L'UMP pourra-t-elle survivre à la défaite ?

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La direction de l'UMP, Alain Juppé en tête, fera tout pour éviter un éclatement du grand parti de droite qu'il a contribué à créer en 2002. Mais si les législatives sont largement perdues, notamment à cause du FN, fortement présent au second tour, les tensions iront grandissantes, de même que la tentation de l'alliance avec l'extrême droite. Ce serait alors la fin de l'UMP

La défaite de Nicolas Sarkozy est annonciatrice de mouvements telluriques à droite, qui vont bouleverser pour de nombreuses années ce qui devrait être, théoriquement - à moins d'une victoire improbable de la droite aux législatives- la nouvelle opposition.
La guerre des chefs, pour la direction de l'UMP, est d'ores et déjà ouverte (cf l'article de Jean Christophe Chanut, la guerre des trois aura bien lieu..). Mais il faudra bien qu'elle se règle rapidement, le principal parti de droite devant se mettre en ordre de bataille dans la perspective des élections législatives des 10 et 17 juin.

Des législatives à haut risque pour l'UMP
Celles-ci s'annoncent à haut risque pour les 577 candidats en lice. Car, compte tenu du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle, les candidats du Front national accèderont dans beaucoup de cas au second tour des législatives, et aspireront ainsi une bonne partie de l'électorat sensé se tourner vers le candidat de droite au second tour. Pour accéder à ce second tour, les candidats devront obtenir un score correspondant à au moins 12,5% des électeurs inscrits. A combien de triangulaires peut-on s'attendre ? En théorie, compte tenu des résultats électoraux du 22 avril, le FN pourrait être présent dans près de 350 circonscriptions. Mais la participation aux législatives est toujours inférieure à celle constatée lors de l'élection présidentielle, et les facteurs locaux peuvent jouer, empêchant de nombreux candidats FN de se qualifier . Il faut donc donc plutôt s'attendre, selon les spécialistes, à un nombre de triangulaires compris entre 100 et 150. Ce qui est déjà considérable.
En 1997, quelque 70 triangulaires avaient largement contribué à faire chuter la droite aux élections législatives... C'est-à-dire l'ampleur du défi qui se présente à l'UMP, pour tenter de limiter la casse lors de ce scrutin de juin.
Il est peu probable que ces législatives soient l'occasion immédiate d'un éclatement de l'UMP, ardemment souhaité par Marine Le Pen, qui veut une recomposition de la droite autour d'elle. Ne serait-ce parce que la direction de l'UMP va tout faire pour éviter ce désastre immédiat. Mais la défaite attendue, largement due à la concurrence entre candidats FN et UMP va provoquer chez ces derniers des tensions et tentations d'alliance grandissante avec l'extrême droite. La droite populaire, ce « courant » de l'UMP favorable à une droitisation du parti fondé par Alain Juppé, sera le fer de lance de cette tendance.

Un grand parti à la droite de la droite
Celle-ci signifierait l'éclatement de l'UMP, ce parti fondé en 2002 notamment par Alain Juppé, regroupant ex RPR,  libéraux et centristes, car ces derniers ne pourront tolérer une telle alliance avec la droite extrême. Se profilerait alors un scénario à l'italienne, avec la constitution d'un grand parti à la droite de la droite, regroupant les ex UMP les plus à droite et le front national. Un parti que l'on peut imaginer largement eurosceptique, dans la filiation de l'ex RPR de la fin des années 70. Les projets de changement de nom du FN soutenus par Marine Le Pen s'inscrivent dans cette perspective : en Italie, le parti néo-fasciste MSI avait changé d'appellation au milieu des années 90, avant de faire alliance avec la droite dite traditionnelle.

Son président, Gianfranco Fini, avait alors pu entrer au gouvernement. Ce que souhaite, à coup sûr, Marine Le Pen, à la différence de son père. Les centristes, de leur côté, re-créeraient une UDF, et rassembleraient les pro-européens. Un tel scénario serait l'aboutissement de mouvements de fond parmi les élus, qui pourraient se dessiner, notamment, lors des scrutins électoraux tels que les municipales (2014) ou régionales (2016). Car la question des alliances se posera alors avec acuité, les candidats étant instruits par l'expérience des législatives de 2012.

 

 

 

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a écrit le 06/05/2012 à 22:07 :
Dés demain, je vais demander à mon Député d'organiser une réunion ''d'explications'',, comprendre que çà va ''chauffer''.
a écrit le 06/05/2012 à 21:43 :
Bon, il va falloir dans un premier temps que l'UMP change de nom. Je suggère en remplacement l'URJ (union des repris de justice) avec, bien entendu, Juppé comme leader :-)
Réponse de le 07/05/2012 à 4:55 :
Vous avez raison ! De l'EPAD à Copé en vacances chez Takkedine, trop de comportements scandaleux et peut-être pour certains délictueux. Quand on se fiche des citoyens, on finit toujours par le payer. Le phénomène de Cour et le mélange des genres n'ont jamais été aussi présent que lors de la présidence Sarkozy. Parler de l'effort et du travail, c'est bien mais il faut montrer l'exemple. Envisager de mettre son gosse de 20 ans à la tête du plus gros établissement public de France, c'est une honte, surtout quand on sait qu'il a mis 6 ans pour décrocher sa licence. Rachida la Rastignac, plus combative pour avoir un poste que pour défendre les intérêts de la France et des français... Etc. Etc. Il y a tellement d'exemples. Le poisson pourrit toujours par la tête..
a écrit le 06/05/2012 à 21:36 :
cantonale municipale régionale sénatoriale maintenant l'Elysée..l'UMP aura fait perdre à la droite toutes les élections...!!! il serait bon qu'une vraie droite s'organise je voterais pour un candidat Mariniste en Juin..!!!! il faut une vraie opposition a l'assemblée..!!!
Réponse de le 07/05/2012 à 10:41 :
Tout à fait d'accord !!!
Réponse de le 07/05/2012 à 10:42 :
d'ACCORD
a écrit le 06/05/2012 à 21:05 :
La défaite de NS est la victoire de marine !
Marien 2017 !
Et oui, déjà !
Réponse de le 09/05/2012 à 14:50 :
et grosse percée en 2012 ...comme les panzers dans la poche de Sedan en 1940 ...oups qu ai je dis:)
a écrit le 06/05/2012 à 20:57 :
L'UMP est la première responsable du dasastre de la France et de l'échec de sarkozy. In finé, l'UMP qui est un problème. Ce groupe UMP est constitué d'un fatras de carnassiers et de moutons. Les moutons à l'assemblée Nationale ont laissé les loups carnassiers de la direction de l'UMP et des gouvernaillons Fillon mordre les familles françaises qui sont presque toutes touchées par le désastre industriel et économique. Le problème c'est que se sont les Renards financiers voyous et du CAC 40 proche du pouvoir qui ont infecté la nourriture des familles française avec leur rage de cupidité. Les familles françaises vont bien devoir éradiquer les renards de la finance et du CAC 40, les loups de l'UMP et ENSUITE tondre les moutons UMP Nouveau Centremorin et Radicauxborloo de l'assemblée Nationale.
Réponse de le 09/05/2012 à 14:52 :
vous en faites pas le PS va faire pire je vous fiche mon billet que vous aller le regretter Sarko

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