Abstention : Hollande à la recherche d'une solution

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Le chef de l'Etat consultera les partis en vue d'une réforme institutionnelle, notamment du scrutin législatif. Les solutions simples, telles que le couplage du vote présidentielle-législatives, n'apparaissent pas à la hauteur du problème. Le mal est plus profond.

François Hollande lui-même avoue sa perplexité. L'abstention record lors du premier tour de ces élections législatives (42,7%) pose problème. C'est l'un des sujets qu'il abordera à l'automne avec les représentants des différents partis, qu'il a l'intention de consulter sur une réforme des institutions. Celle-ci portera sur la présidentielle, le financement des partis... mais d'abord sur les législatives et leur calendrier. Le chef de l'Etat n'a pas de solution clés en main, c'est le moins que l'on puisse dire.  « C'est très difficile à mener après une présidentielle, une campagne législative. Ça revient toujours à la même question : cohérence ou cohabitation ? » estimait-on dimanche soir, dans l'entourage du chef de l'Etat.

Pas de solution évidente
« Certains disent qu'il faut voter (pour les législatives) en même temps que l'élection présidentielle, mais c'est compliqué parce que pour l'élection présidentielle, il y a quinze jours entre les deux tours », également fait-on remarquer également à l'Élysée. « D'autres disent qu'il faudrait les faire avant, mais à ce moment-là on change le calendrier électoral. Il n'y a pas de solution d'évidence, donc il y aura une réflexion là-dessus.»
La perplexité du chef de l'Etat n'a d'égale que celle des experts constitutionnalistes. Faut-il coupler élections présidentielles et législatives, qui auraient lieu le même jour, comme le suggèrent fortement les Verts, aujourd'hui, après d'autres (la député UMP Marie-Jo Zimmermann avait déposé une proposition de loi en ce sens, et le comité Balladur chargé de réfléchir aux institutions avait proposé en 2008 un rapprochement des deux scrutins) ? A priori, c'est une solution simple, qui permettrait de limiter l'abstention. Les électeurs n'auraient plus à se déplacer quatre fois les années de présidentielle et législatives. Leur mobilisation, confirmée cette année, en faveur de la présidentielle, profiterait au scrutin législatif.

Un choix des candidats qui apparaît opaque
Peut-être... mais le dossier apparaît plus complexe. Ce sont les élections législatives en tant que telles qui apparaissent déclassées. Ce n'est pas seulement une question de déplacement supplémentaire des électeurs, deux dimanches consécutifs, au bureau de vote.
« D'abord, il y a le choix de ces candidats, qui apparaît particulièrement opaque aux yeux des électeurs » analyse Luc Rouban, chercheur au Cevipof. « Ensuite, il existe toujours une grande incertitude, source de confusion, entre le poids des enjeux locaux et/ou nationaux. Enfin, il y a distorsion entre l'importance des partis et leur représentation à l'Assemblée nationale. Le meilleur exemple en est les Verts, qui obtiennent un accord avec le PS sur plus de 60 candidatures, alors qu'Eva Joly n'a récolté que 2% des suffrages à la présidentielle... Cette question des alliances est fondamentale, elle brouille la perception des électeurs, dont la confiance dans le personnel politique ne cesse de baisser».

Risque de multiplication des parachutages
Les réformes envisagées, telles que le couplage du vote, qui conduirait à institutionnaliser la faiblesse ou le non cumul des mandats accentueraient la coupure entre les circonscriptions et leurs élus. « Le risque est grand, si l'on supprime le cumul, de voir se multiplier les parachutages, et donc le sentiment existant d'une opacité, pour ne pas dire plus, dans le choix des candidats » souligne Luc Rouban. « Car la longévité en politique est directement liée à l'ancrage territorial", lequel tient bien sûr à la possibilité d'être à la fois maire et député, par exemple. D'un point de vue sociologique, le risque existe en outre de voir alors se creuser l'écart entre un parlement composé d'apparatchiks, d'un niveau de plus en plus... moyen,  en regard d'un exécutif peuplé d'énarques parmi les plus brillants. Ce n'est pas demain que l'Assemblée nationale aura le poids, la capacité de contre pouvoir, de ses homologues britannique ou américaine.
 

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a écrit le 12/06/2012 à 19:03 :
une entreprise qui perd 40% de parts de marchés licencie, donc oui à un plan social afin de diminuer le nombre de députés et sénateurs (beaucoup trop nombreux) et baisse des salaires. Et surtout interdire les alliances, ces négociations sur le dos des électeurs, où certains choisissent pour eux quel candidat doit se présenter, donc plus la peine de voter si on a déjà choisi pour l'électeur !!! vaste fumisterie, ces élections n'ont plus grand chose à voir avec la démocratie
a écrit le 12/06/2012 à 17:35 :
pour éviter l'absention il faut que le députés soit l'élu du peuple et non l'elu du parti comme nous le voyons à la rochelle AUCUN PARACHUTAGE NE DEVRAIT étre admis
a écrit le 12/06/2012 à 13:52 :
Etablir un caractère obligatoire au vote en sanctionnant par exemple, 3 non participations par une radiation nécessitant une réinscription e au bout de 2 radiations une suppression de droits et bénéfices sociaux ... Coupler les législatives aux présidentielles avec une assemblée renouvelable par moitié tous les 2,5 ans ce qui permettrait de sanctionner un président inéfficace.
a écrit le 12/06/2012 à 12:23 :
le taux d'abstention est le révélateur du pb engendré par le couplage de la présidentielle avec les législatives du fait de la durée commune du mandat: 5 ans. le pb n'était pas le même lorsque les durées étaient différentes: 5 et 7 ans. Il faudrait rompre cette égalité mandat du Président plus long (revenir au 7 ans? ) ou plus court (4 ans comme aux states?) et avoir des élections législatives intermédiaires qui mettraient la pression. le pb est qu'avec un tel système le citoyen aurait le sentiment d'être en perpétuelle élection.
a écrit le 12/06/2012 à 10:32 :
Ces élections se sont transformées en "Manne financière", d?où l'explosion du nombre de candidats. Les électeurs ne sont pas dupes donc peu motivés.
Mais surtout, notre Ex porte une lourde responsabilité en ayant transformé le Parlement en "Chambres de Godillots".
Diminuez leur nombre, Députes et Sénateurs compris, rendez leurs avantages acceptables par tous, et rendez-leur la fonction qu'ils n'auraient jamais dû perdre.
Réponse de le 12/06/2012 à 11:08 :
je suis encore plus stressé qu'avant... Il faut regarder les choses en face, le monde va mal. L'argent domine le monde et c'est très négatif car il n'y a plus de valeur humaine. Je pense qu'inconsciemment les gens le ressentent et c'est pour cela qu'ils en ont mares de toutes cette politique
Réponse de le 12/06/2012 à 11:08 :
je suis encore plus stressé qu'avant... Il faut regarder les choses en face, le monde va mal. L'argent domine le monde et c'est très négatif car il n'y a plus de valeur humaine. Je pense qu'inconsciemment les gens le ressentent et c'est pour cela qu'ils en ont mares de toutes cette politique
a écrit le 12/06/2012 à 9:52 :
Notre représentation nationale est bien imparfaite .Je viens de lire par ailleurs que le PC fait pression pour obtenir un groupe en demandant que le seuil soit abaisser de 15 à 10 Pour quelle raison sinon financière ? Alors que le FN n'aura certainement pas d'élu ? quant au psycho drame de la Rochelle où il faut sauver Ségolène en raison de son titre d'ancienne candidate et de mme ex et pour lui assurer un revenu ou une rente et là nous en revenons à l'ancien régime , celui d'avant le 4 aout .......
a écrit le 12/06/2012 à 9:13 :

Pas de souci l UMP jardine dans le camp du front national....et meprise son electorat avant d exploser ...questions a se poser pour les soit disant representant du peuple!!!!!!
a écrit le 12/06/2012 à 9:05 :
Député une jolie rente, la plupart d'entres eux ont une autre activité. C'est bien la preuve qu'ils ne font pas grand chose ou qu'il n'y a pas grand chose à faire. Vu l'état du pays s'ils servaient la population cela se saurait. Ce que je sais c'est qu'ils ne valent pas ce qu'ils cous coûtent. Quand à leur connaissance des dossiers j'en parle même pas.
a écrit le 12/06/2012 à 8:38 :
Il se croit encore premier secretaire du PS, c'est atterrant
a écrit le 12/06/2012 à 7:53 :
Une vraie évolution institutionnelle serait le respect de l'électeur et de la Constitution: "révision" des listes électorales, baisse drastique des coûts locaux et nationaux....
a écrit le 12/06/2012 à 7:53 :
Une vraie évolution institutionnelle serait le respect de l'électeur et de la Constitution: "révision" des listes électorales, baisse drastique des coûts locaux et nationaux....
a écrit le 12/06/2012 à 5:24 :
Il n'y a aucune démocratie à n'avoir le choix qu'entre l'ump et le ps....
a écrit le 12/06/2012 à 5:13 :
Et pourquoi pas le vote où on veut? Je m'explique, session de vote allongée sur trois jours et dans n'importe quel lieu de vote souhaité. Un vote électronique permet de mettre mon vote dans la zone géographique qui me correspond sans contrainte de déplacement (non lié où j'ai voté physiquement). Ensuite vote ouvert en journée de travail pour voter dans la commune où je travaille.

