcanique est une crise économique". Il a précisé qu'il s'agissait notamment d'aider les PME. Une méthodologie d'évaluation des coûts économiques de la crise sera arrêtée mardi.

Une réunion doit se tenir mardi vers 15H00 au secrétariat d'Etat au Tourisme entre tour-opérateurs (Voyageurs du Monde et Thomas Cook), la compagnie aérienne Air France, Aéroports de Paris (ADP), la Fédération nationale de l'aviation marchande (FNAM), le Syndicat national des agents de voyage et l'Association professionnelle de solidarité du tourisme (APS).

De son côté, le ministre du Budget, François Baroin, a déclaré mardi sur France Info que si le gouvernement décidait de venir en aide aux secteurs économiques touchés par le blocage du ciel européen, ce serait dans le cadre européen. "La ligne est plutôt d'une décision à l'échelle européenne: d'abord examiner précisément la réalité du coût de la crise du volcan, et ensuite une initiative européenne". "Ce serait quand même curieux qu'un pays seul explique qu'il va aider alors que d'autres pays trouveront d'autres mesures", a-t-il ajouté.

Même ligne en Allemagne où le ministre de l'Economie allemand n'exclut pas une aide financière aux entreprises affectées par le nuage de cendres islandais et l'arrêt du transport aérien à condition que celle-ci soit coordonnée au niveau européen. "Selon les dimensions que va prendre la poursuite (des interdictions de vol) il faudra le cas échéant commencer à réfléchir" à accorder des aides aux entreprises touchées, "je ne l'exclurais pas", a déclaré le ministre libéral Rainer Brüderle à la radio allemande SWR.

Le volcan islandais, Eyjafjöll, en éruption depuis mercredi a paralysé une partie du trafic européen pendant cinq jours. Ce mardi, si le trafic reprend progressivement, les aéroports de certains pays comme la Grande -Bretagne restent bloqués.  "Nous devons nous écarter de cette fermeture de précaution et trouver des moyens de rouvrir l'espace aérien de manière flexible, étape par étape", a déclaré lundi Giovanni Bisignani, le directeur général de l'IATA  lors d'une rencontre avec la presse organisée par l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace (AJPAE).

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a écrit le 20/04/2010 à 6:58 :
Plus d'avion dans le ciel européen , c'est l'ensemble des reconduites d'étrangers à la frontière qui sont suspendues; et c'est très bien! Pour les riverains des aéroports c'est inespéré et j'en suis content pour eux; sûr que pour les gros capitalistes qui gagnent très bien leur vie et qui sont génés dans leurs aller / retour Paris New York, c'est difficile et on compatit! pauvres capitalistes qui s'amusent en voyageant! il y en a d'autres pour qui c'est plus dur; tous ceux qui ne mangent pas à leur faim ou pour les chômeurs en fin de droit, par ex..Ce volcan, il est béni c'est une bonne râclée aux pays industriels qui restent sans défense face à la Nature qui se venge..Et toi humain arrogant, tu es bien petit face à ce spectacle; il est bon de te le rappeler ! VIVE LES VOLCANS ! On attend les suivants...
a écrit le 19/04/2010 à 12:09 :
Ils avaient peur d'aller aux obsèques du président polonais et ne savaient pas comment le dire. Le nuage tombait à pic.
a écrit le 19/04/2010 à 11:05 :
Ainsi donc, l'Europe a décidé de fermer pratiquement tout son espace aérien suite à l'éruption de ce volcan islandais.
Pour mémoire, un B747 de la British Airline a été pris, il y a quelques années, dans un tel "nuage" (qui ne se voit absolument pas à l'oeil nu) et ses 4 réacteurs s'étaient arrêtés les uns après les autres. Comme l'avion volait à son altitude de croisière (dans le Pacifique), les pilotes ont fait planer l'avion qui a rapidement commencé à descendre, jusqu'à ce qu'ils arrivent à remettre d'abord un, puis deux réacteurs en marche et qu'ils réussissent à se poser en diversion.

Le risque existe, personne ne peut le mettre en doute.

