Recherche : la Cour des comptes exige un suivi méticuleux des dépenses publiques

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Dans un rapport publié ce lundi, les Sages de la rue Cambon formulent cinq propositions pour que les dépenses publiques dans le domaine de la recherche soient optimisées. Ils suggèrent notamment de mobiliser davantage les crédits européens.

Ce n'est pas parce que l'Etat a décidé de sanctuariser le soutien public à la recherche qu'il ne doit pas faire preuve de rigueur dans la gestion de ses dépenses. Voici en substance le message que la Cour des comptes souhaite faire passer dans le rapport intitulé  "Le financement public de la recherche, un enjeu national" présenté ce lundi. 

« La priorité accordée à la recherche a justifié, depuis près de dix ans, que ce secteur soit exempté des mesures les plus contraignantes de régulation de la dépense publique. Cette exception à la politique budgétaire nationale doit avoir des contreparties, par un effort de sélectivité dans l'allocation des moyens et une exigence d'évaluation des activités et des résultats », expliquent les Sages après avoir rappelé les nombreux dispositifs et structures qui stimulent l'activité des laboratoires publics et privés en France. Quelques exemples : le crédit d'impôt recherche (CIR), le programme des investissements d'avenir (PIA), le statut de jeune entreprise innovante, les pôles de compétitivité, l'agence nationale de la recherche (ANR)...

Des retombées économiques peu en rapport avec l'effort consenti

Mais cette « exception » à la rigueur doit également pouvoir s'appuyer sur une gestion prévisionnelle des emplois et une attention renforcée aux retombées économiques de la recherche. « Le système public de recherche se préoccupe insuffisamment des retombées économiques de la recherche, qui demeurent peu prises en compte dans les indicateurs de performance de la dépense publique. Le lien entre la recherche publique et les entreprises est un enjeu majeur pour l'innovation et la création de valeur. Or, les dispositifs publics autres que le CIR sont foisonnants et appellent un effort de simplification », précise le rapport qui, entre autres remarques, constate les difficultés de la France à valoriser ses travaux de recherche.

« Les comparaisons internationales font apparaître une performance de la France bonne en recherche, mais nettement plus faible en innovation. La France a davantage tendance à exporter ses technologies qu'à en développer les usages sur son territoire au profit de son industrie », observe la Cour.

La France délaisse les projets européens

Parce que cette situation ne peut pas se prolonger, le rapport formule cinq axes de recommandations : mieux retracer, fiabiliser et programmer le financement public ; améliorer la gestion des établissements ; renforcer les retombées économiques ; poursuivre le développement du financement sur projets et se remobiliser pour obtenir plus de crédits européens.
Sur ce dernier point précis, la Cour se fait sévère: « concernant les financements accordés par l'Union européenne au titre du programme-cadre pour la recherche et le développement technologique, la détérioration des participations de la France est un signe préoccupant. Entre 2007 et 2012, la France a contribué à hauteur de 6 milliards d'euros à cette politique et a remporté des projets de recherche pour un montant de 3,42 milliards seulement ».
 

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Commentaires
a écrit le 11/06/2013 à 17:08 :
La cour des comptes et les commentateurs ci-dessous ont une vue purement comptable du rôle de la recherche. Le contrepoids des chercheurs publics permet à peine de contrecarrer le poids immense des industriels de l'agroalimentaire, de la pharmacie, de la chimie et du nucléaire qui n'ont aucun état d'âme à nous tromper sur la qualité de leurs produits et à l'empoisonnement de notre environnement.
a écrit le 11/06/2013 à 15:37 :
la cour des comptes a raison mais la je rejoins tout ceux qui on peur et que la pensée unique gouverne ce pays qui n a rien fait de bien que des conneries depuis le 6 mai en querstion aussi je dis que la cour des comptes doit faire le gendarme et meme si c'est un homme d origine PS qui est entre les mains de la cour et je trouve que cela serait bien de donner toute's les semaines un signal pour nous dire si tout a été fait dans les règles de l art;
a écrit le 11/06/2013 à 13:45 :
L'article ne dit pas le retour (partiel) à la politique du saupoudrage des moyens du CNRS : on donne les mêmes moyens à chaque chercheur par application du principe d'égalité, et simultanément, la part de l'ANR (sur projet) est réduite...
a écrit le 11/06/2013 à 13:37 :
Ce gouvernement se moque de tous ce qui n'est pas socialiste
La pensée unique est bien présente en France
a écrit le 11/06/2013 à 13:08 :
aux politiques qui détournent ou volent les fonds publics. ( GUEANT, HOLLANDE, ETC) les envoyer directement à la SANTE; quartier VIP y a de la place pour les voyous.
a écrit le 11/06/2013 à 11:53 :
Si ça ne sert à rien, pourquoi on le finance ? C est du bon boulet. Après on se demande où va l argent? C est du parasite de la société !
a écrit le 11/06/2013 à 9:19 :
..... Sur ce dernier point précis, la Cour se fait sévère: « concernant les financements accordés par l'Union européenne au titre du programme-cadre pour la recherche et le développement technologique, la détérioration des participations de la France est un signe préoccupant. Entre 2007 et 2012, la France a contribué à hauteur de 6 milliards d'euros à cette politique et a remporté des projets de recherche pour un montant de 3,42 milliards seulement ».
Et voila comment économiser 2,58 Mds !!
a écrit le 11/06/2013 à 7:54 :
en France on préfère subventionner des chercheurs pas des trouveurs . Des applications concrètes au niveau économique, quelle horreur ! Ils ne mangent pas de ce pain là, nos intellectuels idéologues. D'ailleurs, ils seront bientôt totalement satisfaits car, du pain, les Français n'en auront plus. En plus, nous avons des chercheurs dont le statut est à vie, pas étonnant le manque de résultats.
Réponse de le 11/06/2013 à 9:38 :
Ce monsieur "evidemment" sait il que les chercheurs universitaires sont moins bien payés que des professeurs agrégés soit 2000 euros en début de carrière pour bac + 8 et que leurs horaires sont très au dessus des 35 heures ! s'il préfère des chercheurs dépendants de Monsanto ou Servier pour valider des poisons potentiels qu'il continue sur ce registre dénué de tout esprit cartésien.
a écrit le 11/06/2013 à 6:06 :
Quel organisme contrôle la cours des comptes ?
a écrit le 10/06/2013 à 19:19 :
Et les vrais faux pôles de compétitivité, ça sert à quoi ? A rien, nous sommes classés 28ème. C?est bête pour le coût du travail, c?est 80 milliards. On se compare à l?Espagne, pas à l?Allemagne avec le bas niveau technologique de l?appareil productif. On fait de la recherche bidon. On fait dans le professeur tournesol qui fait de la recherche qui sert à rien. Résultat, millions de chômeurs par désindustrialisation. On fait dans le pelleteux de nuage des universités sans classement international ! C?est une économie BIDON ! Il y aurait de l?argent qui circulerait en liquide, oula. Il y aurait des pillards de comptes au gouvernément ?
Réponse de le 10/06/2013 à 19:56 :
tant qu'on arreteras pas de regarder dans la gamelle des autres on y arrivera pas , nos politiciens n'ont plus idées , ou tous simplement ils veulent se remplir les poches pendant 5 ans puis se barrér , c'est ca la france molle de mr hollande et cela n'est pas prét de revenir à la normale avec des anormaux
a écrit le 10/06/2013 à 18:27 :
mr de la cour des comptes vous faites comme mr gueant servez vous dans la caisse de toute facon il n y a aucun suivi financier en france .Question: mais ou va l'argent de nos impots.
Réponse: dans la poche de nos politiciens
a écrit le 10/06/2013 à 17:23 :
Toutes les administrations publiques non pas d'objectif, de rentabilité, d'obligation de résultat... Bref, le club med... de l'argent jeté par la fenêtre et la France vogue tranquillement vers sa faillite...
a écrit le 10/06/2013 à 17:05 :
ils vont commencer a mettre les CANTONNIERS dans les rues ,c'est mieux que dans les BUREAUX 'et a quinze sur le buisson il faudrait que cela pousse , par contre les ouvriers ne sont pas INGÉNIEURs
a écrit le 10/06/2013 à 16:58 :
Pour que la recherche puisse se transformer en applications, il est nécessaire que le passage amont => aval soit réalisé (c'est une tautologie). C'est à dire qu'il convient soit que les chercheurs se préoccupe d'applications pour leurs sciences, soit que des innovateurs trouvent chercher la science dont ils ont besoin. Actuellement, les systèmes de passage (tirés ou poussés) fonctionnent mal.

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