Autre mesure, coupler le vote à un avantage fiscal réduit mais intéressant. Si je vote je déduis 50 Euro de mes impôts.
Réponse de le 12/06/2012 à 10:19 :
puis quoi encore? payer les gens pour aller voter? tu vas pas bien!
Je te rappel que c'est un devoir de voter, si les gens ne veulent pas le faire, on les obligent a rien mais alors qu'ils ne viennent pas ce pleindre de la politique! c'est tout
Réponse de le 12/06/2012 à 10:19 :
puis quoi encore? payer les gens pour aller voter? tu vas pas bien!
Je te rappel que c'est un devoir de voter, si les gens ne veulent pas le faire, on les obligent a rien mais alors qu'ils ne viennent pas ce pleindre de la politique! c'est tout
Réponse de le 12/06/2012 à 10:19 :
puis quoi encore? payer les gens pour aller voter? tu vas pas bien!
Je te rappel que c'est un devoir de voter, si les gens ne veulent pas le faire, on les obligent a rien mais alors qu'ils ne viennent pas ce pleindre de la politique! c'est tout
Réponse de le 12/06/2012 à 10:25 :
Et pourquoi pas 500 ? ? Il existe une autre solution: Vote obligatoire et en cas d'abstention 50 ? d'amende. Pourquoi toujours vider les caisse de l'état quand on peut les remplir ?
Réponse de le 12/06/2012 à 19:32 :
Et le reste de la proposition?
a écrit le 12/06/2012 à 0:45 :
Prendre conscience d'un problème, c'est un bon début.
Demander aux "partis" diagnostic et propositions, c'est Nul
Et poser la question aux citoyens- électeurs, c'est au dessus de leurs forces?
Indécrotables...
a écrit le 11/06/2012 à 22:48 :
Cette élection n'est pas représentative de la réalité et donc pas démocratique (par exemple le FN qui a eu 18% à la présidentielle aura bien moins de représentants que EELV qui a eu 2% !). Ce n'est donc pas un problème de calendrier mais de représentativité. Bien évidemment, les leaders actuels se contentent fort aisément de ceci car ce système les avantage. Tout est donc à revoir pour que la politique redevienne crédible.
Réponse de le 12/06/2012 à 15:41 :
Tout à fait d'accord.
a écrit le 11/06/2012 à 22:45 :
Les magouilles politiciennes ne changeront rien au fait que l'offre politique de droite ou de gauche se limite aux diverses nuances du collectivisme. Plus de 50% des Français refusent désormais de cautionner cette parodie de démocratie. Les faux élus, président ou députés, ont raison de s'inquiéter vivement de leur illégitimité. Ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas.
a écrit le 11/06/2012 à 22:35 :
Pour pondre des taxes nouvelles et des fonctionnaires plus vite qu'une poule ses oeufs, les énarques sont indubitablement brillants. Pour produire de la richesse, entreprendre, investir, innover, c'est déjà moins sûr.
a écrit le 11/06/2012 à 20:58 :
C'est vrai, quand quelque chose ne marche pas on demande les solutions à ceux qui sont responsables du fait que ça ne marche justement pas...
Et le peuple, celui qui est concerné en premier lieu, vous comptez lui demander quand? Quand il devra payer pour une réforme de plus qui le forcera à choisir malgré lui entre deux candidats issus du système des partis et qui ne le représente pas, histoire de pouvoir financer les candidats en question au maximum de ce qu'autorise la loi?
a écrit le 11/06/2012 à 20:35 :
sont tres bien ainsi , cela permet de voir venir deja tout ce qui est mauvais ds les decisions prises par le gouvernement : il faut penser a ça !!!!

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