CCI de Lyon : sévèrement critiqué, le président Philippe Grillot pourrait être évincé dès mardi

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Philippe Grillot, le président de la CCI de Lyon, est sur la sellette @ DR
Philippe Grillot, le président de la CCI de Lyon, est sur la sellette @ DR (Crédits : DR)
Le Medef et la CGPME ont vivement condamné les propos du président de la Chambre de commerce et d’industrie lyonnaise qui appelle à la disparition de la CCI Rhône-Alpes dans un entretien publié dans le numéro de novembre d’Acteurs de l’économie. Philippe Grillot s’y déclare en outre « ulcéré » par la réforme consulaire en cours ce qui choque les patrons lyonnais.

Acteurs de l'économie-La Tribune l'avait annoncé le 5 novembre : l'entretien que le président de la CCI de Lyon venait d'accorder au magazine - en kiosque le 6 novembre - constituait bel et bien une « bombe ». Quatre jours plus tard, la déflagration enflamme l'ensemble du microcosme patronal, institutionnel et politique lyonnais. En effet, les propos de Philippe Grillot (élu CGPME) appelant à la disparition de la CCI Rhône-Alpes et fustigeant la réforme des chambres de commerce et le « fait régional » lui ont valu une levée de boucliers des syndicats Medef et CGPME qui, d'une seule voix - fait rarissime tant la rivalité entre les deux organisations est aigüe - ont condamné ses prises de position.

« La polémique lancée (…) est un combat du passé »

« Nous désapprouvons les propos de Philippe Grillot rapportés par Acteurs de l'économie. Nous sommes en profond désaccord, tant sur le fond que sur la forme, avec son analyse de la réforme consulaire. Cette réforme, nous la soutenons avec vigueur car elle permet de rationaliser les actions et les coûts dans le réseau des Chambres de commerce et d'industrie. La polémique lancée par Philippe Grillot sur plusieurs thèmes est un combat du passé. A l'heure où un grandnombre de chefs d'entreprise connaissent des difficultés majeures, il relève de la responsabilité des décideurséconomiques et politiques de placer leur énergie à agir constamment dans un esprit d'unité et derassemblement, et non d'être à l'initiative de débats dépassés qui n'apportent rien aux entreprises etcontribuent à les diviser.La violence des propos de Philippe Grillot est d'autant plus surprenante qu'elle ne correspond pas à ses votes. Le projet régional, qui permet de faire les économies en mutualisant les bons outils d'un riche réseau de onze CCI, est un projet partagé. Toutes les décisions ont été votées à l'unanimité des membres, dont ceux de la CCI de Lyon (…) ».

« Optique de baisse des coûts et d'efficacité »

Et les signataires du communiqué de presse Bernard Fontanel (président du Medef Lyon-Rhône) et François Turcas (président de la CGPME du Rhône) d'apporter leur entière confiance au président de la CCI Rhône-Alpes Jean-Paul Mauduy, « pour mener à bien la réorganisation régionale du réseau consulaire, dans une optique de baisse des coûts et d'efficacité pour les entreprises du territoire, tout en réaffirmant les missions dévolues à la CCI de Lyon ».

Une démission exigée mardi matin

Fuite en avant ? Inconscience ? Courage ? Sabordage ? Règlement de comptes ? Contre-feu pour apaiser l'autre fait marquant de l'entretien : ses explications aux révélations sur « l'affaire » Lyon Basket Féminin, ce club dont il fut discrètement évincé de la présidence au printemps pour des fautes de gestion qui se soldèrent par une rétrogradation sportive (finalement temporaire) et une situation comptable cataclysmique ? Si l'ensemble des observateurs lyonnais continuent de s'interroger sur les motivations réelles de Philippe Grillot, pourtant fin politique, à déclencher un tel séisme, ce dernier est désormais sur la sellette. Selon nos informations, son sort devrait être tranché mardi matin 12 novembre, lors d'une convocation à l'issue de laquelle sa démission devrait être exigée - en cas de refus, pourrait alors être mis en œuvre un processus de destitution. Le favori pour lui succéder serait Emmanuel Imberton, premier vice-président (CGPME) de la Chambre lyonnaise.

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Commentaires
a écrit le 15/11/2013 à 8:20 :
Avec leurs centres de formation les CCI ne sont-elles pas auto-gérées ?
Mais alors, fonctionnent-elles grâce aux cotisations des entreprises ou aux subventions de l'état ?
Et quel est le coût des CCI par rapport aux nombres de personnes aidées?
L'état ne devrait-il pas allouer des subventions en fonction du nombre de bénéficiaires?
Enfin, à qui est versée la taxe foncière des entreprises ( ex-taxe professionnelle)?
A la CCI ou aux mairies?
Si les mairies bénéficient de cet impôt, pourquoi n'ont-elles pas un service commerces et industries?
a écrit le 11/11/2013 à 9:56 :
En gros, les bénéficiaires du système ne veulent surtout pas entendre parler de ce qui peut remettre en cause leurs domaines d'influence. La société civile n'a qu'à (aller) se coucher.
Réponse de le 11/11/2013 à 19:58 :
La caste fait front commun pour proteger ses interets et ses bastions.
En France, pour raisons budgetaires des gendarmeries ferment, des services d’hopitaux fermes, des tribunaux ferment, par contre les Chambres de Commerce et d’Industrie qui consomment chaque annee plus de 4 milliards d’euros de budget et où seulement 10% à 30% des chefs d’entreprise votent et s’interessent a cette structure. Les CCI qui hebergent des chefs de service aux salaires de 4000 a 5000 euros NET par mois qui regnent sur un effectif total de 27.000 salaries !!! Et rien n’est fait pour que cela change !!! On supprime des lits d’hopitaux, des gendarmeries mais les CCI sont toujours aussi fraiches ! Que l’Etat mette les priorites dans le bon ordre

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