PSA s'immisce dans la campagne présidentielle

 |   |  406  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'affaire PSA devient politique. La note interne dévoilée par la CGT et révélant que le groupe envisageait de fermer des usines en France après les élections présidentielles a poussé Eric Besson, ministre de l'Industrie à réagir au plus vite. Côté PS, Benoît Hamon, porte-parole des socialistes et Harlem Desir sont montés au créneau.

Eric Besson et Benoît Hamon s'accordent pour juger une délocalisation d'usines par PSA "inacceptable". Mais si le ministre de l'Industrie veut rassurer après son entretien avec le patron du constructeur automobile Philippe Varin, le porte-parole du PS, en a profité pour critiquer la politique du groupe. S'appuyant sur un document interne, la CGT avait affirmé, jeudi, que Peugeot-Citroën prévoyait de fermer deux usines en France, l'un à Aulnay-Sous-Bois en Seine-Saint-Denis, et l'autre dans le Nord (site de Sevelnord)., qui emploient 6.200 personnes, d'ici 2014.

Cette éventualité avait été niée par la direction de l'entreprise. Pour Philippe Varin, qui s'est exprimé face aux syndicats, une délocalisation ne serait "pas d'actualité", il l'a réaffirmé à Eric Besson, jeudi.Ce dernier a affirmé que le document en question n'était qu'un scénario de travail et non une décision opérationelle. "Les faits montrent que ce document n'a pas été mis en oeuvre", a ainsi argué le ministre dans un entretien au journal "Le Parisien".

Doutes du PS

"Il y a aujourd'hui des annonces qui pourraient être mises en oeuvre opportunément après les élections de manière à ne pas venir déranger le pouvoir actuel", a ainsi déclaré le conseiller régional d'Île-de-France sur LCI. Benoît Hamon dit ne pas avoir confiance dans les déclarations d'Eric Besson et de Philippe Varin  "parce qu'on observe une vraie transhumance, une migration des sites de production automobiles et de leurs équipementiers de l'ouest de l'Europe vers l'est de l'Europe" a-t-il justifé.

Méfiant lui aussi, Harlem Désir a demandé la signature d'une convention entre PSA et l'Etat dans laquelle l'entreprise s'engagerait "au maintien de ses sites de production en France et en particulier du site d'Aulnay". Le député européen PS "Je crois même que cette convention aurait dû être la contrepartie obligatoire de l'aide de trois milliards d'euros qui a été attribuée au groupe Peugeot pendant la crise" en 2008, a-t-il ajouté sur RMC et BFMTV.

"Fenêtre d'annonce"

D'après la note interne dévoilée par la CGT et datant de 2010, les fermetures de deux usines en France situaient  "la fenêtre d'annonce possible, dans le calendrier électoral français, au 2e semestre 2012", soit après l'élection présidentielle. Le principal syndicat du groupe a par ailleurs reproché à PSA d'avoir "concocté la fermeture de ces sites en 2010 alors qu'elle recevait 3 milliards d'aide de l'Etat".

