Conférence sociale : le Medef fait monter la pression

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Mardi, Jean-Marc Ayrault rencontrera l'ensemble des partenaires sociaux pour préparer la conférence sociale prévue à la mi-juillet. Laurence Parisot, la présidente du Medef espère infléchir la position du gouvernement sur le dossier délicat des retraites.

Laurence Parisot donne le ton. A la veille de la rencontre mardi entre les partenaires sociaux et Jean-Marc Ayrault, la présidente du Medef met déjà en garde le Premier ministre sur les dangers pour les entreprises d'une réforme des retraites de grande ampleur. Selon la patronne des patrons, les mesures envisagées par le gouvernement qui permettraient d'accélérer le départ à la retraite des salariés ayant commencé à travailler tôt n'est pas « raisonnable»."Le mécanisme qui est à l'étude va au-delà de ce qu'avait envisagé François Hollande pendant sa campagne», a-t-elle déclaré dimanche lors du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI».

Un décret d'ici trois semaines

Le gouvernement souhaite publier d'ici trois semaines un décret permettant aux salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant 41 années de cotisation de partir à la retraite à l'âge de 60 an. Il étendra une possibilité de retraite anticipée réservée jusque là aux personnes ayant commencé à travailler à l'âge de 17 ans et moins. Cette mesure, dont le coût est estimé à 1 milliard d'euros par an, concernerait 100.000 personnes la première année. Pour financer cette mesure, le candidat Hollande avait annoncé une hausse de 0,1 point par an pendant le quinquennat des cotisations sociales salariales et patronales.

Le président de la République reste bien décidé à proposer cette mesure et ce mode de financement aux partenaires sociaux. Laurence Parisot s'inquiète en particulier des conséquences de cette décision sur la compétitivité des entreprises et sur les finances des régimes complémentaires de retraites des salariés (Arrco) et des cadres (Agirc). «Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu'un qui gagne environ 2.000 euros brut par mois. Ce n'est pas raisonnable du point de vue de l'équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables», a déclaré Laurence Parisot. De son côté, pour financer la mesure, la CGPME suggère d'augmenter le taux de CSG des retraités pour l'aligner sur celui des salariés. Les syndicats ne sont pas en reste sur ce dossier : ils souhaitent négocier avec Matignon pour que le périmètre de la réforme soit élargi aux périodes de chômage et de maladie.

Préparer la conférence sociale prévue à la mi-juillet

Cette série d'entretiens a été programmée pour préparer la grande "conférence sociale" prévue avant la mi-juillet dont les thèmes principaux seront l'emploi, les salaires, la formation professionnelle, les conditions de travail et les retraites. Lors de ces entretiens, Jean-Marc Ayrault sera entouré de Michel Sapin, le ministre du Travail, de Marisol Touraine aux Affaires sociales, de Marylise Lebranchu à la Fonction publique et et d'Arnaud Montebourg au Redressement productif. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, ouvrira la marche, suivi parJean-François Roubaud, le président de la CGPME, et de Bernard Van Craeynest, le président de la CGC. Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO sera reçu à midi. Les rencontres se poursuivront dans l'après-midi avec le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault , puis avec Philippe Louis, le président de la CFTC, Jean Lardin, celui de l'UPA. Laurence Parisot sera la dernière à être reçue à Matignon en fin d'après-midi.

Le Medef redoute une hausse de la fiscalité des plus aisés

Ce n'est pas le seul point de friction entre l'exécutif et le Medef. Sa présidente a réaffirmé son opposition à la taxation à 75 % des revenus à partir d'un million d'euros, redoutant que cet alourdissement de la fiscalité «n'isole la France» sur la scène internationale. Au total, la présidente du Medef a évalué à près de 22 milliards d'euros en net le coût des nouvelles charges sociales et fiscales qui pèseront sur les entreprises si le programme défendu par François Hollande est appliqué. «Cette fiscalité est intenable», a jugé Laurence Parisot qui mise beaucoup sur le dialogue prôné par François Hollande et son Premier ministre pour infléchir leurs positions. «Le gouvernement met l'accent sur la concertation. Nous pensons que nous pouvons le convaincre d'amender un certain nombre de choses», a-t-elle expliqué.

