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ÉconomieFrance

2011, annus horribilis de Nicolas Sarkozy... en attendant 2012

latribune.fr avec Reuters

Publié le 25 décembre 2011 à 12:37 - Mis à jour le 25 décembre 2011 à 12:45

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Les menaces sur la note souveraine de la France sur fond de dégradation des perspectives économiques achèvent de faire de 2011 une année terrible pour Nicolas Sarkozy, à quatre mois d'une élection qui devrait le voir briguer un second mandat.

Ponctuée par la crise de la zone euro, la récession annoncée, la montée du chômage, le basculement du Sénat à gauche et les "affaires" visant certains de ses proches, 2011 a aussi été l'année des renoncements et du détricotage de mesures phares du début de son mandat.

Le chef de l'Etat n'a eu que de rares moments de répit, comme la naissance de sa fille Giulia ou le succès de l'intervention, essentiellement franco-britannique, en soutien aux insurgés libyens qui ont renversé Mouammar Kadhafi.

Ce succès a fait oublier les tergiversations de Paris face aux révolutions en Tunisie et en Egypte, qui ont donné le coup d'envoi des "printemps arabes", la mort de trois otages français en Afrique ou les incertitudes du conflit afghan, qui a encore coûté la vie à 24 soldats français.

Autre consolation pour le chef de l'Etat en cette fin 2011: une relative embellie dans les sondages, même si, à ce stade, les perspectives de victoire en mai 2012 semblent faibles.

Beaucoup voient dans cette embellie l'effet d'un début de campagne chaotique de son adversaire socialiste, François Hollande, face auquel il cultive avec un certain succès l'image d'un "capitaine" à la barre du bateau France dans la tempête.

Alors que de nombreux élus de son camp s'interrogeaient encore cet été sur la capacité de leur champion à rebondir, le ministre des Affaires étrangères, jugeait récemment que l'espoir d'une réélection du président était "revenu".

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"Il y a trois mois, il faut bien le dire, le doute rongeait les coeurs", a souligné Alain Juppé.

RÉSIGNÉ À LA PERTE DU TRIPLE A ?

Nicolas Sarkozy avait promis de faire de 2011 une "année utile pour les Français" et de consolidation d'une sortie de crise à laquelle le gouvernement croyait encore en janvier.

Les marchés financiers en ont décidé autrement en plaçant la Grèce surendettée au bord du dépôt de bilan avant de s'attaquer à l'Irlande, au Portugal, à l'Espagne, à l'Italie et, au- delà, à la zone euro tout entière.

De conclaves avec la chancelière allemande Angela Merkel en sommets européens, Nicolas Sarkozy a bataillé pour éviter une contagion de cette crise de la dette souveraine qui mettrait la France en première ligne face aux marchés.

La conclusion aux forceps, le 9 décembre à Bruxelles, d'un accord de principe sur un traité à 26 -sans la Grande-Bretagne- a donné enfin corps au gouvernement économique de la zone euro qu'il appelait de ses voeux, mais au prix de concessions au rigorisme budgétaire de Berlin.

Les semaines à venir diront si cette nouvelle tentative européenne de juguler la crise réduira la pression des investisseurs. Mais, d'une certaine façon, le mal est déjà fait.

Du sommet du G20 les 3 et 4 novembre à Cannes, dont Nicolas Sarkozy voulait faire le clou de 2011, c'est le psychodrame avec l'ex-Premier ministre grec George Papandréou, contraint sans ménagement de renoncer à un projet de référendum susceptible de torpiller le sauvetage de son pays, qui reste dans les esprits.

Dans une interview au Monde, le président français a paru se résigner, le 12 décembre, à la perte du précieux triple A de la France, qu'il refusait d'envisager jusque-là et qui risque de se traduire par un renchérissement du coût de ses emprunts sur les marchés.

Le coup serait d'autant plus dur que le gouvernement a déjà épuisé dans une large mesure ses marges de manoeuvre.

ILLUSIONS PERDUES

Contraint d'abaisser ses prévisions de croissance pour 2012, il a dû annoncer deux plans d'austérité depuis août pour tenir ses objectifs de réduction des déficits publics.

Cela risque cependant de ne pas suffire, si les prévisions de l'Institut national de la statistique (Insee) annonçant une entrée en récession fin 2011-début 2012 se confirment.

Or un nouveau tour de vis risquerait de nuire encore à l'activité, reconnaissent les dirigeants français, qui ont déjà dû revenir sur l'engagement de ne pas augmenter les impôts au travers d'une série de mesures ciblées.

Autre promesse mise à mal, le chef de l'Etat a renoncé à lancer la réforme de la prise en charge de la dépendance, dont il voulait faire le dernier grand chantier du quinquennat.

