Pourquoi il faut soutenir les entreprises de taille intermédiaire

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Une étude du Crédit agricole détaille les raisons pour lesquelles les ETI doivent être soutenues en priorité
Une étude du Crédit agricole détaille les raisons pour lesquelles les ETI doivent être soutenues en priorité (Crédits : DR)
Après avoir rappelé le poids des entreprises de taille intermédiaire (ETI) dans l'économie française, une étude du Crédit agricole détaille les raisons pour lesquelles elles doivent être soutenues en priorité par la puissance publique.

Ah, les ETI ! Longtemps oubliées par les statistiques, noyées entre les PME et les grands groupes, les entreprises de taille intermédiaire dont la reconnaissance officielle ne date que de 2008 avec le vote de la loi de modernisation économique sont désormais au centre des priorités du gouvernement dans le domaine économique. Sur ces 4.794 ETI, dont les effectifs varient entre 250 et 4 999 salariés et dont le chiffre d'affaires n'excède pas 1,5 milliard d'euros, reposeraient en effet une grande partie de l'avenir de l'économie tricolore !

Pour quelles raisons ? Elles sont incontournables ! Bien qu'elles ne représentent que 0,2% du nombre total d'entreprises recensées en France, les ETI emploient 2 981 000 salariés en équivalents temps plein (ETP), soit 23,7% du total et réalisent 27,6% du chiffre d'affaires et 22,9% de la valeur ajoutée sur le plan national.

Les ETI sont plus solides que les PME

En outre, elles affichent des performances supérieures à la moyenne. " Les ETI sont plus solides économiquement et financièrement que les PME, qui, pénalisées par une profitabilité dégradée, peinent à investir, innover et donc exporter ", explique une étude du Crédit agricole qui observe que leur taux de marge est tendanciellement supérieur à la moyenne des autres entreprises. Il s'est élevé à 23,8% pour les ETI, contre 22% en moyenne en 2012, ce qui leur permet d'investir davantage que les autres catégories d'entreprise. En effet, leur taux d'investissement, y compris les acquisitions par crédit-bail, atteint 24,6%, contre 24,4% pour les grandes entreprises et 17,9% pour les PME. Quant à leurs dépenses en recherche et développement, elles représentent 26% de la dépense privée totale, contre 11% pour les PME non micro-entreprises.

A l'international, parce qu'elles sont présentes sur des produits à valeur ajoutée plus importante, elles affichent également de solides performances. Leur taux d'exportation est de 20,6% en moyenne, contre 19,4% pour l'ensemble des entreprises et 9,8% pour les PME. " Notons que le poids des ventes à l'étranger est tiré vers le haut par les ETI de l'industrie [30% environ du chiffre d'affaires à l'étranger, contre 15 % en moyenne], dont, rappelons-le, 50% sont sous contrôle étranger. Au total, les ETI réalisent 36% des exportations françaises ", explique le Crédit agricole.

Travailler en réseau

Alors que le gouvernement tente de construire un tissu d'entreprises capables de rivaliser avec le puissant Mittelstand allemand, comment favoriser leur développement ? L'étude du Crédit agricole apporte quelques éléments de réponse. Elle préconise tout d'abord de favoriser l'organisation en clusters, organisation qui fait la force du Mittelstand allemand. Pour y parvenir, l'exécutif peut d'ores et déjà s'appuyer sur les pôles de compétitivité créés en 2005 qui " cherchent à mettre en œuvre ce type d'organisation en France, en aménageant des réseaux composés d'entreprises et d'organismes de recherche et de formation ", précise l'étude.

Moduler la fiscalité, une promesse de campagne

Une modulation de la fiscalité est également suggérée. Après avoir rappelé que les ETI subissaient la fiscalité la plus lourde - le taux de prélèvements obligatoires des ETI atteint 33% contre 29% pour les grandes entreprises -, le Crédit Agricole estime qu'une modulation permettrait de créer " un écosystème plus favorable à l'émergence d'ETI compétitives sur le plan international, même si les risques inhérents à la mise en place d'effets de seuils sont à prendre en considération ". Cette modulation faisait partie des propositions de campagne du candidat François Hollande en 2012. En raison de son coût, estimé à 2,2 milliards d'euros par an, cette mesure est pour l'instant aux oubliettes.

Vive les entreprises patrimoniales !

Enfin, l'étude recommande de favoriser le développement des ETI patrimoniales  qui représentent 64% du nombre total des ETI tricolores. Est considérée comme patrimoniale une entreprise dont une partie significative du capital est détenue par les dirigeants " effectifs ", c'est-à-dire à même de prendre des décisions stratégiques à court, moyen ou long terme.