Enfin, revenant sur l'actualité et les menaces de plans sociaux, Laurence Parisot a affirmé «qu'il n'y a pas à l'heure actuelle plus de plans sociaux qu'il y a un an», rappelant toutefois les difficultés actuelles des entreprises, notamment les PME, qui souffrent «de tensions sur les délais de paiement, sur leur trésorerie et d'inquiétudes sur leurs carnets de commandes». Un calendrier précisant l'action du gouvernement sur ces dossiers permettraient sans doute de faciliter la concertation sur les sujets plus sensibles, comme les retraites. Parmi les mesures en faveur des entreprises envisagées par Matignon, on peut citer notamment la création de la banque publique d'investissement, la réduction des délais de paiement à 30 jours, la nomination d'un médiateur des marchés publics.

Tout ne se joue pas mardi

Les syndicats ont également des souhaits à formuler. La CGT et FO réclament une hausse progressive de l'ordre de 250 à 300 euros du Smic, une hausse du salaire minimum promise par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a promis un geste mais pas « de saut » pour ne pas pénaliser les PME. En revanche, le gouvernement réfléchit à plus long terme à une modification du calcul de la revalorisation du salaire minimum qui progresserait non pas seulement en fonction de l'inflation mais aussi de la croissance.

 

Cette première série de rencontres serait suivie d'une deuxième phase avec une réunion plénière de toutes les organisations afin de définir un accord de méthode - qui devrait être conclu début juin - et un calendrier pour la conférence sociale.

