Moody's maintient pour le moment la note de la France à Aa1

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Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, estime que la qualité de la signature de la France est ainsi confirmée
Le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, estime que "la qualité de la signature de la France est ainsi confirmée" (Crédits : reuters.com)
Moody's a maintenu la note souveraine de la France à Aa1, avec une perspective négative. L'agence de notation invoque la baisse continue de la compétitivité de l'économie française et les risques d'un nouvel affaiblissement de la solidité financière du pays.

Moody's a maintenu vendredi la note souveraine de la France à Aa1, avec une perspective négative, invoquant la baisse continue de la compétitivité de l'économie française et les risques d'un nouvel affaiblissement de la solidité financière du pays. L'agence de notation souligne dans un communiqué que cette faiblesse se reflète dans la hausse de l'endettement public de la France rapporté à son produit intérieur brut (PIB), un ratio qu'elle anticipe à 93,6 % en 2013, contre 90,2 % en 2012, puis supérieur à 95 % en 2014.

Cette confirmation intervient au moment où François Hollande a annoncé une accélération de l'effort d'économies sur 2015-2017 pour financer une nouvelle baisse du coût du travail visant à soutenir l'emploi et l'activité économique. Mais Moody's estime que la mise en oeuvre et l'efficacité du "pacte de responsabilité" proposé par le chef de l'Etat seront rendues compliquées par la persistance de rigidités sur les marchés du travail, des biens et des services et les tensions sociales que doit affronter, selon elle, le gouvernement. 

Si l'on ajoute que la flexibilité budgétaire de la France reste limitée, cela laisse présager que ses objectifs budgétaires risquent à nouveau de ne pas être atteints, indique encore l'agence de notation.

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici satisfait

Le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a dit prendre "note avec satisfaction de la décision de Moody's". "Comme auprès de Fitch qui avait également confirmé la note de la France (AA+, perspective stable) en décembre 2013, la France garde donc", rappelle le ministre, "la deuxième meilleure note sur une échelle qui en compte plus de 20".

Pierre Moscovici juge que "la qualité de la signature de la France est ainsi confirmée" et souligne que "la notation élevée auprès des différentes agences de notation témoigne des nombreux atouts de notre économie et de la reconnaissance de la stratégie économique du gouvernement". Et d'estimer que "l'accélération de cette stratégie, dans le cadre du Pacte de Responsabilité annoncé par le Président de la République, permettra de redonner à la France toute sa force économique".

Dégradation de la France

Après Standard & Poor's début 2012, Moody's avait privé la France sa note maximale Aaa en l'abaissant d'un cran, avant d'être suivie par la troisième plus grande agence, Fitch Ratings. En novembre dernier, Standard & Poor's a de nouveau baissé la note française d'un cran, à AA avec perspective stable ( ) alors que Fitch a confirmé en décembre la note AA+ avec perspective stable ( ).

Aucune de ces décisions n'a eu d'impact négatif sur les taux d'emprunt de la France sur les marchés, qui ont au contraire établi un nouveau record à la baisse l'an dernier. L'Agence France Trésor a annoncé fin décembre qu'elle s'est financée en 2013 à un taux moyen toutes maturités confondues de 1,54 % contre un précédent point bas de 1,86% en 2012 et une moyenne de 4,15 % sur 1998-2007.

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Commentaires
a écrit le 27/01/2014 à 0:10 :
Ce qui est étonnant, c'est que la Grande-Bretagne, qui aura un déficit proche de 6% du PIB en 2013, est beaucoup mieux noté que la France, qui aura un déficit autour de 4.2 %..
a écrit le 26/01/2014 à 16:08 :
Ils ont bien compris que Hollande ne fait que parler.
a écrit le 26/01/2014 à 7:39 :
Ce n'est pas une bonne nouvelle, car sur le court terme...Moody's considère... qu'il y a encore un gisement fiscal exploitable en France ...
a écrit le 25/01/2014 à 21:17 :
Ce qui est curieux, c'est ce message en boucle de la perte de compétitivité de la France. Impossible a croire sur la base des chiffres coût du travail net pour l'entreprise, coût de l'énergie, productivité, innovation...ok pour de vieilles industries, et encore, mais certainement pas pour les secteurs d'avenir, cf. les principales exportations françaises et surtout le montant en valeur absolue des exportations françaises (sources douanes, Eurostat, OFCE, OCDE, Banque Mondiale, BEI).
a écrit le 25/01/2014 à 16:29 :
Voila pourquoi Caseneuve a tout à coup eu besoin de dire qu'il allait faire des économies,c'était pas par respect des contribuables,mais comme tout débiteur un message a ses créanciers qui risquent de pas lui en donner plus pour continuer à dépenser plus

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