Nicolas Sarkozy n'est pas Aimé Jacquet

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Par Eric Walther, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

"Ça va-t-être (sic) dur, les gars." Le 8 juillet 1998, dans les vestiaires du Stade de France, Aimé Jacquet met une volée à ses joueurs qui viennent de produire une première mi-temps inquiétante face à la Croatie. La suite est connue : Lilian Thuram inscrira deux buts venus d'ailleurs au cours de la deuxième période, l'humiliation du Brésil, le "Black Blanc Beur"... On sait Nicolas Sarkozy fan de football, on connaît sa capacité à mobiliser. Mais là...

A la différence de l'entraîneur des Bleus, le président-candidat va se retrouver sacrément démuni pour attaquer la dernière ligne droite de la campagne. Les sombres prévisions de l'Insee pour le premier semestre 2012 ne disent pas seulement l'impasse dans laquelle se trouvent notre économie, embarquée dans le cycle vicieux "déficits publics-rigueur-récession". Elles révèlent aussi l'incapacité criante des gouvernants à imaginer des alternatives à ces politiques à la petite semaine scandée par les surenchères d'agences de notation élues en 2011, à l'unanimité des plus grandes puissances, maîtresses du monde. Elles annoncent enfin des chiffres médiocres pour l'emploi.

Et ce n'est pas la signature de nouveaux traités européens au mois de mars qui va enthousiasmer les foules. Une mauvaise nouvelle pour les Français, une perspective inquiétante pour le débat politique : faute d'un bilan économique et social présentable, Nicolas Sarkozy est condamné à renfourcher ses vieux chevaux clivants (sécurité, justice, immigration...) pour exister. Un exercice dans lequel il excelle, mais qui n'enrichira pas la réflexion sur les perspectives à donner au pays, à l'Europe, au moment où ils en ont le plus besoin. Dans un tel marasme, pas sûr que le discours rigoriste d'un François Hollande, très en arrière de la main, soit audible. Et c'est dans ces circonstances que les extrêmes prolifèrent. Ça va-t-être (resic) décidément très dur.

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Commentaires
a écrit le 24/12/2011 à 14:37 :
Son prochain slogan sera "dites-moi ce que vous avez besoin, je vous dirais comment vous en passer".
a écrit le 19/12/2011 à 17:57 :
Pour sur et Sarkosy et l'UMP l'ont bien compris en faisant tout pour que les maires rendent difficile l'obtention des 500 signatures aux candidats de droite alternatifs. C'est un sale gosse gaté qui mérite sa punition
a écrit le 17/12/2011 à 14:07 :
je partage globalement votre analyse. Le bilan de Sarkosy est négatif, la conjoncture est bien sûr défavorable, mais ses choix n'ont fait qu'aggraver la situation. Il ne peut donc s' engager que sur des thèmes, déjà évoqués lors de sa précédente campagne, à savoir l'insécurité, l'immigration, thèmes classiques de la droite mais outre le fait qu'il n'est pas bon pour un président sortant de repartir en campagne sur les mêmes thèmes, il s'avère que là également il n'a pas été convaincant. Son champ d'action est par conséquent limité et fait particulièrement aggravant, ses erreurs manifestes de casting (fouquet's, yacht de Bolloré ...) sa personnalité "hors norme" pour rester correct, plombent encore un peu plus le président "en campagne, sans l'être". Hélas il y a tout lieu de penser que les prétendants à l'alternance n'offrent pas les garanties suffisantes pour espérer des jours meilleurs et le risque de se défouler en votant vers les extrêmes est bien réel. Je le déplore mais il est compréhensible. La médioctité ambiante conduit à des sentiments d'exaspération.
a écrit le 16/12/2011 à 19:01 :
ben alors riri t'aurais pu te raser avant de faire la photo

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