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Commentaires
a écrit le 19/06/2012 à 20:26 :
vont-ils enfin s'occuper de la retraite des polypensionnés ou ont-ils décidé de nous spolier jusqu'à notre mort ????
Reste-t-il encore un peu de solidarité dans ce pays ou bien est-ce le règne des seuls intérêts privés, des corporatismes aveugles, de l'autisme à l'égard de la souffrance des autres, des égocentrismes sans borne ????
a écrit le 31/05/2012 à 16:58 :
Et la Parisot elle va toucher combien de retraite ? Ce qui la désèsepère c'est que les ouvriers en touche une bien petite , ces représentants du patronnat qui reçoivent parachute dorés primes, comme à air France mais la pour Mme Parisot c'est tout à fait normal ! de qui se fout on ??
a écrit le 29/05/2012 à 16:29 :
Marrant : les banques prennent l'économie en otage en menaçant de ne plus prêter, et le patronat prend l'emploi en otage en menaçant de virer à tout-va. Et, chose amusante, le patronat se fera un plaisir de virer tout simplement à cause de la crise en cours... Il ne pourra pas faire autrement. Mais tout ce qui est grappillé maintenant et toujours bon à prendre... Vous dire la vision d' "avenir"...
a écrit le 29/05/2012 à 15:42 :
Contradiction : Comment concilier, comme le veut la gauche, l'augmentation des salaires non qualifiés, i.e. ceux dont la valeur ajoutée est la plus faible, et rentabilité des entreprises, raison de l'externalisation des lignes de fabrication à l'étranger, pour bénéficier d'une maind'oeuvre moins chère ? Mystères du socialisme. Et pendant ce temps là, le système éducatif, mamouth obèse, continue de fabriquer des crétins. Logique de gauche sans doute.
Réponse de le 31/05/2012 à 18:32 :
Mystères du socialisme, je crois que vous avez parfaitement résumé la situation.
Les PME et leurs gérants subissent déjà des charges insoutenables. Il faut se battre continuellement pour trouver des clients, les fidéliser, faire des efforts sur les prix pour rester dans la course... Les grands patrons et leurs parachutes, supprimons-les si on veut, de toute façon ça reste symbolique. Ceux qui font l'emploi, ce sont les patrons qui naviguent dans des strates normales et qui se battent pour maintenir leurs équipes. Revalorisation du SMIC, augmentation des cotisations ? Mais bien sûr. Ces technocrates à deux sous savent-ils seulement ce que ça implique ? On est pas près d'embaucher, quant à être compétitifs même pas en rêve. La clique socialiste fait franchement peur pour l'avenir.
a écrit le 29/05/2012 à 13:39 :
Il faudrait supprimer le salaire minimum et laisser chaque convention collective fixer une grille pour la rémunération et décider de l'âge du départ à la retraite suivant la pénibilité du poste occupé. Pour ce qui est du système d'imposition, un même taux pour tous le monde disons 10%, comme ça les hauts salaires resteraient en France et les actuels non imposables participeraient à l'effort national.
a écrit le 29/05/2012 à 11:46 :
Bravo Hollande, la France allait droit dans le mur avec Sarkosy, avec vous elle accélère ! L'agonie sera moins longue avant que les Français ne se révoltent.
a écrit le 29/05/2012 à 7:39 :
Étant donné l'inféodation proclamée des syndicats à la gauche et leur représentativité usurpée, il est permis de se demander en quoi les rencontres programmées avec le gouvernement peuvent être qualifiées de consultations sociales. Tout au plus s'agit-il de simulacres masquant le retour aux vieux démons de la lutte des classes auquel ses nostalgiques promettent le pays si par malheur le dernier rempart que constitue l'Assemblée nationale tombe aux mains de la gauche, avec l'aide d'une presse elle aussi acquise à la pensée unique.
Belle performance en tout cas, dans un pays ancré à droite dans une mesure que suffit à indiquer le score de Hollande qui fut, il est bon de le rappeler, inférieur à 30% du corps électoral.
Réponse de le 29/05/2012 à 11:45 :
sarko a fait encore moins de 30%!Alors où est la faille et vive la démagogie pour la démagogie!
a écrit le 28/05/2012 à 20:57 :
Lorsque les riches s'appauvrissent, les pauvres meurent!
Réponse de le 29/05/2012 à 8:04 :
Pas de soucis , le delta est tel que '' l espece '' n est pas menacée , !!!!!
et la pauvreté non plus d ailleurs ,
à Votre props , ajoutez que sans solidarite '' La société '' se meure
Réponse de le 29/05/2012 à 17:12 :
il me semble que nous souffrons de notre trop grande générosité, mal distribuée, et nos déficits publics sont là pour nous le rappeler. La France terre d'accueil sera bientôt un pays sous développé et nous allons perdre nos acquis sociaux. C'est un pays ingérable, gouverné par des fonctionnaires et des syndicats.
a écrit le 28/05/2012 à 18:01 :
moi je pense qu'il faut commencer par limiter les salaires à 30000euros/mois ainsi que limiter les patrimoines , il faut taxer
à 100% tout les patrimoines qui dépasse les 3 millions d euros . :) vla vla

