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ÉconomieFrance

Triple A de la France : découvrez les pronostics de 13 économistes de renom

latribune.fr, avec agences

Publié le 07 décembre 2011 à 10:27

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Sur les treize économistes interrogés, onze estiment que la France verra sa note dégradée dans les trois prochains mois par une des trois principales agences de notation. La seule question est de savoir si la note sera abaissée d'un cran ou de deux.

La plupart des économistes estiment que la France va perdre sa précieuse note AAA au début de l'année prochaine, malgré les efforts des responsables européens pour résoudre la crise dans la zone euro, selon une enquête réalisée par Reuters.

Sur les treize économistes interrogés, onze estiment que la France verra sa note dégradée dans les trois prochains mois par une des trois principales agences de notation .

La seule question est de savoir si la note sera abaissée d'un cran ou de deux. "Si l'on applique la méthodologie de Standard & Poor's, qui s'appuie sur des critères quantitatifs, la France est déjà AA, comme devraient l'être les Etats-Unis et la Grande-Bretagne", estime Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.

Il souligne toutefois que les notes ne reflètent pas uniquement des critères quantitatifs, mais aussi la crédibilité des stratégies budgétaires des gouvernements et leurs performances passées, ce qui rend toute prédiction hasardeuse. "Seuls ceux qui travaillent dans les agences peuvent le dire", dit-il. Les inquiétudes concernant la note souveraine de la France ont augmenté à mesure que la crise s'est étendue à d'autres pays de la zone euro. L'agence de notation Standard and Poor's a placé lundi les notes de quinze pays de la zone euro sous surveillance avec implication négative, précisant que six d'entre eux pourraient être dégradés d'un cran, et les autres, dont la France, de deux.

DES BANQUES TRÈS EXPOSÉES

Les finances publiques de la France ne semblent pas en pire état que celles du Royaume-Uni, dont la note triple A n'est pas directement menacée.
Mais la France est regardée avec attention par les marchés en raison de la forte exposition de ses banques aux dettes italienne et grecque et d'une prévision de croissance faible qui fragilise les objectifs de réduction des déficits.

De nombreux économistes prévoient désormais une croissance très faible l'an prochain, voire une récession, loin de la prévision de 1% du gouvernement.
Contrairement à ce qui a été fait au Royaume-Uni, Nicolas Sarkozy a refusé les coupes drastiques dans les dépenses publiques et a augmenté de nombreuses taxes.

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Les analystes doutent qu'il puisse aller plus loin d'ici l'élection présidentielle du printemps, la campagne contre le candidat socialiste François Hollande s'intensifiant. "Notre scénario pour l'an prochain, une contraction de 0,7%, n'est pas vraiment favorable à ce que la France atteigne ses objectifs de déficit", déclare Guillaume Menuet, économiste chez Citigroup.

"Globalement, nous attendons une croissance plus faible, des engagements financiers supplémentaires et un soutien plus important pour les banques et, si le gouvernement n'arrive pas avec un plan raisonnable, une dégradation", a-t-il ajouté.

UNE DÉGRADATION ANTICIPÉE

Quant aux projets de Nicolas Sarkozy et de la chancelière allemande Angela Merkel pour stabiliser la zone euro, qui seront discutés vendredi lors d'un sommet européen, une majorité d'analystes estime qu'ils ne permettront pas d'éviter une dégradation de la France.

"S&P veut une véritable intégration pour un groupe restreint de 17 pays, avec de véritables institutions et un partage des budgets", souligne Pierre-Olivier Beffy, économiste chez Exane. "Ces conditions difficiles ne pourront être remplies d'ici la fin de la semaine."

Peu d'économistes estiment toutefois qu'une dégradation de la France aurait un impact considérable sur ses coûts d'emprunt. Selon certains d'entre eux, les investisseurs ont déjà pris en compte une dégradation de la France et les agences ne feraient ainsi que s'aligner sur ce qui est déjà une réalité.