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/06/2011 à 21:41 :
Un des principaux clients de sevelnord est fiat. Or ce dernier a décidé de se retirer de sevelnord, ce qui risque de mettre sevelnord en grande difficulté.
a écrit le 10/06/2011 à 21:47 :
PSA une très bonne entreprise qui aurait permis de presque tripler les revenus de son capitaine et de doubler ceux des membres de son conseil. PSA une entreprise compréhensive des besoins de chacun.
Asclépios, le blog sur http://pierrechallenge.overblog.fr
Réponse de le 11/06/2011 à 16:52 :
Je viens de voir un article disant justement que les dirigeants français étaient les moins bien payés. Les faits sont têtus.
a écrit le 10/06/2011 à 18:33 :
Lorsque les annonces de fermeture de site sont connues, il est bien souvent déjà trop tard. La gesticulation du gouvernement est la suite logique d'un immobilisme à réformer la france pour que l'industrie soit compétitive et que les emploies de production restent en France. La gesticulation sauve les apparences, pour ceux qui y croient.
a écrit le 10/06/2011 à 14:01 :
Pourquoi les francais veulent que leurs salaires augmentent quand il y a des bénéfices, mais ne veulent pas une baisse quand l'entreprise fait des benefices.
Seraient-ils simplets ?
Réponse de le 11/06/2011 à 7:05 :
Est ce que les actionnaires acceptent de rendre les bénéfices lorsqu'une entreprise a des pertes? Les français ne veulent pas une particpation aux bénéfices; mais avant la meilleure performance économique était partagée entre actionnaires et salariés. A présent les gains sont transférés aux actionnaires et aux hauts dirigeants à base de bonus.
a écrit le 10/06/2011 à 12:47 :
Il n'y a pas qu'à Aulnay, de nombreux sous-traitants perdent leur contrat également. A St-Claude, MBF Technologie sous-traitant de Peugeot et Renault prévoit199 licenciements.
http://franche-comte.france3.fr/info/mbf--4-personnes-toujours-retenues--69051050.html
a écrit le 10/06/2011 à 12:39 :
Les francais parlent toujour des entreprises francaise qui délocalisent à l'étranger mais jamais des entreprises étrangère qui investissent chez nous pour notre bonne main d'oeuvre et nos cerveaux (informatique , génie civil , ingenieur ...)
a écrit le 10/06/2011 à 12:38 :
Il semble que les consommateurs aient devancé PSA (cf "les français de moins en moins..."). Les consommateurs vont au meilleur rapport qualité/prix. Les producteurs font exactement de même. Ca s'appelle du bon sens économique et aucune idéologie ne peut aller contre. Au contraire, une idéologie peut facilement amplifier les déséquilibres existant. Par exemple, en surtaxant le travail comme c'est le cas en France, on incite les entreprises a délocaliser. Autrement dit, on obtient l'effet inverse de celui recherché. Certains utopistes voudraient que "l?économie soit au service de l'homme et non l'inverse". Ils sont complètement hors-sujet. L?économie est l'homme. En voulant aller contre l?économie, on va contre lui (cf voir le niveau de vie des pays communistes).
Réponse de le 10/06/2011 à 16:00 :
Vous avez totalement raison, le SMIC à 400 euros permettrait de rappatrier beaucoup d'emplois, sans les charges sociales que l'on pourrait laisser au bon vouloir de l'entraide Européenne.
Sur qu'il manque pas un gros chainos dans votre comportement, vous connaissez le dumping social balancé par la montée des paradis fiscaux?
Réponse de le 10/06/2011 à 16:01 :
A 400 euros par mois il fait bon vivre en France, dommage pour l'essence, la nourriture et les loyers à payer, même en supprimant la TVA c'est difficile
Réponse de le 11/06/2011 à 16:48 :
Si je parle de surtaxe, c'est qu'il ne s'agit pas du salaire net mais plutôt du superbrut, soit environ le double du salaire net. Ensuite un autre effet de cette surtaxe sur le travail en France est d'augmenter la pression a la baisse sur les salaires via le chômage, chômage qui tourne autour de 10% depuis 30 ans. Ainsi le salaire moyen net en France est équivalent a celui de la Hongrie, pourtant ce ne sont pas les entreprises hongroises qui délocalisent en France. Enfin une entreprise délocalise pour réduire ses coûts de production, pas pour réduire ses impôts, sinon elle irait au Luxembourg, pas dans un pays de l'est. Et dernière chose, l'industrie allemande se porte mieux que l'industrie française, pourtant les salaires y sont plus élevés. Toujours se méfier des raisonnement trop simples, ils sont souvent faux.
a écrit le 10/06/2011 à 10:42 :
Si PSA envisage de délocaliser sa production vers les pays susceptibles de la consommer, ce n'est pas nécessairement une mauvaise stratégie : rapprocher le producteur du consommateur, dans des pays à PIB plus faible permet de conquérir des parts de marché pour distribuer des véhicules conventionnels de gamme standard. En outre en Europe, en France en particulier, les constructeurs développeront des véhicules électriques révolutionnaires, qui resteront longtemps inaccessibles aux pays en développement. Des usines obsolètes fortement consommatrices d'énergie fermeront, au profit de nouvelles entreprises écoperformantes et à faible coût salarial. Ce sera un plus pour la planète. C'est cela, la solution miracle ! (A moins que la CGT ne propose la nationalisation de PSA et la fermeture des frontières aux produits importés...)
a écrit le 10/06/2011 à 10:21 :
J'adore la CGT et sa manière de proceder !!! Une note en leur possession depuis + de 8 mois et comme par hasard ils la ressortent aujourd'hui ????
mais que fait le "Canard enchainé" ???
a écrit le 10/06/2011 à 9:21 :
« Benoît Hamon dit [...] "qu'on observe une vraie transhumance, une migration des sites de production automobiles et de leurs équipementiers de l'ouest de l'Europe vers l'est de l'Europe" ». Sans rire ? Et « grâce » à qui, cher européiste libre-échangiste ?
Réponse de le 10/06/2011 à 10:23 :
Tout a fait d'accord. De meme pour Estrosi, Sarkozy et Besson qui s'offusquent des delocalisations alors que ce sont les memes qui ont signé et assuré la promotion des traités europeens de libre echange. Et l'UE qui finance la creation de zones franches off shore en Tunisie, des millions d'euros d'argent public europeen donné aux Tunisiens pour les aider a attirer les entreprises europeennes, ces dernieres fermant ainsi leurs sites en Europe ...
Réponse de le 10/06/2011 à 13:29 :
sans oublier toutefois les 35 heures qui ont augmenté mécaniquement les coûts salariaux de 10%.
Réponse de le 10/06/2011 à 16:03 :
Nous ne sommes pas dans fourchettes des 10 pour cent mais des 50 pour regagner des emplois. Cherchez qui triche?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :