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ÉconomieFrance

Conférence sociale : le Medef fait monter la pression

Fabien Piliu

Publié le 28 mai 2012 à 12:59 - Mis à jour le 28 mai 2012 à 13:22

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Mardi, Jean-Marc Ayrault rencontrera l'ensemble des partenaires sociaux pour préparer la conférence sociale prévue à la mi-juillet. Laurence Parisot, la présidente du Medef espère infléchir la position du gouvernement sur le dossier délicat des retraites.

Laurence Parisot donne le ton. A la veille de la rencontre mardi entre les partenaires sociaux et Jean-Marc Ayrault, la présidente du Medef met déjà en garde le Premier ministre sur les dangers pour les entreprises d'une réforme des retraites de grande ampleur. Selon la patronne des patrons, les mesures envisagées par le gouvernement qui permettraient d'accélérer le départ à la retraite des salariés ayant commencé à travailler tôt n'est pas « raisonnable»."Le mécanisme qui est à l'étude va au-delà de ce qu'avait envisagé François Hollande pendant sa campagne», a-t-elle déclaré dimanche lors du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI».

Un décret d'ici trois semaines

Le gouvernement souhaite publier d'ici trois semaines un décret permettant aux salariés ayant commencé à travailler à 18 ans et ayant 41 années de cotisation de partir à la retraite à l'âge de 60 an. Il étendra une possibilité de retraite anticipée réservée jusque là aux personnes ayant commencé à travailler à l'âge de 17 ans et moins. Cette mesure, dont le coût est estimé à 1 milliard d'euros par an, concernerait 100.000 personnes la première année. Pour financer cette mesure, le candidat Hollande avait annoncé une hausse de 0,1 point par an pendant le quinquennat des cotisations sociales salariales et patronales.

Le président de la République reste bien décidé à proposer cette mesure et ce mode de financement aux partenaires sociaux. Laurence Parisot s'inquiète en particulier des conséquences de cette décision sur la compétitivité des entreprises et sur les finances des régimes complémentaires de retraites des salariés (Arrco) et des cadres (Agirc). «Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu'un qui gagne environ 2.000 euros brut par mois. Ce n'est pas raisonnable du point de vue de l'équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables», a déclaré Laurence Parisot. De son côté, pour financer la mesure, la CGPME suggère d'augmenter le taux de CSG des retraités pour l'aligner sur celui des salariés. Les syndicats ne sont pas en reste sur ce dossier : ils souhaitent négocier avec Matignon pour que le périmètre de la réforme soit élargi aux périodes de chômage et de maladie.

Préparer la conférence sociale prévue à la mi-juillet

Cette série d'entretiens a été programmée pour préparer la grande "conférence sociale" prévue avant la mi-juillet dont les thèmes principaux seront l'emploi, les salaires, la formation professionnelle, les conditions de travail et les retraites. Lors de ces entretiens, Jean-Marc Ayrault sera entouré de Michel Sapin, le ministre du Travail, de Marisol Touraine aux Affaires sociales, de Marylise Lebranchu à la Fonction publique et et d'Arnaud Montebourg au Redressement productif. Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, ouvrira la marche, suivi parJean-François Roubaud, le président de la CGPME, et de Bernard Van Craeynest, le président de la CGC. Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de FO sera reçu à midi. Les rencontres se poursuivront dans l'après-midi avec le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault , puis avec Philippe Louis, le président de la CFTC, Jean Lardin, celui de l'UPA. Laurence Parisot sera la dernière à être reçue à Matignon en fin d'après-midi.

Le Medef redoute une hausse de la fiscalité des plus aisés

Ce n'est pas le seul point de friction entre l'exécutif et le Medef. Sa présidente a réaffirmé son opposition à la taxation à 75 % des revenus à partir d'un million d'euros, redoutant que cet alourdissement de la fiscalité «n'isole la France» sur la scène internationale. Au total, la présidente du Medef a évalué à près de 22 milliards d'euros en net le coût des nouvelles charges sociales et fiscales qui pèseront sur les entreprises si le programme défendu par François Hollande est appliqué. «Cette fiscalité est intenable», a jugé Laurence Parisot qui mise beaucoup sur le dialogue prôné par François Hollande et son Premier ministre pour infléchir leurs positions. «Le gouvernement met l'accent sur la concertation. Nous pensons que nous pouvons le convaincre d'amender un certain nombre de choses», a-t-elle expliqué.

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Enfin, revenant sur l'actualité et les menaces de plans sociaux, Laurence Parisot a affirmé «qu'il n'y a pas à l'heure actuelle plus de plans sociaux qu'il y a un an», rappelant toutefois les difficultés actuelles des entreprises, notamment les PME, qui souffrent «de tensions sur les délais de paiement, sur leur trésorerie et d'inquiétudes sur leurs carnets de commandes». Un calendrier précisant l'action du gouvernement sur ces dossiers permettraient sans doute de faciliter la concertation sur les sujets plus sensibles, comme les retraites. Parmi les mesures en faveur des entreprises envisagées par Matignon, on peut citer notamment la création de la banque publique d'investissement, la réduction des délais de paiement à 30 jours, la nomination d'un médiateur des marchés publics.

Tout ne se joue pas mardi

Les syndicats ont également des souhaits à formuler. La CGT et FO réclament une hausse progressive de l'ordre de 250 à 300 euros du Smic, une hausse du salaire minimum promise par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a promis un geste mais pas « de saut » pour ne pas pénaliser les PME. En revanche, le gouvernement réfléchit à plus long terme à une modification du calcul de la revalorisation du salaire minimum qui progresserait non pas seulement en fonction de l'inflation mais aussi de la croissance.

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Cette première série de rencontres serait suivie d'une deuxième phase avec une réunion plénière de toutes les organisations afin de définir un accord de méthode - qui devrait être conclu début juin - et un calendrier pour la conférence sociale.

Fabien Piliu

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