Malheureusement, le principe de précaution existe aussi. Je dis "malheureusement", parce qu'il permet l'application de toutes sortes de mesures coercitives sans même devoir recourir à l'usage de la raison, ni à l'étude scientifique ni même à des campagnes de mesures.

Dans ce cas-ci, que voit-on ? Un organisme "de recherche" (le VAAC) publie des images synthétiques censées représenter la dispersion du nuage dans l'atmosphère. Dans la phrase que vous venez de lire, ce sont les mots "images synthétiques" qui doivent retenir votre attention. Il s'agit (tiens, comme c'est curieux), du résultat pondu par une batterie d'ordinateurs sur base d'un modèle mathématique que personne n'a jamais pu (et ne pourra jamais) tester. Ce pseudo nuage représente la zone dans laquelle il est dangereux de faire pénétrer un avion. Les limites en sont tout à fait clairement tracées par le brave modèle dont la fiabilité, encore une fois, ne sera jamais testée. En particulier, la densité des particules n'est pas indiquée, il s'agit en quelque sorte, d'un chouette dessin en 3D.

Toutes les stations météorologiques du monde disposent de ballon-sondes. Ces ballons permettent de mesurer différents paramètres de l'atmosphère jusqu'à très haute altitude. Il serait donc tout à fait possible de "mesurer" au lieu de "croire" et de valider (ou d'invalider) la pertinence du modèle mathématique utilisé par le VAAC. Or, personne ne l'a fait en Europe. Peux-t-on poser la question ? Est-ce par paresse intellectuelle ? Est-ce par crainte de prendre le risque d'invalider la pertinence du modèle en question (et donc de verser dans l'hérésie -un peu comme ceux qui s'opposent au crédo du Global Warming) ? Est-ce parce que les stations ont renoncé depuis fort longtemps à l'usage des ballon-sondes, préférant le confort d'une sortie d'ordi -même fausse- plutôt que le maniement d'objets archaïques ? Est-ce parce que les stations ne disposent plus de ballon-sondes ?

Toujours est-il que, préférant s'en remettre à l'illusion d'une image fiable (dont on découvrira demain que l'absence d'une virgule dans le programme a chamboulé tout le résultat) plutôt qu'à une démarche scientifique, l'Europe a décidé d'immobiliser tout son trafic au nom du principe de précaution (devenu le 11e Commandement) basé, non pas sur des "faits", mais bien sur une "croyance" pondue par les dieux informatiques et leur clergé.

Même le fait, pourtant avéré, que des avions ont volé dans le "nuage" (qui n'existe que pour ceux qui croient en lui) et qu'ils en soient revenu sans que la moindre trace décelable n'aie été trouvée ne perturbe en rien la "croyance" des "décideurs" qui peuvent s'abriter derrière le 11e Commandement. Et de laisser entendre avec un clin d'oeil racoleur que les compagnies aériennes sont prêtes à tout pour réduire leurs pertes, ou gonfler leurs profits. Proposition qui présente ce petit relent de populisme qui plaît tellement à l'homo politicus et au brave peuple qui l'a porté au pouvoir. Or, les compagnies aériennes disposent dans leurs ateliers des équipements les plus sophistiqués qui soit pour relever les moindres traces de dommages causés par des particules en suspension dans l'air.

De mémoire d'Homme, jamais on n'avait assisté dans toute l'histoire de l'aviation à pareil embargo.
Mais, dites : est-ce que ce volcan ne s'était pas déjà réveillé en 2004 ? Et pourquoi donc n'avait-on pas cloué toute l'aviation européenne au sol, à cette époque ? Est-ce parce que cette éruption-là était très différente de celle-ci ? Ou le principe de précaution n'avait pas encore acquis toute sa maturité ? Où, plus probablement, les modèles mathématiques du VAAC n'étaient pas encore au point ?

Définir une zone dans laquelle aucun avion ne devrait voler sous peine de dommages ne doit pas être chose aisée, mais pas insurmontable non plus. Ce n'est pas la première fois que ceci se produit.

Fermer tout l'espace aérien européen sur base d'un principe appuyé sur une croyance nous ramène à des temps, pas si anciens que cela, où l'obscurantisme -c'est-à-dire le refus de savoir opposé à l'obligation de croire- régnait en maître.

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