Le nombre de salariés qui voudraient travailler plus progresse
Jean-Christophe Chanut
Jean-Christophe Chanut
Comme chaque année, l'Insee publie une "photographie" du marché du travail très utile pour appréhender les diverses transformations et évolutions de la population active. Trait marquant de l'année 2010 : la progression du sous-emploi et du chômage. Certes, plus de six salariés sur sept (86,8%) bénéficient d'un contrat à durée indéterminée (CDI), alors que les contrats à durée déterminée (CDD) touchent 9,6% de la population, l'intérim 2,1% et l'apprentissage 1,5%. Mais sur les trois millions de salariés sous ces types de contrats, plus de la moitié (1,6 million) ont moins de 29 ans. Un fait notamment dû au développement de l'apprentissage, de 241.000 en 2003, le nombre d'apprentis est passé à 338.000 en 2010. Autre tendance de fond : le développement du temps partiel, choisi et surtout contraint. La proportion de personnes à temps partiel est ainsi passée de 16,5% en 2003 à 17,6% en 2010. Et, parmi cette population, près de 30% souhaiteraient travailler plus. Au total, en 2010, sur 25,7 millions de personnes ayant un emploi, 1,5 million - contre 1,2 million en 2008 - sont en situation de sous-emploi, c'est-à-dire qu' elles ont certes un emploi mais souhaitent travailler davantage. Et les femmes représentent plus des deux tiers de cette population.
Le chômage des cadres en progression rapide
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Le chômage aussi connaît quelques évolution structurelles. En moyenne, en 2010, 2,7 millions de personnes sont au chômage (au sens du Bureau international du travail), soit 9,4% de la population active. Et ce chômage touche plus durement les jeunes (22,9% des actifs de 15 à 24 ans), les ouvriers (13,5%) et les moins diplômés (15,3%). Avec respectivement 190.000 et 170.000 chômeurs supplémentaires depuis 2008, les ouvriers et les employés sont les deux catégories sociales qui ont le plus largement contribué à cette augmentation du chômage. Mais même les cadres ne sont pas à l'abri : c'est dans cette catégorie que le chômage a progressé le plus vite, passant de 130.000 en 2008 à 177.000 deux ans plus tard, soit une hausse de 36,6%. Par tranche d'âge, ce sont les plus de 50 ans qui paient le plus lourd tribu avec une progression du chômage de 36,7% du chômage en deux ans. Surtout, phénomène inquiétant, les chômeurs âgés de longue durée sont de plus en plus nombreux avec 53,6% qui recherchent un emploi depuis plus d'un an. Avec la dégradation de la croissance, la prochaine photographie du marché de l'emploi de l'Insee pour 2011 ne devrait pas, hélas, apporter de nouvelles plus positives.
Jean-Christophe Chanut