Les PME et les ETI seraient les premières victimes d'une restriction du crédit bancaire

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Copyright Reuters (Crédits : Eric THIÉBAUT)
Dans une étude exclusive dévoilée par La Tribune, la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) redoute les conséquences d'une crise du crédit bancaire sur les PME et les ETI. Cette fragilité serait la conséquence de la faiblesse de leurs fonds propres et de leur incapacité à auto-financer leurs projets.

Après les économistes et les organisations patronales, c'est au tour des réseaux consulaires de s'alarmer de la fragilité du financement à long terme des PME et des ETI non cotées. Une question qui se pose avec d'autant plus d'acuité qu'un durcissement brutal du crédit bancaire est envisageable. «Il y a une réelle urgence à trouver des solutions. Les banques sont sous pression, fragilisées par la crise de la dette souveraine. Elles pourraient durcir l'accès au crédit», explique Cécile André-Leruste, associée chez Roland Berger, élue de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP). Dans ce contexte, elle dresse dans une étude que La Tribune dévoile en exclusivité un tableau plutôt pessimiste de la situation présente des entreprises en raison de leur structure de financement. «Les PME-ETI sont structurellement dépendantes du financement bancaire aussi bien à court terme qu'à long terme. La baisse du taux d'autofinancement des entreprises enclenché pendant les années 1990, conjuguée à la faiblesse des financements alternatifs par les marchés et les acteurs du capital-investissement, accentuent cette dépendance», avance-t-elle. Les évolutions du cadre prudentiel des banques et des assureurs n'arrangent rien. (retrouvez le rapport inter-commissions de la CCIP).

Des solutions techniques et une volonté politique sont réclamés

Des solutions s'imposent donc pour pérenniser l'avenir des entreprises tricolores, moins radieux que celui anticipé par leurs homologues outre-Rhin (lire ci-contre). Cécile André-Leruste suggère d'appliquer un taux réduit d'impôt sur les sociétés aux PME qui réinvestissent leurs bénéfices dans leur capital, une proposition portée par la CGPME et le Parti socialiste. Elle plaide aussi pour le doublement du plafond des versements des particuliers dans le cadre du dispositif Madelin pour les souscriptions au capital des petites entreprises ainsi que pour la modulation de l'avantage fiscal des contrats d'assurance-vie en fonction du risque et de la durée de détention pour inciter les assurés à placer leur épargne en titres d'entreprises. Mais ces dispositions techniques ne pourront pas tout. Cécile André-Leruste souhaite donc une intervention accrue des acteurs publics du financement, comme Oseo, la CDC et le FSI qui s'apprêtent à unir leurs forces sous la marque «FSI PME». (La Tribune du 11 mars), afin que ceux rationalisent leurs efforts. «Les dispositifs de soutien sont trop nombreux pour être efficaces», estime la fiscaliste.

