Bientôt la fin de la tuberculose ?

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Dans la catégorie Industrie, ce sont le belge Koen Andries et le français Jérôme Guillemont qui ont reçu le prix de l’inventeur européen de l’année décerné par l'Office européen des brevets
Dans la catégorie "Industrie", ce sont le belge Koen Andries et le français Jérôme Guillemont qui ont reçu le prix de l’inventeur européen de l’année décerné par l'Office européen des brevets (Crédits : DR)
En juin, l'Office européen des brevets a célébré à Berlin les inventeurs européens de l'année. Dans la catégorie « Industrie », c'est l'équipe de chercheurs dirigée par le belge Koen Andries et le français Jérôme Guillemont qui ont été honorés pour leurs travaux permettant de réduire de façon significative la durée des traitements contre la tuberculose et à parvenir à une guérison complète en une durée raisonnable.

C'est avec beaucoup d'émotions que le belge Koen Andries et le français Jérôme Guillemont ont reçu le 17 juin le prix de l'inventeur européen de l'année dans la catégorie Industrie décernée par l'Office européen des brevets. " Ce prix est très important car il met en lumière nos efforts pour éradiquer enfin la tuberculose, une maladie négligée par la plupart des laboratoires pharmaceutiques et qui fait toujours des ravages. Aucun médicament nouveau n'avait été proposé aux patients depuis quarante ans ! Cette récompense renforce également la crédibilité et la notoriété à notre projet ", explique Koen Andries, espérant que ce coup de projecteur séduira de nouveaux investisseurs pour accélérer les travaux et la commercialisation de l'invention mise au point en tandem avec Jérome Guillebont et leur équipe.

Affamer la bactérie

Concrètement, ils ont élaboré un nouvel antituberculeux hautement actif, un composé chimique dénommé à l'origine "R207910", puis nommé "bédaquiline" qui s'attaque à l'approvisionnement énergétique de la bactérie à l'origine de la tuberculose classique ou dite tuberculose multirésistante (TBMR) dont 500.000 cas nouveaux ont été recensés de par le monde en 2012. En 2013, près de 10.000 cas de tuberculose multi-résistante ont été diagnostiqués dans la seule Afrique du Sud, dont 766 cas de tuberculose extrêmement résistante. L'urgence est telle qu'un sommet sur la tuberculose réunissant les experts du monde entier a aussi été organisée en juin en Afrique du Sud, à Durban.

Commercialisé sous l'appellation Sirturo, le nouveau médicament mis au point par Koen Andries et son équipe est 25% plus efficace que les traitements classiques pour éradiquer la tuberculose chez les patients atteints, et huit semaines seulement sont nécessaires à la guérison. Pourquoi est-il plus efficace ? Parce qu'il éradique la bactérie quand les autres traitements ne font que réduire la vitesse de reproduction des bactéries. " Ce médicament a le potentiel de sauver la vie de millions de patients dans le monde ", a déclaré Benoît Battistelli, le président de l'OEB lors de la cérémonie de remise des prix.

En 2001, l'Organisation mondiale de la santé tirait la sonnette d'alarme

Soulignée en 2001 par un rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) faisant état de la progression inexorable et de plus en plus imprévisible de la tuberculose, cette pandémie a été en grande partie ravivée par l'apparition du virus du Sida qui détruit les défenses immunitaires. Chaque année, la tuberculose fait environ deux millions de victimes, principalement en Afrique, en Asie mais aussi dans certains pays d'Europe de l'Est.

Des traitements inefficaces pour contrer les mutations de la bactérie

Pourtant des traitements existent. " Mais ils sont souvent inefficaces pour lutter contre les nouvelles formes prises par la bactérie ", observe Jérôme Guillemont qui, avec Koen Andries, ont convaincu leur employeur, le laboratoire Janssen Pharmaceutica appartenant au groupe Johnson & Johnson, de poursuivre et même d'intensifier les recherches scientifiques pour lutter contre cette épidémie. " Il n'est pas envisageable que des populations restent à l'écart, qu'ils ne soient pas concernés par les progrès de la médecine", martèle Koen Andries.  

Est-ce par philanthropie ? " Ce n'est pas le cas. Une chose est certaine, le retour sur investissement n'est pas sûr et encore moins rapide. C'est cette patience, plutôt inhabituelle, qu'il convient de mettre en avant ", estime Jérome Guillemont.

 

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Commentaires
a écrit le 22/07/2014 à 23:23 :
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