Emploi : la CGT et Bercy seraient loin du compte
Fabien Piliu
Fabien Piliu
C'est le chiffre du moment, celui qui fait peur aux Français. Selon les estimations de la CGT, 45.000 postes seraient menacés dans les prochaines semaines, dans le cadre de plans sociaux. Un chiffre que le ministre du Travail, Michel Sapin a validé, tout comme le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg.
Le Comité interministériel de restructuration industrielle, chargé d'examiner les cas des entreprises de plus de 400 salariés, « connaît son plus important pic d'activité depuis la crise de 2008 », explique ce dernier dans un entretien accordé au Monde.
Problème de lisibilité
« Pourtant, bien qu'il soit impressionnant, ce chiffre de 45.000 destructions de postes ne témoigne pas fidèlement de la fragilité de nos entreprises, en particulier des TPE et des PME. Nous sommes loin du compte », estime Jean-François Roubaud, le président de la CGPME. « Si les carnets de commandes ne se regarnissent pas rapidement, si les chefs d'entreprises n'ont pas plus de lisibilité sur leur environnement fiscal et réglementaire, la situation peut devenir très problématique », poursuit-il.
Petit rappel, l'Insee a maintenu en mars sa prévision pessimiste de 61.000 destructions d'emplois au cours du seul premier semestre 2012. L'Institut prévoit une aggravation du chômage au premier semestre avec 9,7% en France métropolitaine. Il s'élève à 9,3% actuellement. Si l'économie française a surpris les économistes en créant 10.200 emplois au premier trimestre, il est nécessaire de rappeler qu'elle en avait détruit 31.500 au troisième trimestre 2011 et 22.600 lors du trimestre suivant. De son côté, l'Unedic anticipe 74.100 destructions nettes de postes cette année. L'économie française avait créée 79.300 emplois en 2011. Enfin, si les licenciements consécutifs aux plans sociaux représentaient 12% des destructions de postes en 2009, ils ne représentaient que 6% de celles-ci en 2011.
Reprendre les recettes de 2008-2009
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Pour éviter le pire, la CGPME plaide notamment pour la reconduction d'un dispositif qui fut en vigueur durant la crise de 2008-2009 : la transformation de découverts bancaires en dettes de moyen terme garanties en partie par Oseo. « Cette mesure a permis à de très nombreuses entreprises de ne pas sombrer pour de simples problèmes de trésorerie. Or, en raison d'un allongement des délais de paiement par les clients privés et publics, les TPE et les PME ont vu leur trésorerie fondre. Avec une enveloppe modeste d'une cinquantaine de millions d'euros, on pourrait sauver des centaines d'entreprises et des milliers d'emplois », avance Jean-François Roubaud qui, pour financer ce dispositif, suggère de piocher dans l'enveloppe du 'grand emprunt' qui n'a pas encore été dépensée. « Sauver les entreprises vivantes aujourd'hui, n'est-ce pas investir dans l'avenir », s'interroge-t-il ?
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Fabien Piliu
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