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ÉconomieFrance

François Hollande : 13 mesures chocs pour rebondir (2/4)

Ivan Best, Romaric Godin, Philippe Mabille, Fabien Piliu, Mathias Thépot

Publié le 06 mai 2013 à 07:44

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Le chef de l'État a affronté ce dimanche 5 mai la colère de la gauche qui l'a porté au pouvoir le 6 mai 2012. Un an après, le président voit son autorité contestée et sa capacité à sortir la France de la crise est mise en doute. François Hollande veut reprendre l'offensive pour relancer son quinquennat. Pour sortir du labyrinthe de la crise, La Tribune liste 13 mesures chocs qui pourraient donner un nouveau souffle à la croissance. Dans cette deuxième partie : un nouvel acte de compétivité, un choc...

1./ Sortir de l'austérité... sans renoncer au sérieux
François Hollande est pris depuis le 6 mai 2012 dans le piège de la crise de l'euro. Il a essayé de s'en extraire, par une « tension amicale » avec Angela Merkel, mais a fini par se plier aux exigences des temps en donnant la priorité au redressement des comptes publics, au nom de la souveraineté et de l'indépendance financière du pays. Avec un effet positif indéniable : malgré la perte du triple A, la France, sous surveillance négative des agences de notation, n'a jamais emprunté à des taux aussi faibles, signe que sa signature reste de qualité « quasi allemande » pour les investisseurs étrangers. Mais ce succès est réversible. La politique du « désendettement compétitif » bute sur le manque de croissance. Le « choc fiscal » de 2012-2013 a plongé la France au bord de la récession. Après deux années de croissance zéro, les appels se multiplient pour que le chef de l'État desserre l'étau et change radicalement de politique économique. Ce ne sera pas le cas. Le nouveau programme pluriannuel de finances publiques pour les années 2013-2017 presenté au Parlement redonne néanmoins un peu d'oxygène à la France, puisqu'il prévoit le report d'un an, à fin 2014, du retour du déficit public sous les 3%. Et la commission de Bruxelles, par la voix d'Olli Rehn, vient même d'accorder une année supplémentaire à Francois Hollande, considérant que les hypothèses de croissance officielles de Paris ne sont pas très crédibles. La France aurait donc deux ans, jusq'en 2015 pour revenir sous les 3% ! En cela, on peut dire que la France mène déjà la fronde en Europe contre l'austérité. François Hollande n'a pas à assumer ici un virage vers une relance illusoire et solitaire, mais seulement faire valoir que le sérieux budgétaire demande du temps. A condition de ne pas abuser de cette tempérance de Bruxelles, la France respecte l'esprit du nouveau traité budgétaire européen, qui donne la priorité à la réduction du déficit structurel plutôt qu'à celle du déficit nominal, soumise aux aléas de la conjoncture. Reste maintenant à faire assumer par la gauche le passage d'une réduction des déficits assise sur la hausse des prélèvements obligatoires, qui atteignent un record, à un ajustement reposant, sur la réduction des dépenses qui, selon le plan de marche du gouvernement, doivent globalement baisser de 60 milliards d'euros, ou 3 points de PIB, d'ici 2017. En 2014, l'effort structurel porterait à 70% sur les dépenses et 30% sur les nouveaux impôts et charges. Mais cela, c'était avant de connaître le délai de deux ans accordé par l'Europe. Ce geste surprise de Bruxelles pourrait changer les données de construction du budget 2014, rendant notamment moins nécessaires les nouvelles hausses d'impôt de 6 à 10 milliards d'euros jusqu'ici envisagées. Une bonne nouvelle pour la croissance, mais qui ne remet pas en cause la nécessité de réduire les dépenses publiques et de faire les réformes structurelles.

