Les dirigeants de PME ont retrouvé le moral cet été, mais redoutent l'automne

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Les entrepreneurs retrouvent (un peu) le moral. Mais cela va-t-il durer? (c) Reuters
Les entrepreneurs retrouvent (un peu) le moral. Mais cela va-t-il durer? (c) Reuters (Crédits : Isabelle Lefort)
Le baromètre La Tribune-LCL réalisé par Ipsos a gagné sept points cet été. La plupart des indicateurs se redressent mais ils se maintiennent à un niveau peu élevé. Ce regain de confiance risque de ne pas durer.

La pause estivale fut profitable. Selon le baromètre La Tribune-LCL réalisé par Ipsos, le moral des dirigeants de PME a gagné 7 points cet été. Certes, à 90, il se situe encore dix points en-dessous de sa moyenne de longue période mais les résultats sont encourageants. La demande se redresse, l'investissement aussi et l'environnement économique s'améliore. Seul point noir, ce regain de confiance n'est pas assez fort pour inciter les chefs d'entreprises à reprendre les embauches.

Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi 85% des chefs d'entreprises interrogés sont favorables à la défiscalisation des heures supplémentaires. Supprimé dès l'arrivée au pouvoir de François Hollande, le retour - partiel - de ce symbole du « travailler plus pour gagner plus » est actuellement étudié à Bercy. L'idée sous-jacente est de redonner un coup de fouet aux ménages les plus modestes.

>> Lire aussi : Le "travailler plus pour gagner plus" refait surface...

Une amélioration fragile de la conjoncture

Cette tendance peut-elle se prolonger cet automne ? Rien n'est moins sûr. D'une part, 73% des entrepreneurs estiment que le sursaut de l'activité au deuxième trimestre, qui s'est traduit par une augmentation de 0,5% du PIB, n'est pas synonyme de reprise pour leur propre entreprise. D'autre part, les entreprises ont dû à nouveau consentir d'importants efforts sur leurs marges pour conserver leurs parts de marché, ce qui, à terme, risque de les fragiliser encore davantage. Quant aux freins au développement des PME-PMI, ce sont toujours les mêmes qui sont cités. Le trio de tête ? Le poids des charges sociales (41%, en hausse), l'incertitude politique et économique (32%, en baisse) et le niveau de la demande (15%, relativement stable).

Les efforts du gouvernement mieux jugés

« Les mois à venir nous dirons si nous vivons réellement une sortie de crise. En tous cas cette embellie profite par ricochet au gouvernement dont les efforts sont jugés en hausse depuis mai dernier : l'indice gagne six points, de 89 à 95, ce qui est son plus haut niveau depuis l'élection de François Hollande », constate Yves Fradier, le responsable du service des grandes enquêtes chez Ipsos. Le débat sur le financement de la réforme des retraites les inquiète-t-il ? Même pas. Ils sont 37%à se déclarer favorable à une hausse de la CSG et 36% à une augmentation des cotisations retraites. Bref, ils ne savent pas trop quoi en penser.

La rigueur et le chômage, deux freins importants à la reprise

Cette prudence est partagée par Axelle Lacan, économiste chez LCL. « Le climat des affaires reste en deçà de sa moyenne historique et la production industrielle a baissé en mai et en juin, ce qui se traduit par un acquis négatif pour le troisième trimestre. L'activité française reste sous pression des multiples contraintes qui l'affectent : la hausse du taux de chômage et la poursuite de l'ajustement des finances publiques pèsent et continueront à peser sur l'activité ces prochains mois. Au total, la croissance annuelle devrait être de l'ordre de +0,1 % en 2013 », estime-t-elle. Les nouvelles prévisions de l'OCDE, qui tablent désormais sur une croissance de 0,3% cette année, ne sont pas partagées par tout le monde.

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