La menace d’un débordement de la Seine plane sur les finances publiques

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Les Grands boulevards, en janvier 1910
Les Grands boulevards, en janvier 1910 (Crédits : Reuters)
Selon l’OCDE, une inondation majeure de la Seine pourrait potentiellement affecter 5 millions de citoyens de la métropole francilienne. Le coût des dégâts pourrait grimper jusqu’à 30 milliards d’euros. Les finances publiques seraient directement impactées si la Seine devait sortir de son lit.

Sera-t-il plus facile de mettre Paris en bouteille si la Seine déborde ? L'OCDE ne répond pas à cette question totalement farfelue. En revanche, les experts du Château de la Muette ont estimé les conséquences économiques d'une crue comparable à celle observée en 1910, qui fut le dernier évènement de ce type subi par la capitale.

Pour quelles raisons l'OCDE s'est-elle penchée sur ce phénomène ?

" La métropole francilienne est fortement exposée au risque d'une inondation par débordement de grande ampleur de la Seine, telle que celle qui s'est produite en 1910. Une crue majeure, au cœur de la plus importante métropole économique d'Europe continentale, pourrait causer des dégâts considérables. Les récentes inondations en Europe et celles causées en 2012 à New York par la tempête Sandy ont souligné la vulnérabilité des grandes villes modernes et toujours plus dense, et le besoin d'adapter les infrastructures critiques au risque d'évènements climatiques extrêmes ", explique l'étude de l'OCDE.

Des dégâts estimés à 30 milliards

Une inondation majeure de la Seine pourrait affecter 5 millions de citoyens à Paris et ses alentours. Les dommages sont estimés par l'OCDE à entre 3 à 30 milliards d'euros pour les dommages directs selon les scénarios d'inondation, assortis d'une réduction significative du PIB qui atteindrait sur cinq ans de 1.5 à 58.5 milliards d'euros. Bien évidemment, l'activité des entreprises serait aussi impactée. La réduction de leur activité affecterait la demande en main-d'œuvre jusque 400 000 équivalents temps plein dans le cas extrême.

" Même si le rebond d'activité pourrait réduire certains de ces effets rapidement après une année, les conséquences dommageables d'une crue majeure de la Seine pourraient se faire sentir à long terme et peser sur les finances publiques. Dans le cas où l'impact dépasserait les réserves disponibles pour y faire face via le régime d'indemnisation CatNat, l'État serait conduit à jouer pleinement son rôle de garant de dernier ressort ", explique l'Organisation, rappelant que la Seine avait mis plusieurs semaines pour retourner dans son lit en 1910.

En 2013, les réserves du régime d'indemnisation étaient évaluées à 5,7 milliards d'euros. Il couvre l'ensemble des dommages privés et des entreprises affectés directement par l'inondation, y compris les pertes d'exploitation des entreprises, " pour autant que ces dernières soient assurées contre les pertes d'exploitation en garantie incendie ", précise l'OCDE

Au-delà de ce montant, la garantie d'État serait automatiquement activée pour financer les autres dommages et les pertes couvertes par ce régime sur le budget de l'État, affectant ainsi les dépenses publiques.

Un record en 2011

A titre de comparaison, le coût économique des dégâts provoqués par le passage de l'ouragan Sandy sur New-York et une partie de la cote est des États-Unis en 2012 avait dépassé les 80 milliards de dollars.

Au total, cette année-là, les catastrophes naturelles avaient coûté 160 milliards de dollars selon l'assureur allemand Munich Re. Un montant à comparer aux 400 milliards de dégâts enregistrés en 2011, année notamment marquée par le tsunami au Japon.

Une quinzaine de recommandations

Pour limiter les conséquences d'un débordement de la Seine, l'OCDE formule une quinzaine de recommandations. La plupart d'entre elles insistent sur la nécessité d'anticiper l'évènement. Ainsi, l'institution suggère de placer les infrastructures de protection face à une crue sous la responsabilité d'un maître d'ouvrage unique ; d'accompagner la stratégie locale de gestion des risques d'inondation de la Seine en Île-de-France par une stratégie financière claire ; de poursuivre l'effort de clarification des critères de priorisation des investissements de l'État dans la prévention des risques ; et de renforcer la culture du risque des citoyens, des décideurs et des entreprises.