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Commentaires
a écrit le 15/10/2011 à 15:12 :
Quand je lis "faiblesse des fonds propres, incapacité à s'auto-financer", je me demande si on ne veut pas insinuer que c'est avant tout la faute aux PME d'être dans cette situation. Ces salauds de pauvres petits patrons, ils n'ont qu'à être "too big to fail" comme tout le monde ! Au lieu de toujours parler Finance, si on parlait Affaire : qui ne passe des commandes qu'au moins disant ? qui a laminé les marges de ces entreprises ? qui a pompé les bénéfices quand il y en avait ? ...
a écrit le 14/10/2011 à 16:44 :
Seule Marine Le Pen,a dans son programme la mise sous tutelle des banques et des banksters!.
a écrit le 14/10/2011 à 16:40 :
Depuis deux ou trois décennies, les banques font ce qu'elles veulent!, vendre du vent!, se comportent à la limite de l'honnêteté, abusent les personnes âgées, bref, plus personne ne trouve rien à redire, même pas les associations de consommateurs censés défendre la société civile.
a écrit le 14/10/2011 à 16:34 :
Les banques préfèrent jouer au casino, plutôt que de prêter de l'argent aux entreprises ou aux jeunes accédant à la propriété.
Vivement 2012, que l'ordre soit restauré et la politique bancaire supervisée par le nouveau gouvernement dans ce secteur!.
a écrit le 14/10/2011 à 14:27 :
Toujours des solutions technocratiques mais indirectes. Les PME ont besoin d'argent qu'elles mettent en place un réseau de prêt auprès des particuliers sur le principe des prets à court terme rémunrés aux prix du marché. Il est évident que ce n'est pas la CGPME qui va innover lorsque l'on entend depuis des années les gémissements de M. Roubaud homme qui n'est plus avec son temps. Les PME sont comme les agriculteurs toujours dans les pleurs sans solution en dehors de demander TOUJOURS comme d'habitude l'aide de l'ETAT c'est à dire du contribuable. Je vais dire vulgairement allez les PME bougez vous le cul prenez des initiatives et remettez à plat votre CGPME un micro "parti" du MEDEF.
Réponse de le 14/10/2011 à 17:44 :
C'est une plaisanterie?
Les Pme demandent de l'aide à l'état. Ce sont les entreprises qui par leurs impots, cotisations sociales et TVA, font vivre tout le pays.
Dirigeants de PME, ne payaient pas les cotisations Urssaf et pole emploi du 15 octobre. On va voir qui va pleurer!
Réponse de le 15/10/2011 à 6:43 :
Non ce n'estr pas une plaisanterie la preuve il y apeu la CGPME demandait à l'Etat de baisser les charges je veux bien mais l'ensemble des entreprises profitent déjà de tellement d'allègements que le coût du travail ne veux plus rien dire. La concurrence et la rentabilité commence par la mise en place d' organisations de gestion. Ancien cadre j'ai a la demande d'un chef d'entreprise revue la totalité de l'organisation de la Ste, pour commencer le service achat et la gestion des 35 heures en modulation... je me suis rendu compte de la faiblesse de structure de certaines entreprises. Pour être en pahse sachez que j'ai demandé un SMIG mensuel pour cette mission très intéressante.
Les aides la CCI, la Région .... le pb de la France un coût du travail tronqué pour l'ensemble des entreprises par des aides disparates.
Je note par contre l'incompétence du député européen plus occupé par son mandat que par les fonds UE aux entreprises.
a écrit le 14/10/2011 à 12:42 :
le pb des banques, c'est que le credit ça rapporte rien au pdg et aux conseillers de l'administration en question.. faire du fictif et du toxique, quand tout le monde y croit, ça rapporte gros.. Pourquoi se faire chier à regarder sous tous les angles si on peut preter à une entreprise sans trop de risque alors qu'il suffit de vendre des produits mirages?? je rajourterai que l'etat serait le premier à pleurer si la banque réclamait immédiatement le remboursement et fermerait le robinet. Bref, une cure comme pour la grèce mais en France.. non??Pourquoi??
a écrit le 14/10/2011 à 8:30 :
Les banques ont pour mission de financer l'investissement reel,certes ca rapporte moins que la speculation ou la fabrication de produits financiers dont meme ceux qui l'ont invente ignorent comment ils fonctionnent.Mais au moins ca rapporte sur de l'argent et ca permet aux entreprises de se devellopper et a la societee egalement et donc par repercussion,ca permet au chomage de diminuer,aux salaires d'augmenter et a l'etat de moins emprunter.Mais peut etre que tout le probleme est la,si les etats n'empruntent plus ils n'auront plus l'obligation de rembourser chaques annees des interets astronomiques(48 milliards pour la france) qui cumule sur plusieurs annees a quasiment rapporte aux banques autant que la valeur de la dette actuelle francaise(1200 milliards d'interets rembourses depuis 20 ans,pour une dette qui est de 1600 milliards)
a écrit le 14/10/2011 à 7:40 :
La restriction du crédit, c'est du présent surtout pour les tpe/pme.
La fin de l'année va être du carnage : un peu de boulot mais on est déjà en récession car plus de flux financier entre les entreprises.
les fournisseurs demandent d'être au cul du camion et chacun attend que l'autre paie pour pouvoir régler les factures et salaires. c'est la fin du monde.
a écrit le 14/10/2011 à 7:16 :
2 ans et 2 fois que les banques montrent qu'elles ne remplissent plus leur mission "sociale" (ce que la société humaine attend d'elles). Une mise sous tutelle (via des nationalisations partielles) et une recapitalisation s'imposent.

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