Après s'y être longtemps refusé, il est aussi revenu, dans le cadre d'une réforme de la fiscalité du patrimoine, sur le "bouclier fiscal" limitant à 50% des revenus les impôts directs payés par un contribuable. Prise au tout début du quinquennat, la mesure était très contestée, jusque dans la majorité.

Les annonces de suppressions d'emplois se multiplient dans les banques ou de grands groupes emblématiques comme le constructeur automobile PSA et le géant du nucléaire Areva et contribuent aussi à offrir une toile de fond peu encourageante pour la campagne présidentielle.

Les difficultés d'Areva tiennent en bonne partie au ralentissement du marché de l'atome après la catastrophe de mars au Japon à la centrale de Fukushima, qui a relancé le débat sur l'énergie nucléaire, dont Nicolas Sarkozy reste le champion.

Le Brésil, les Emirats arabes unis et la Suisse ont pour leur part sonné le glas des faibles espoirs du chef de l'Etat de vendre à l'étranger des Rafale, fleuron maudit de l'industrie aéronautique militaire française, avant la fin de son mandat.

LE SYNDROME BADEN-BADEN

Sur le front intérieur, la sortie prématurée de la course à l'Elysée de Dominique Strauss- Kahn, un temps considéré comme son plus dangereux rival pour 2012 avant d'être balayé en mai par un scandale sexuel, n'a été qu'une éclaircie de courte durée.

L'année avait à peine commencé que le chef de l'Etat a dû se séparer de sa ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, au coeur d'une polémique sur des vacances familiales en Tunisie au début de la "révolution de Jasmin" qui a abouti à la chute du président Zine ben Ali.

Il touche alors le fond dans les sondages. "Il y a eu un moment de flottement, une ambiance à la Baden-Baden", se souvient un ministre en faisant allusion au séjour en Allemagne du fondateur de la Ve République, Charles de Gaulle, au plus fort de la révolte étudiante et des grèves de mai 1968.

Avec le remplacement de Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé, puis celui, à l'Economie, de Christine Lagarde, partie remplacer Dominique Strauss-Kahn au FMI, par François Baroin, Nicolas Sarkozy cherche désormais son salut chez les fidèles de son prédécesseur Jacques Chirac, jadis honni.

Au fil de remaniements à répétition, il a en revanche tourné la page de l'ouverture à gauche, marque de fabrique du début de son quinquennat: hormis le cas particulier du ministère de la Culture Frédéric Mitterrand, qui doit plus son label "ouverture" à son nom qu'à ses convictions, le ministre de l'Industrie, Eric Besson, transfuge du PS, est le dernier survivant de cette politique et n'a plus guère l'oreille du chef de l'Etat.

RETOUR À TOULON

Après les élections municipales de 2008 et les régionales de 2010, les cantonales de mars 2011 ont permis au PS de renforcer son emprise sur les exécutifs locaux et préparé l'arrivée en septembre d'une majorité de gauche inédite au Sénat.

Parallèlement, Nicolas Sarkozy a vu plusieurs de ses proches mis en cause dans des dossiers qui défrayent la chronique: une affaire de commissions sur la vente de sous-marins au Pakistan dans les années 1990 et les soupçons de financement politique occulte par l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt.

La justice s'est ainsi intéressée à divers titres à Nicolas Bazire, Thierry Gaubert et Brice Hortefeux, des amis de 20 ans ou plus, au juge Philippe Courroye, réputé proche du président, et à Frédéric Péchenard et Bernard Squarcini, ses hommes de confiance à la tête de la police et des renseignements.

Dans la foulée de la perte du Sénat, le succès médiatique des primaires socialistes a rendu inaudible pendant des semaines le chef de l'Etat et son parti, qui a paru de nouveau en proie aux dissensions internes.

Il a fallu l'aggravation de la crise de la zone euro, conjuguée aux premiers faux pas du PS et de son candidat, pour que le président, qui laisse désormais au Premier ministre François Fillon le soin d'annoncer les mauvaises nouvelles, retrouve des couleurs.

Une intervention télévisée lors de laquelle il fait la pédagogie de la crise mobilise 12 millions de spectateurs fin octobre. Nicolas Sarkozy poursuit sur sa lancée avec un discours sur le même thème à Toulon, où il avait déjà appelé en 2008 à une refondation du capitalisme.

Il a creusé depuis lors l'écart avec la candidate d'extrême droite Marine Le Pen dans les intentions de vote, écartant pour l'instant le spectre d'un "21 avril 2002 à l'envers" qui verrait la droite absente du second tour de la présidentielle.

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Il lui reste cependant à régler le "problème complexe", selon les mots d'un responsable UMP, de ce second tour pour lequel le rapport de force reste très largement favorable à François Hollande, dans une proportion de 56/44% en moyenne.

latribune.fr avec Reuters

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