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Commentaires
a écrit le 27/01/2014 à 10:49 :
Comme un débordement de la dette...
a écrit le 25/01/2014 à 15:31 :
Si cette crue devait se produire, ce ne sera pas faute d'avoir été prévenu. Cela fait maintenant dix ans que le sujet revient régulièrement dans les médias. Assez surprenante la passivité des compagnies d'assurance qui devraient faire lobby pour que des travaux de protection significatifs soient entrepris;
Réponse de le 25/01/2014 à 16:04 :
Heureusement que vous êtes là pour prévenir. Parce qu'ils ont peut être oublié qu'ils pouvaient remplir les lacs de retenus contruits depuis 30 ans. Mais c'est vrai ! On peut gérer la crue centenale, mais la crue millénaire va nous mettre dans la mer.e pendant une semaine. Il va falloir faire payer le contribuable pour parer le coup. D'ailleurs va falloir gérer aussi la chute des météorites et la grande glaciation qui va arriver d'ici 50 000 ans. (ou la désertification, c'est plus probable)
Réponse de le 26/01/2014 à 14:54 :
Où sont vos lacs dans la région PACA?
Où sont vos lacs dans les Pyrénées?
Où sont les Bassins de traitement des lisiers Bretons pour endiguer les herbes vertes??
M.Jev a raison d'ecrire que depuis plus de 10 ans,les retenues pour la région Parisienne sont insuffisantes, alors QUI NE FAIT PAS SON TRAVAIL????
Voila une possibilité de travail pour nos chômeurs ,ou pour des travailleurs EUROPE!!!
a écrit le 25/01/2014 à 13:38 :
Est-ce que pour une fois en France on va faire autre chose que d'en parler ? Parce que depuis le temps on aurait pu en faire des travaux, au lieu de remplir la ville de potelets défigurant, de voie Pompidou rendue au piétons pour être finalement noyée sous la Seine. Les élus servent-ils à quelque chose ?
Réponse de le 25/01/2014 à 14:27 :
Vous me paraissez être un bon client pour les opérations d'intox !
a écrit le 25/01/2014 à 11:46 :
On n a pas vraiment d'explication : pourquoi l'OCDE s’intéresse-telle a ce sujet. Quelles sont les arrières pensées (politiques bien sûr)... De quoi se mêle l'OCDE ? Le risque d'inondation a été pris en compte depuis longtemps (nombreux lacs de retenus en amonts et aménagement locaux) et a été réduit à des niveaux que l'on considère en France comme acceptables. L'avis de l OCDE n'est il pas destiné à nuire ?
Réponse de le 25/01/2014 à 12:18 :
pour info, l'OCDE est basée au château de la Muette à Paris

ils ont peut-être peur d'avoir les pieds dans l'eau ?
a écrit le 25/01/2014 à 8:12 :
ca relancera l economie .
Réponse de le 26/01/2014 à 15:01 :
Et augmentera vos impôts, votre assurance...et ce pour des décennies.
Réponse de le 27/01/2014 à 9:04 :
quels impots ,je suis au portugal,et mes sous en suisse ...!
a écrit le 24/01/2014 à 22:02 :
30 milliards par rapport à 85 milliards créés par la FED chaque mois, Paris peut se faire inonder 3 fois par mois.
a écrit le 24/01/2014 à 21:23 :
Les grands fleuves font les petites rivières, c'est bien connu! Si Paris se noie dans l'inflation, la déflation des prix est souhaitable pour cause de pouvoir d'a-chat. Il se pourrait qu'on rat-te le siècle sur la désindustrialisation et le déclin largement admis. Alors on fait un grand ministère du musée de l'industrie? Après la Révolution l'empire, attachatons les gens à leur emploi, ou bien à leur chômage et voila le monolithe qui administre la non croissance, c'est peut-être une question d'environnement préservé, comme pour le logement?
a écrit le 24/01/2014 à 18:56 :
Marrant... dans ma jeunesse, il n'était pas rare que des affluents indirects de la Seine débordassent. les quels inconvénients ont disparu... Car, ce qui n'apparaît pas, c'est qu'ont été construits, en amont de Paris, deux IMMENSES bassins régulateurs; qui semblent avoir répondu, jusqu'à ce jour, au besoin. Si le réchauffement climatique se concrétisait fortement, il y a fort à parier que l'influence océanique dont nous bénéficions serait remplacée par une exposition aux courants sibériens; et qu'il y a donc plus à craindre de sécheresse, que d'inondation...
a écrit le 24/01/2014 à 18:52 :
Nous dans le 18ème, on s'en fout! On sera au sec
a écrit le 24/01/2014 à 18:28 :
les fleuves et les rivières çà s'entretiens quand on voit l'état des berges de la marneaffluent de la seine on comprend l'inquiétude dans le temps il y avaient des dragues
a écrit le 24/01/2014 à 18:05 :
ah ! pour une fois ils pourraient se mouiller !

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