2./ Un bras de fer avec l'Allemagne ?
François Hollande n'a jusqu'ici guère su se faire apprécier du gouvernement allemand, sans réellement s'en faire respecter. L'incapacité de Paris à tenir ses engagements budgétaires, son discours permanent en faveur d'une « politique de croissance » et son soutien à peine voilé aux sociaux-démocrates ont irrité Berlin. Mais, parallèlement, le gouvernement français n'est guère un obstacle à la politique allemande. Dès juin 2012, le nouveau pouvoir de gauche français a renoncé aux euro-obligations et accepté le pacte budgétaire moyennant un fantasmatique « pacte de croissance ». Depuis, sur la Grèce, sur Chypre ou sur la politique monétaire de la BCE, la voix de la France ne se fait plus guère entendre. Pour retrouver de l'influence en Europe, François Hollande doit trancher. Ou il continue la politique adoptée à partir de 2011 par Nicolas Sarkozy et s'aligne franchement sur la position allemande en espérant infléchir Angela Merkel. Ou il prend, comme l'y invite le PS, la tête de la fronde contre le « tout austérité » en Europe, au risque de la confrontation. Cette deuxième solution le rendra sans doute particulièrement impopulaire outre-Rhin. Mais le moment semble pourtant bien choisi. L'Europe est en train de constater que l'austérité a échoué. La récession, voire la déflation, inquiète davantage les marchés et même le FMI, que les déficits. Il faut donc donner du temps aux pays en crise pour qu'ils puissent en sortir. Dans ce bras de fer, le président français pourra s'appuyer sur l'Italie, l'Espagne et le Portugal, des pays qui commencent à rejeter la stratégie allemande. Quant à Angela Merkel, une fois les élections passées à la fin de septembre, elle ne pourra guère prendre le risque du conflit interne à la zone euro et elle devra composer avec ce nouveau front bâti par Paris. D'autant que l'Allemagne à son tour commence à être rattrapée par la crise.

3./ Lancer un acte II de la compétitivité
C'est, au-delà des mesures sur les plus-values annoncées lundi 29avril, ce que réclame le Medef. Les 35 mesures contenues dans le Pacte de compétitivité et de confiance présenté en novembre vont dans le bon sens, mais ne devraient pas sure pour redresser la compétitivité de l'industrie tricolore. Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ne convainc pas. Trop compliqué, il pourrait facilement être simplifié si François Hollande le transformait en un allégement direct de charges. Après avoir supprimé la TVA sociale décidée par Nicolas Sarkozy, François Hollande a déjà fait un pas en ce sens avec le CICE, puisque la TVA augmentera bel et bien au 1er janvier 2014. La baisse des charges pourrait être cofinancée par une hausse de la CSG. Cela serait alors un mix acceptable pour les Français prêts à tout entendre au nom de l'emploi. Dans quelles proportions? Pas moins en tout cas que les 20 milliards d'euros décidés cet automne, et pourquoi pas aller jusqu'aux 30 milliards demandés dans le rapport Gallois, qui incluait 10 milliards de baisse des charges salariales.

4./ Un choc fiscal fort
« La réforme fiscale? Elle est faite », a estimé au début de l'année l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, qui ne faisait que défendre la position officielle du gouvernement. De quoi étonner beaucoup d'électeurs de François Hollande, qui avaient cru lire dans son programme la promesse d'une fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, dont la réalisation s'éloigne chaque jour un peu plus.
L'intérêt d'une telle réforme serait pourtant de clarifier notre système fiscal, où coexistent deux impôts sur le revenu (IRPP et CSG), une singularité au sein des pays industriels. Selon la façon de paramétrer cette refonte de la fiscalité directe, elle pourrait même donner lieu à une redistribution en faveur des ménages les plus modestes, même si la gauche du PS surestime certainement cet effet favorable : le gouvernement est déjà allé assez loin dans la taxation des « riches ». L'ambition serait de créer un impôt moderne, à l'assiette large, et plus simple et juste, car nettoyé de bon nombre de niches fiscales. Car on n'imagine pas assortir la CSG de dérogations fiscales multiples, ce qui ferait perdre des recettes importantes à la sécurité sociale. Seuls seraient préservés les régimes dérogatoires essentiels, comme l'assurance-vie, qui vient d'être confortée par le rapport Berger-Lefebvre et qui va se voir adjoindre un nouveau contrat dit « euro-croissance ».

>> Lire aussi : Hollande, 13 mesures chocs pour rebondir (1/4)

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>> La suite de l'article : Hollande, 13 mesures chocs pour rebondir (3/4)

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