http://www.youtube.com/watch?v=Yoi9eUZzgJ8
Réponse de le 28/05/2012 à 19:55 :
Et quand il n'y aura plus personne à plus de 3 M€, car ils auront quitté le pays, vous ferez quoi? Confisquer ce qui dépasse 2 M€? Puis 1 M€? Puis... euh... ah ben m...., il n'y a plus que des pauvres!
Réponse de le 28/05/2012 à 23:09 :
En clair, l'état confiscatoire quoi. une société ou l'on exclue l'ambition, et on condamne la réussite. en clair pourquoi bosser, plus pour gagner plus! assez déplorable comme vision, manque d'ambition et de volonté.
Réponse de le 29/05/2012 à 1:51 :
mais non : Spip et Jle, vous n'avez rien compris : Argent est exemplaire : il est riche , il a créé une entreprise en partant de rien, i a pris des risques, il a engagé tout ce qu'il avait, i sait qu'il n'a aucune garantie sociale en cas d'échec, mais il est près à tout donner pour le bien de la communauté nationale ! warf ! warf !
Réponse de le 29/05/2012 à 9:21 :
30000 euros par mois ce n'est pas mon cas et mon patrimoine ne dépasse pas les 3 millions d'euros et vous ????
Réponse de le 29/05/2012 à 14:07 :
Que les riches quittent la France, pourquoi pas. Votons alors un décret qui déchoit de la nationalité les grosses fortunes qui profitent des paradis fiscaux ET de toutes les richesses sociales et patrimoniales de la France. Ils y réfléchiront alors peut-être à 2 fois !!!
Réponse de le 29/05/2012 à 16:35 :
Les plus riches PEUVENT et DOIVENT partir. Cela sera au contraire bénéfique car il n'y aura plus de prise en otage par le pouvoir du prêteur de denier. Les initiatives personnelles entraînent alors une adhésion beaucoup plus forte et un effort général. Cela fait communiste, mais ça fonctionne très bien en association et SCOP. Bon, d'accord, il faut penser un peu à son pays et, surtout à soi, donc, aux autres. Ce qui est rare à notre époque...
Réponse de le 30/05/2012 à 13:26 :
si je quitte la France (je suis très loin d'être riche, mais j'ai envie de construire quelque chose pour mes enfants) je serais TRES heureux d'abandonner la nationalité française
a écrit le 28/05/2012 à 17:41 :
il faudra que le medef fasse enfin quelques concessions , sinon , il va y avoir des surprises ( 5 ans d'absence de vrai dialogue , c'est trop et c'est surtout insupportable). maintenant , la confiance aux syndicats est limitée , les non syndiqués nombreux leur feront savoir
Réponse de le 28/05/2012 à 18:01 :
Les syndicats ne représentent ni ne défendent le secteur privé. Leurs actions pour préserver les privilèges de la fonction publique, mettent en danger l'activité économique de la France;
Réponse de le 28/05/2012 à 18:39 :
Et le MEDEF il ne défend pas les privilèges de quelques-uns ?
Nos patrons veulent la flexibilité pour les salariés mais eux ne veulent jamais prendre de risques. Parachutes dorés, stock-options bidons (car garantis par des banques au moyen de produits financiers sur-mesure), retraite chapeau aux frais des salariés...
Le patronat français veut des bénéfices privatisés et des pertes nationalisées.
Réponse de le 28/05/2012 à 19:12 :
vous oubliez que les entreprises créent la richesse et l'emploi, et permettent aux fonctionnaires de vivre comme des pachas; nous vivons dans un grand village qui s'appelle le monde et la finance ne connait pas les frontières.
Réponse de le 28/05/2012 à 21:50 :
les entreprises créent l'emploi laisser moi rire une fois qu'ils ont fait leur bénéfices il licencie a tout va on est que des pions pour eux
Réponse de le 28/05/2012 à 22:46 :
où y-a-t-il 500 000 offres d'emplois non pourvus ???????
Réponse de le 29/05/2012 à 1:56 :
@José : "les entreprises créent l'emploi laisser moi rire" : non , c'est bien connu: ce sont les syndicalistes qui créent les emplois !
@Democratix : "eux ne veulent jamais prendre de risques" : ben c'est bien connu : les entrepreneurs ont la garantie de l'emploi, comme les fonctionnaires ! et pis ils ont un emploi protégé, comme les délégués syndicaux , et pis ils ne risquent pas les fonds qu'ils ont investis, c'est bien connu ! et pis si jamais ils ne réussissent pas, ils ont les indemnités chômage qui les attends !
Faudrais penser à remettre les pieds sur terre, vous deux !!!

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