"Les entreprises françaises doivent apprendre à tirer profit des innovations technologiques étrangères"

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E.K
E.K (Crédits : EK)
Le forum Spring Campus organisé par Croissance plus se tient du 24 au 26 mars à Avoriaz sur le thème de l'innovation. Intervenant remarqué, Marc Giget revient avec La Tribune sur quelques clés permettant aux entreprises de tirer leur épingle du jeu en matière d'innovation.

Quelle est votre vision de l'innovation ?

L'innovation a pris un nouveau tournant, elle ne réside plus uniquement dans la technologie mais dans l'utilisation qu'on en fait, on parle désormais d'innovations technologiquement neutres. Aujourd'hui il y a une monté technologique mondiale. Quelque soit le domaine, il n'y a plus de monopole. L'exemple du système de reconnaissance des mouvements de la console Wii est parlant : il existe aujourd'hui des entreprises qui maîtrisent cette technologie aussi bien aux Etats-Unis qu'en Corée, au Japon ou en Allemagne. La connaissance est partout dans le monde et chacun a tendance à se marquer sur ce que font les autres pays, en conséquence, le savoir se dévalorise assez vite.

Comment définiriez vous alors un entrepreneur innovant ?

Le métier des entrepreneurs n'est pas d'avoir des prix Nobel, c'est de mettre à la disposition des consommateurs ce qu'il y a de mieux. Il faut partir de l'idéal et essayer de s'en rapprocher, c'est ce qui a été fait avec l'iPod ou encore avec les exosquelettes. Les personnes handicapées ne rêvent pas d'un fauteuil roulant capable de rouler sur la neige, elles rêvent de pouvoir marcher à nouveau. Il n'y a pas de pénurie de technologies aujourd'hui, parler d'innovation technologiquement neutre, c'est simplement dire que l'innovation consiste à prendre le meilleur état des technologies du moment pour en faire des produits innovants. La recherche technologique n'est qu'un préalable à l'innovation mais cela ne fait pas toute l'innovation.

Est-ce le cas en France ?

Comme l'a souligné récemment Valérie Pécresse, la France est un grand pays de sciences. Cependant nous ne sommes pas un grand pays technologique. La recherche en France ne doit être qu'un élément parmi d'autre pour favoriser l'innovation. Le risque qui nous menace c'est de ne pas savoir prendre la meilleure technologie qui existe et de choisir une technologie française pour son origine même si elle n'est pas prouvé ou pas normée. L'investissement dans la recherche en France est bien évidemment positif, mais il faut rester attentif à ne pas travailler qu'entre français, il faut savoir profiter des avancées technologiques étrangères. Parmi les entreprises à forte croissance dans le monde, on retrouve des entreprises où la recherche et développement est limitée comme c'est le cas chez Apple. L'important n'est pas tant de développer une technologie mais de bien savoir l'utiliser.

Avez-vous des propositions pour soutenir cet esprit d'innovation en France ?

Il faut favoriser l'entrepreneuriat, à l'instar de CroissancePlus en incitant à laisser les entreprises plus libres. L'harmonisation fiscale avec l'Allemagne serait pour cela une grande avancée. D'une manière générale, on pourrait suivre l'exemple des pays du Nord de l'Europe, considérés comme les plus innovateurs au monde. En Finlande, la fiscalité est centrée sur les individus et non sur les entreprises. Evoquer le problème de la fiscalité peut-paraître redondant, mais ça l'est uniquement parce que le problème est toujours là. Laissons les entreprises utiliser l'argent comme elles en ont besoin.

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