Les CHU veulent plus s'impliquer dans la recherche et la formation

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Les CHU font des propositions pour conforter leur implication dans l'enseignement et l'innovation.

Dix-huit mois après la validation des propositions du rapport Marescaux et de leur intégration dans la loi HPST (hôpital, patients, santé et territoires) de juillet 2009, qu'en est-il de la réforme des CHU ? Les directeurs de CHU et les doyens des facultés de médecine ont fourni un début de réponse en fin de semaine dernière à Lyon à l'occasion des XIIèmes assises nationale hospitalo-universitaires. Face à l'absence de véritables changements sur le terrain, ils ont réitéré les préconisations du rapport Marescaux (La Tribune du 11 mai 2009) en formulant neuf propositions. Ces dernières visent à « conforter l'implication des CHU dans les réformes actuelles de l'enseignement supérieur et de la recherche », à être mieux reconnus par les universités et à participer au développement de l'innovation. En d'autres termes, il s'agit de renouer avec la triple mission de soins, d'enseignement et de recherche médicale telle que définie lors de la création des CHU en 1958 par la loi Debré. Triple mission qui n'a jamais vraiment été appliquée. L'année dernière, le rapport Marescaux avait dressé à cet égard un bilan très critique, constatant que la recherche clinique n'était pas reconnue et la coopération avec les université oubliée.

Reconnaissance


Or depuis l'été 2009, la situation n'a guère évolué. Si ce n'est que le lancement des appels à projets pour la création des instituts hospitalo-universitaires d'excellence dans le cadre du grand emprunt ont créé une émulation sur le terrain (19 dossiers ont été déposés). Mais il n'y aura que cinq élus (La Tribune du 30 juin 2010). Les CHU doivent donc entamer leur réforme. "Ce qui caractérise les CHU, c'est le U, estime Alain Hériaud, le nouveau président de la conférence des directeurs généraux de CHU. Il faut donc polariser leur action sur l'enseignement et la recherche." Selon lui, "les CHU doivent faire de la recherche clinique un objectif prioritaire et mieux structurer cette structurer cette recherche". Afin d'améliorer sa reconnaissance et son statut, les Assises proposent d'évaluer cette recherche clinique et de la labelliser. L'objectif est de profiter de la recomposition du paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche (regroupement des universités en pôles, création de sociétés de valorisation...) pour mieux intégrer les CHU dans le processus de recherche et d'innovation. "Les CHU doivent participer aux sociétés de valorisation mais doivent aussi développer en amont des structures d'aide au montage de projets grâce à des crédits d'amorçage. Nos partenaires industriels ont besoin d'une plus grande visibilité", constate Alain Hériaud qui souhaite que les CHU soient aussi plus largement associés à l'Inserm et à l'alliance nationale de recherche biomédicale (Aviesan).

Associer les médecins de ville à la formation


Quant au volet formation, la question a émergé lors de ces Assises d'en laisser ou non l'apanage aux CHU pour sa partie pratique. L'idée d'une contribution des médecins de ville émerge pour créer un "continuum entre formation initiale en CHU et réalité du métier" (les étudiants en médecine sont formés dans les CHU mais exercent en suite pour la plupart en cabinet). Un débat sensible qui reste ouvert et implique de trouver des modalités strictes pour associer les médecins généralistes à la formation (organisation des stages, labellisation par compétences pédagogiques, évaluations...).
 

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