Eric Woerth dément son implication dans une autre polémique fiscale

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Le journal Libération écrit mercredi que l'intervention de l'actuel ministre du Travail, qui a assuré il y a quelques semaines n'avoir jamais empêché un contrôle fiscal, a fait suite à des "pourparlers avec l'exécuteur testamentaire du sculpteur César, Alain-Dominique Perrin, président de la fondation Cartier pour l'art contemporain et grand donateur de l'UMP".

Après l'affaire Bettencourt, Eric Woerth est soupçonné d'être intervenu dans un autre contrôle fiscal, concernant cette fois la succession du sculpteur César, mais le ministère du Travail a démenti.

Le journal Libération écrit mercredi que l'intervention de l'actuel ministre du Travail, qui a assuré il y a quelques semaines n'avoir jamais empêché un contrôle fiscal, a fait suite à des "pourparlers avec l'exécuteur testamentaire du sculpteur, Alain-Dominique Perrin, président de la fondation Cartier pour l'art contemporain et grand donateur de l'UMP".

Elle "s'est traduite en 2008 par un dégrèvement fiscal de 27 millions d'euros sur la succession du sculpteur, sans compter les pénalités de mauvaise foi, effacées elles aussi", dit-il.

Selon Libération, Alain-Dominique Perrin est l'un des grands donateurs de l'UMP, le parti présidentiel.

Le député socialiste Bruno Le Roux a réclamé en conséquence la nomination d'un juge d'instruction dans tous les dossiers où apparaît le nom d'Eric Woerth depuis quelques semaines. "On ne peut plus vouloir étouffer ces affaires qui sont mauvaises pour la République", a-t-il dit sur France Info.

Le ministère du Travail a réagi en assurant que le droit avait été totalement respecté dans cette affaire.

"Dans ce dossier, Eric Woerth, lorsqu'il était ministre du Budget, a strictement suivi la proposition de l'administration fiscale, qui elle-même tirait les conséquences d'une décision de justice", dit-il dans un communiqué. "Contrairement aux insinuations et aux erreurs de l'article du journal Libération, tout a été fait dans le respect du droit fiscal", poursuit-il.

"COUILLONNADE"

Le ministère insiste sur le fait qu'un juge d'instruction avait rendu un non-lieu après la plainte déposée par la femme et la fille du sculpteur, affirmant que 300 oeuvres avaient disparu, alors que la justice n'en a trouvé que 38 manquantes.

"Dix-huit mois plus tard, l'administration fiscale tire les conséquences de cette décision de justice et propose au ministre un projet de courrier réduisant les redressements pratiqués. Elle les calcule non plus sur la base de 300 oeuvres supposées manquantes, mais sur la base de 38 réellement manquantes", dit le communiqué.

Alain-Dominique Perrin, prié de dire s'il avait sollicité l'aide d'Eric Woerth, a répondu: "C'est totalement faux."

"La lettre communiquée par Libé est bidouillée, tronquée, c'est un travail de faussaire", a-t-il dit sur Europe 1. Il a en outre qualifié de "couillonnade" l'idée selon laquelle il aurait ainsi été payé en retour de sa générosité envers l'UMP.

"Il n'y a eu aucun coup de pouce de donné", a renchéri sur i>Télé Me Antoine Chatain, l'avocat du président de la fondation Cartier.

Eric Woerth est déjà au centre d'une polémique liée à des soupçons de conflit d'intérêt dans l'affaire Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, elle aussi donatrice de l'UMP.

Libération revient également sur trois autres dossiers où le nom d'Eric Woerth a été cité: les plaintes en justice concernant le rachat par l'Etat de la salle Pleyel à Paris et le différend entre héritiers de la succession Wildenstein, ainsi que la vente de l'hippodrome de Compiègne.

Le ministre du Travail a officiellement quitté vendredi dernier son poste de trésorier de l'UMP, comme il l'avait annoncé deux semaines plus tôt au plus fort de l'affaire Bettencourt.

"DÉSTABILISER LE GOUVERNEMENT"

Le Parti socialiste a souligné à nouveau qu'il fallait que la "transparence" prime dans ces affaires.

"Il y a matière ce matin à poser de nouvelles questions à monsieur Woerth et à la majorité actuelle", a déclaré le secrétaire national aux élections du PS, Christophe Borgel.

Le dossier Woerth-Bettencourt est pour l'instant entre les mains du procureur de Nanterre, Philippe Courroye, dont l'indépendance est contestée par l'opposition et des magistrats.

Le secrétaire national du Parti radical de gauche, Eddie Ait, estime pour sa part que "cette nouvelle affaire confirme le climat nauséabond qui règne autour de ce gouvernement qui a définitivement perdu la confiance des Français".

Pour le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, au contraire, "c'est le nouveau ballon d'essai qui est lancé pour déstabiliser Eric Woerth, déstabiliser la réforme des retraites, déstabiliser l'ensemble du gouvernement".

Eric Woerth doit présenter la réforme des retraites, à laquelle s'opposent l'ensemble des syndicats, le 7 septembre à l'Assemblée nationale.

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