Les universités européennes veulent peser dans le débat budgétaire européen

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Dans le prolongement de son colloque annuel, l'Association européenne des universités publie ce jeudi sa déclaration finale. Elle interpelle Bruxelles sur le rôle crucial que les universités doivent jouer en tant que moteur de la reprise économique et sur la nécessité de maintenir un financement public pérenne.

"Investir aujourd'hui dans les talents pour demain". Le slogan du colloque annuel de l'Association européenne des universités (EUA) qui s'est tenu mi-avril à Aarhus au Danemark tombe sous le sens. Et pourtant, la crise économique et les politiques de restrictions budgétaires adoptées par nombre de pays européens hypothèquent cette évidence. Pour preuve, la politique de rigueur qui pèse sur les universités de nombreux pays européens (Grande-Bretagne, Italie...) et le développement du débat sur la diversification nécessaire des sources de revenus.

Plaidoyer

Dans une étude en janvier dernier, l'EUA avait déjà tiré la sonnette d'alarme, rappelant que 75 % des universités européennes restent à ce jour financées par des subsides publics. Un mois après son colloque annuel, l'association alerte à nouveau les gouvernements européens et la Commission de Bruxelles dans sa déclaration finale, publiée ce jeudi. "Nous réitérons notre appel de 2009 pour que les investissements dans l'enseignement, la recherche et l'innovation alors que l'Union européenne est en train de préparer son budget pour 2014-2020.

Il s'agit aussi de réaffirmer le rôle central des universités dans la stratégie Europe 2020", explique Jean-Marc Rapp, le président de l'EUA. Une priorité dont s'est dit convaincu à Aarhus le président de la commission européenne, José Manuel Barroso. Mais pas sûr que tous les pays membres appliquent ces recommandations, tant certains cherchent à couper rapidement dans leurs dépenses. "Notre déclaration est un plaidoyer qui consiste à rappeler que l'éducation, la recherche et l'innovation ne sont pas des dépenses de fonctionnement mais des postes d'investissement", insiste Jean-Marc Rapp. La déclaration d'Aarhus réaffirme ainsi que les université sont les moteurs de la reprise économique.

Autre axe, se placer dans la perspective de l'agenda Europe 2020 ("Une stratégie pour une croissance intelligente, durable et inclusive") en adoptant un programme d'action consistant à aborder les questions des compétences et des ressources humaines. "Il s'agit de renforcer les profils institutionnels spécialisés afin que les universités de recherche se dotent d'une efficacité propre et non uniformisée. Il faut aussi insister sur les stratégies basées sur la promotion des élites très en amont dans les cursus afin d'assurer aux étudiants de 1er cycle soient une exposition à la recherche. Enfin, nous plaidons pour des politiques de soutien au développement des talents, autrement dit la mise en place de partenariats et de cultures qualité", détaille Jean-Marc Rapp

Diversification des moyens

Selon l'EUA, l'autonomie des universités est un vecteur d'efficacité. "Comme l'a montré une étude du think tank Bruegel en 2008, il y a une corrélation nette entre l'autonomie et la performance des universités en matière de recherche, assure Jean-Marc Rapp. Un euro investi dans une université autonome décuple les capacités d'investissement." Mais l'EUA reste vigilante sur la question de la diversification des moyens, corollaire de l'autonomie. "L'enseignement supérieur est un bien public. Cela doit se traduire dans les budget. C'est la garantie de l'indépendance de la recherche", rappelle Jean-Marc Rapp.

Reste à faire vivre cette déclaration. Dans les prochains mois, l'association va prendre son bâton de pèlerin afin de promouvoir ces principes auprès des politiques européens.

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