"Les régions vont accompagner les jeunes dans les emplois d'avenir"

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Jean-Paul Denanot, Président de la région Limousin, vice-président de l'Association des Régions de France en charge de la formation professionnelle; Copyright Reuters
Jean-Paul Denanot, Président de la région Limousin, vice-président de l'Association des Régions de France en charge de la formation professionnelle; Copyright Reuters (Crédits : DR)
<b>INTERVIEW - </b>Le premier ministre Jean-Marc Ayrault va signer ce 30 octobre les premières conventions destinées à créer des emplois d'avenir. Un contrat de trois ans conclu dans le secteur non marchand à destination des publics les plus défavorisés. Cet emploi doit s'accompagner d'une formation pour que, à son issue, le jeune trouve un emploi dans le secteur marchand, notamment sur les métiers en tension. Entretien avec Jean-Paul Denanot, président de la région Limousin et vice-président de l'Association des régions de France en charge de la formation professionnelle.

Emplois d'avenir, c'est parti. Cet après-midi du mardi 30 octobre, le premier ministre va officiellement signer les premières conventions d'emplois d'avenir, lors d'une cérémonie à Matignon réunissant des représentants des collectivités locales, des dirigeants de grandes entreprises nationales et d'associations. Promue par Martine Aubry, alors première secrétaire du PS, l'idée des contrats d'avenir avait été reprise par le candidat François Hollande. Instrument de lutte contre le chômage, ces contrats d'avenir sont destinés à des jeunes peu ou pas qualifiés issus de zones défavorisées. Il s'agit de contrats de trois ans, essentiellement conclus dans le secteur non marchand (association, collectivités locales, etc). La rémunération (à hauteur du Smic) est prise en charge pour 75% par l'Etat. Une formation doit être assurée aux jeunes afin de leur permettre, à l'issue du contrat, d'intégrer le secteur marchand, notamment sur des métiers en tension. Le gouvernement table sur 100.000 emplois d'avenir dès 2013 et 150.000 à partir de 2014. Entretien avec Jean-Paul Denanot, président de la région Limousin et vice-président de l'association des régions de France (ARF) en charge de la formation professionnelle.

La Tribune - En quoi va consister le rôle des Régions dans le lancement des emplois d'avenir?

Jean-Paul Denanot - Non seulement les Régions vont recruter des emplois d'avenir, essentiellement sur des postes de techniciens de services. Cela ira de quelques dizaines pour certaines régions à quelques centaines pour d'autres. Mais, l'implication des régions consistera surtout dans l'accompagnement des jeunes avant, pendant et après l'emploi d'avenir, grâce à leur savoir-faire en matière de formation professionnelle.

Dans le détail, cet accompagnement consistera en quoi?

En amont, avec l'aide des Missions locales, les régions vont aider à identifier les jeunes ayant le plus besoin d'être aidés: apprentis qui décrochent, jeunes quasi illettrés, etc. de manière à ne pas faire concurrence aux formations en alternance existantes. Il s'agira aussi de détecter les filières et les métiers porteurs susceptibles d'accueillir des emplois d'avenir. Pendant l'exécution de leur contrat, les régions vont accompagner ces jeunes en mettant en place une ingénierie de formation très souple pour qu'ils acquièrent une qualification. Les Régions vont aussi aider les associations qui recruteront des jeunes en apportant les 25% complémentaires de la rémunération non pris en charge par l'Etat. Enfin, à la fin du contrat, les régions aideront aussi les jeunes à obtenir un CAP puis à les orienter vers des emplois durables dans le secteur marchand, notamment sur les métiers en tension. En cas d'échec, les Régions tenteront de continuer à prendre en charge les jeunes dans un parcours de formation complémentaire.

Quel est votre budget?

Il est difficile de répondre à cette question, car les jeunes en emploi d'avenir vont en fait intégrer des dispositifs de formation existants. On va mobiliser, pour eux, des moyens qui ne sont actuellement pas toujours utilisés. Globalement, les régions consacrent chaque année plus de 5 milliards d'euros à la formation professionnelle.

Quels sont vos objectifs quantitatifs à court terme?

Au regard de l'urgence sociale, et de l'accroissement du chômage, notamment celui des jeunes, nous devrions parvenir à signer plusieurs dizaines de milliers d'emplois d'avenir avant Noël.
 

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Commentaires
a écrit le 02/11/2012 à 8:32 :
en milieu hospitalier j'ai connu les ces ,les tuc etc etc à chaque fois effet d'aubaine ils remplacaient des postes donc résultat des impots rien au bout

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