" Selon une étude récemment publiée par Ernst & Young [Agir pour la croissance, performances des ETI patrimoniales en Europe], les ETI patrimoniales françaises sont certes moins nombreuses que dans d'autres grands pays de la zone euro (environ 1.500 ETI patrimoniales, contre 2.000 en Espagne, 2.000 en Italie et 5.000 en Allemagne), mais comptent également parmi les plus performantes d'Europe (avec un rendement sur capitaux propres élevé) ", explique l'étude. Grâce à cette structure, elles seraient plus à même d'innover et d'investir, même en période de ralentissement économique. " Leur mode de gouvernance plus souple leur permet d'être plus réactives dans la réorientation stratégique en cas de difficultés ", avance le Crédit agricole.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2014 à 12:31 :
Quand on dit trop d'impôts tuent l'impôt, sommes nous des assassins du peuple? On parle simplifier les papiers, on ferait trop d'administration, au joue à Jabbajelski? On joue à encula le vampire social? Drole d'économie...
a écrit le 19/07/2014 à 11:21 :
on soutient les ETI, c'est pour la croissance? Et si on dévalue, on rembourse en piastres ou en roupies? c'est trop drole l'Europe!
a écrit le 19/07/2014 à 11:05 :
On est au 17? Pouvez-vous commenter la presse, on nous publie "mort aux juifs" alors on fait un régime antisémite? Il y aurait des terroristes parmi nous qui feraient des avanies? On nous parle "d'enrayer le déclin", est parce qu'on a enrayé la mitte railleuse à camembert pour la piraterie sociale? On mange son gras et on va au lit, la croissance à la française, 40 ans sous la moyenne OCDE... on est des bons! Pour le Livret A on tire sur la population avec du 1%. On oublie que certains riches en Europe ne payent pas d'impôts... vive la démocratie européenne! On oublie la réduction sociale téléphonique, l'administration con ne sait pas qu'on est passé au téléphone portable, c'est pour la relance du téléphone filaire? Et on jouerait au papé européen anti jeune? Alors pour le 17, pouvez-vous commenter en 2017, 17% de chômage et 10 points de pib en moins, alors la croissance et l'emploi, on en remparle? Pour le pib par tête, en Allemagne la population a augmenté de 20 millions avec la réunification, qu'avons-nous fait? On dit soutenir les ETI, c'est pour le pib vice? Et c'est quoi le Mittelstand?
a écrit le 18/07/2014 à 15:57 :
L'avenir de notre économie n'est pas plus dans les ETI, la preuve : les allemandes! Ces entreprises stagnent depuis des lustres, leur chiffre ne fait pas l'inflation et elles ferment lorsque le dirigeant meurt. Depuis le temps que l'on parle de ces merveilles nous devrions les voir pointer dans les classements, assister à des mises en bourse, les voir prendre une notoriété, ... pas du tout. Bien entendu il y a quelques petites exceptions très peu nombreuses qui cachent la forêt noire et ce n'est pas du gâteau. Au classement qui fait référence du Fortune Global 500 qui vient juste de paraître, l"Allemagne fait difficilement jeu égal avec la France alors que le pays a une population d'un tiers plus importante. Le total de ces grosses entreprises est d'un peu plus de 2 trillions pour chacun des pays pour 28 établissements classés contre 31 pour nous. Mais ce qui est intéressant est la suite qui illustre le tableau principal : l'Allemagne n'a que peu de candidats en réserve alors que nous en débordons. Ou sont les ETI teutonnes qui auraient grossi ?? Quant à la bonne pratique de concentration du financement il faut l'affirmer : toutes les entreprises en ont besoin et même en ont le droit. Le résultat obtenu plus haut l'a été parce que nos gouvernement via nos banques et notre administration ont abusivement financé les entreprise du CAC 40 au détriment des autres. Un choix justifié par quoi ? Ce que financent les français ou que l'on finance en leur nom leur appartient s'il n'est pas diffus ! C'est pourquoi je propose un processus privé de France-Action qui vise à rétablir sans spoliation cet équilibre perdu.
a écrit le 18/07/2014 à 10:27 :
Les 2/3 des 4000 ETI Françaises ne sont en fait que des filiales de grands Groupes, dont beaucoup de groupes étrangers . Les "vrais" nombre de 'ETI est très faible, ce qui traduit la pauvreté de notre tissu productif, pas seulement par rapport a l'Allemagne (mais aussi Italie, Suisse, Flandre aussi)
Réponse de le 18/07/2014 à 12:15 :
Faut apprendre à lire. Dans l'article, il est clairement stipulé que les ETI sont sous capitaux étranger pour 50% d'entre elles...
Réponse de le 19/07/2014 à 17:52 :
Si elles sont sous "controle" d'un groupe (Francais ou Etranger peu importe), pour moi cela ne s'appel pas une ETI, mais une filiale.

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