L'impact le plus important d'une dégradation de la France serait, selon cette enquête, sur la qualité de crédit du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui dépend de celle des pays qui le garantissent, au premier rang desquels la France et l'Allemagne. "Ceci met en lumière le fait qu'en cas de vraie aggravation de la crise, la seule institution capable d'éteindre le feu à court terme est la Banque centrale européenne", a dit Pierre-Olivier Beffy.

LUEUR D'ESPOIR MARDI SOIR

Simple rhétorique ou façon de s'aménager une porte de sortie ? Toujours est-il que le responsable de l'agence de notation Standard & Poor's était moins catégorique dans son discours de ce mardi. De fait, le passage pour les 15 pays de la zone euro d'une "surveillance négative" à une dégradation des notes ne semble pas encore totalement acté.

L'accord conclu entre la France et l'Allemagne pour renforcer l'intégration budgétaire entre les Etats européens est "prometteur" et pourrait permettre d'éviter à certains Etats de la zone euro un abaissement de leur note de crédit, a déclaré mardi un responsable de Standard & Poor's.

Frank Gil, chargé des notations de la zone Europe chez S&P, a estimé que le sommet européen de vendredi pourrait être une réussite si les dirigeants européens démontraient qu'ils ont une réelle stratégie de relance de la croissance et de mutualisation des risques.

"Cela pourrait être au moins ce qu'on a déjà entendu de la part de la France et de l'Allemagne et qui a l'air prometteur: une transition vers une sorte de transfert budgétaire, de partage budgétaire", a -t-il déclaré à Reuters Insider.

Des propos qui font écho aux déclarations du jour de François Fillon : "d'une certaine façon, c'est un appel à une gouvernance politique et économique plus solide, et notre réponse est sans ambiguïté : c'est l'accord franco-allemand élaboré hier par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel".

Le contrepied de Fitch

Contrairement à Standard & Poor's, l'agence de notation Fitch a estimé mardi que les fondamentaux économiques de la France soutenaient sa note AAA malgré la crise. Bien que la capacité du pays à absorber d'autres chocs soit largement épuisée, a-t-elle prévenu.

Maria Malas-Mroueh, analyste principale de Fitch sur la France, s'exprimait au lendemain de la mise sous surveillance avec implication négative de 15 pays de la zone euro par Standard & Poor's, dont la France.

"Le gouvernement a pris des décisions importantes pour renforcer la crédiblité de ses plans de consolidation budgétaire et le statut AAA de la France reste soutenu par des fondamentaux solides malgré la crise dans la zone euro", a-t-elle dit à Reuters. "Mais la capacité à absorber des chocs supplémentaires, si la crise devait s'aggraver a largement été épuisée."

Le FESF également dans le collimateur

Un peu plus tôt dans la journée, S&P a annoncé avoir placé sous surveillance négative la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF). C'est une conséquence directe de sa décision de placer sous surveillance, lundi soir, les notes des principaux pays de la zone euro, France et Allemagne en tête.

Le FESF risque de voir sa note triple A rétrograder de un ou deux crans.

15 pays sous "surveillance négative"

Pour rappel, lundi soir, S&P a placé sous surveillance négative les notes qu'elle attribue à la dette à long terme de quinze pays de la zone euro, dont celles de l'Allemagne et de la France, les deux principaux contributeurs du FESF.

L'idée d'une éventuelle dégradation de la note de la France avait quelque peu fait son chemin ces dernières semaines, le sujet ayant agité notamment la primaire du parti socialiste et retrouvé un certain écho après l'envoi par erreur de S&P à une partie seulement de ses abonnés d'un message laissant à penser que cette note avait déjà été abaissée à la veille du week-end du 11 novembre.

La Tribune avait révélé, dans son édition du 29 novembre, que S&P allait placer l'Hexagone sous perspective négative "d'ici dix jours". François Fillon avait alors répondu : "La Tribune raconte n'importe quoi". Finalement, six jours seulement auront suffi...

Une annonce qui a suscité de très nombreuses réactions tout au long de la journée.

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latribune.fr, avec agences

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