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ÉconomieFrance

Le contrat d'avenir démarre...doucement

Jean-Christophe Chanut

Publié le 25 janvier 2013 à 13:43 - Mis à jour le 25 janvier 2013 à 13:59

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L'une des armes anti chômage du gouvernement, le contrat d'avenir, est encore en phase de rodage. D'après le ministère du Travail, environ 4.000 contrats d'avenir auraient déjà été conclus. Il faudrait un rythme de 8.500 signatures mensuelles environ, pour parvenir à l'objectif de 100.000 contrats d'avenir cette année. Localement, le dispositif monte en puissance.

« On est pas loin des 4.000 ». C'est le nombre de contrats d'avenir déjà conclus avancé ce vendredi 25 janvier par le ministre du Travail, Michel Sapin, sur Europe 1. Or, le gouvernement table sur la conclusion de 100.000 contrats de ce type cette année et encore 50.000 l'année prochaine. Au même titre que l'accord du 11 janvier sur la réforme du marché du travail et le contrat de génération, le contrat d'avenir est l'une des « armes » sur laquelle compte l'exécutif pour freiner la hausse du chômage. Le contrat d'avenir est essentiellement destiné aux jeunes de moins de 26 ans sans qualification exclus du marché du travail. D'une durée de trois ans, il est surtout prévu dans le secteur non marchand (associations, collectivité locales, etc.) pour « des activités d'avenir ou dont l'utilité sociale est avérée », l'Etat prenant en charge 75% de la rémunération à hauteur du Smic.

Un rythme d'environ 8.500 signatures par mois

Votée fin 2012, la loi instituant le contrat d'avenir est maintenant entrée en application. Pour parvenir à en conclure 100.000 cette année, il faudrait parvenir à un rythme d'environ 8.500 signatures par mois. On n'y est pas encore. D'abord, il a fallu bâtir le dispositif au niveau local en mobilisant les missions locales et les maisons de l'emploi. C'est à elles, avec l'appui des collectivités territoriales, de repérer et sélectionner les jeunes les plus spécifiquement visés par la mesure. Une tâche ardue, puisqu'il s'agit justement de s'adresser aux jeunes les plus éloignés de l'emploi. « Les associations sont plus enclines à recruter des jeunes en Bac+5, alors que moi je vise les Bac - 4 » aime à répéter le ministre du Travail, Michel Sapin.

Ce ciblage des publics les plus difficiles pose d'ailleurs quelques problèmes concrets sur le terrain. Comme ce responsable de club sportif qui reconnaît être intéressé par la mesure « mais si je dois mobiliser un adulte pour coacher toute la journée un jeune sans aucune qualification, voire désocialisé, alors ce n'est pas très rentable ». Ensuite, il est nécessaire de bâtir des parcours de formation puisque les publics sélectionnés ont vocation à apprendre un métier leur permettant d'intégrer le secteur marchand à l'issue de leur contrat de trois ans. Là aussi, il faut attendre que l'ingénierie sociale, émanant notamment des régions, trouve ses réglages.


Le précédent des emplois jeunes de Lionel Jospin

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Au ministère du Travail, on se montre tout à fait confiant. « Pas question de faire artificiellement du chiffre en proposant le contrat aux publics les plus faciles », déclare ce proche de Michel Sapin. « Nous tiendrons notre ligne : réserver la mesure aux plus éloignés du marché de l'emploi ». Et le même de faire remarquer qu'en 1998, lors du lancement des emplois jeunes de Lionel Jospin et Martine Aubry : « ça avait été exactement la même chose. Le début a été lent, puis le dispositif a pris sa vitesse de croisière ». De fait, entre 1998 et 2002, 310.000 jeunes de moins de 26 ans avaient bénéficié de la mesure...
Une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que « avec les effets d'aubaine et de substitution dans le secteur marchand assez faibles, les 100.000 emplois d'avenir permettraient la création de 80.000 emplois » Et d'ajouter que le « coût annuel ex ante sur les finances publiques des 100.000 emplois d'avenir dans le secteur non marchand serait de 0,12 point de PIB mais de seulement 0,07 point de PIB ex post en raison du supplément de revenu et donc de recettes fiscales et sociales générées par les emplois créés".

Jean-Christophe Chanut

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