Hervé Gaymard tente d'éteindre l'incendie qui couve à l'ONF

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L'ex-ministre Hervé Gaymard, président du conseil d'administration de l'Office national des forêts, lance douze propositions pour sortir l'ONF de la crise. Il a d'ores et déjà confirmé la tenue prochaine d'un audit social entre la direction et les employés, alors que les syndicats dénoncent 17 suicides en cinq ans.

Hervé Gaymard, le président du conseil d'administration de l'Office national des forêts (ONF), est formel. « Il y aura bien un audit social à l'ONF, le Président de la République et le ministre de l'Agriculture ont donné leur accord », a affirmé, jeudi lors d'une conférence de presse, l'ancien ministre de l'Economie.

Alors que l'Office national des forêts est englué dans une crise morale et financière, un audit social permettra-t-il d'apaiser le climat de travail extrêmement tendu de ses 9700 employés ? Chargé de gérer les 4,7 millions d'hectares des forêts publiques (sur les 14 millions d'hectares de la forêt française), l'ONF s'est surtout illustré ces derniers mois par de nombreux conflits sociaux.

2 suicides en août

En août, deux employés se sont suicidés sur leurs lieux de travail, ce qui porte à 13 le nombre de suicides de personnes travaillant à l'ONF en cinq ans, 17 selon les syndicats. « Ce n'est pas évident de distinguer ce qui est de l'ordre de la détresse personnelle et ce qui relève de l'environnement du travail », nuance Hervé Gaymard, avant de "déconnecter" clairement "la question du suicide et le climat général de l'ONF car il ne faut pas tout confondre ».

Cette situation difficile est due en partie aux profonds changements effectués depuis 2001, notamment le recentrage des activités de l'ONF sur les forêts avec l'abandon de la filière eau, et des restructurations et fusions à tous les niveaux avec des pertes d'emplois à la clé. Depuis trois ans, la « baisse dramatique », selon les mots d'Hervé Gaymard, des cours du bois, passés de 44,8 euros le mètre cube en 1999 à moins de 30 euros en 2009, a encore aggravé les tensions entre syndicats et direction. En 2009, le secteur bois était même la deuxième cause de déficit commercial de la France, après les hydrocarbures.

Une augmentation de capital de 300 millions d'euros ?

Pour sortir de la crise, Nicolas Sarkozy a demandé à l'ancien ministre de Jacques Chirac de trouver des solutions. Douze, précisément. Au-delà de l'audit, qui entend apaiser durablement le climat social, l'ONF se dirige vers une modernisation de la filière bois tournée vers le développement du bois-énergie, une amélioration de l'exploitation des forêts françaises et la prise en compte des enjeux écologiques à l'échelle européenne.

Pour réaliser ces objectifs, Hervé Gaymard demande une augmentation de capital d'environ 300 millions d'euros et souhaite que celle-ci soit financée par l'Etat, compte tenu du statut public de l'ONF. Elle pourrait s'inscrire dans le contrat d'objectifs pour la période 2012-2016 qui doit être conclu dans les semaines à venir.

Hervé Gaymard est optimiste sur la capacité de l'ONF à sortir la tête de l'eau. Elle pourrait bénéficier de ressources supplémentaires car les cours du bois ont tendance à remonter sur les marchés et devraient progresser, selon les estimations de l'ONF, jusqu'en 2013, portés par le récent retour en grâce du bois dans les constructions.
 

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