Une semaine marquée par le rejet du plan d'aide au secteur automobile américain

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A la Une de l'actualité cette semaine, le rejet du plan d'aide au secteur automobile américain par le Sénat et l'intervention de la Maison Blanche pour rassurer sur le sort des constructeurs. L'aggravation des déficits commercial et budgétaire français, la baisse de la demande de pétrole, le feu vert de Bruxelles au plan français de recapitalisation des banques et l'accord européen sur le paquet climat-énergie ont également fait les gros titres

LE SENAT AMERICAIN REJETTE LE PLAN D'AIDE AU SECTEUR AUTOMOBILE, LA MAISON BLANCHE AU SECOURS

Les constructeurs automobiles n'auront donc pas convaincu les sénateurs américains de leur accorder un prêt d'urgence leur permettant de faire face à leurs problèmes de liquidités. Jeudi soir, le Sénat a été incapable de se mettre de se mettre d'accord sur les modalités d'un plan d'aide aux "big three" de Detroit (General Motors, Ford et Chrsyler), en raison notamment de l'opposition des républicains. Largement adopté à la Chambre des représentants, ce plan de sauvetage n'a donc pas passé le dernier obstacle, malgré les appels appuyés de George Bush et de Barack Obama. Les menaces de faillite se précisent, en particulier pour Chrysler et pour General Motors, et avec elles les possibles répercutions sur l'industrie, l'emploi et l'économie outre-Atlantique.

Ce vote place désormais en effet les deux constructeurs en position délicate: à court de liquidités début 2009, ils pourraient être contraints de se placer sous la protection du Chapitre 11 de la loi sur les faillites d'ici à la fin du mois de décembre. Pour éviter cette solution de dernier ressort, la Maison Blanche cherche des solutions et se dit prête à utiliser le fonds de 700 milliards de dollars initialement destiné au système financier pour renflouer les géants de Detroit. Cependant, en contrepartie de ce revirement spectaculaire de la part de l'administration Bush, les constructeurs et les syndicats vont devoir faire des concessions significatives. Les républicains n'ont cessé de réclamer durant les débats que le salaire horaire des ouvriers syndiqués à l'UAW (United Auto Workers) soit réduit afin de s'aligner avec les salaires pratiqués dans le pays par les constructeurs étrangers.

LES DEFICITS COMMERCIAL ET BUDGETAIRE FRANÇAIS SE CREUSENT EN OCTOBRE

Les déficits jumeaux (commercial et budgétaire) ont encore augmenté au mois d'octobre. Le déficit du budget de l'Etat en exécution était ainsi de 60,7 milliards d'euros fin octobre, contre 52,7 milliards à la même date en 2007. Au 31 octobre, les dépenses du budget général atteignent 236,1 milliards d'euros contre 226,8 milliards un an plus tôt. Les recettes nettes, quant à elles, s'établissent à 182,6 milliards d'euros au 31 octobre contre 183,5 milliards un an plus tôt, en baisse de 0,5% à périmètre courant mais en hausse de 1,6% à périmètre constant, notamment grâce à la progression du produit des recettes nettes de l'impôt sur les sociétés (+5,9%). "Cette progression des dépenses est conforme à l'objectif du projet de loi de finances rectificative pour 2008," a souligné le ministère du Budget dans un communiqué.

De son côté, le déficit commercial s'est encore creusé en octobre à 7,066 milliards d'euros, un nouveau record mensuel, contre 5,961 milliards d'euros en septembre, selon les chiffres publiés par les Douanes. "Dans un contexte de ralentissement économique généralisé, les exportations se contractent fortement en liaison notamment avec les difficultés des constructeurs automobiles et des sidérurgistes. Les importations résistent mieux, de sorte que le déficit continue de se creuser", a expliqué le ministère du Budget. Sur les douze derniers mois, le déficit cumulé s'établit en octobre à 56,201 milliards d'euros, autre record historique. Pour l'ensemble de 2008, le gouvernement prévoyait initialement un trou de 49,8 milliards d'euros, ce qui aurait déjà constitué un record.

LA DEMANDE DE PETROLE VA RECULER EN 2008 POUR LA PREMIERE FOIS DEPUIS 1983

La demande mondiale d'or noir devrait reculer cette année pour la première fois depuis 25 ans, selon le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'Energie (AIE). "La demande mondiale de pétrole est maintenant attendue en baisse en 2008 pour la première fois depuis 1983 et devrait se contracter de 0,2 million de barils par jour" à 85,8 millions, écrit l'agence, qui défend les intérêts énergétiques des pays industrialisés. "En 2009 la demande devrait recommencer à croître à 86,3 millions de barils", un chiffre lui aussi revu à la baisse, ajoute l'AIE, qui précise se fonder sur la reprise prévue l'an prochain par le Fonds monétaire international (FMI). Dans son précédent rapport il y a un mois, l'agence tablait encore pour 2008 et 2009 sur respectivement 86,2 millions de barils par jour et 86,5 millions.

Les prévisions de l'AIE pour l'an prochain contrastent nettement avec celles de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) qui table dans son dernier rapport publié ce mardi sur une contraction de 450.000 barils par jour de la demande mondiale d'or noir en 2009, après un recul de 50.000 barils attendu en 2008. Face à ces estimations contradictoires, les cours du pétrole ont joué au yo-yo toute la semaine, dans l'attente de la réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole mercredi prochain. Le cartel devrait opter sur une baisse significative de sa production, certainement comprise entre un et deux millions de barils par jour.

BRUXELLES DONNE SON FEU VERT AU PLAN FRANÇAIS DE SOUTIEN AUX BANQUES

La Commission européenne a approuvé ce lundi le plan français de recapitalisation de 10,5 milliards d'euros des banques, qui avait suscité des frictions entre Paris et Bruxelles. "Les autorités françaises ont adapté le niveau de la rémunération", qui sera "en moyenne de 8%" mais "tiendra compte du degré de solvabilité de chaque banque bénéficiaire", a expliqué la Commission pour justifier sa décision. Elles ont aussi instauré "un mécanisme de sur-remboursement du capital" qui permettra "de s'assurer que la présence de l'Etat dans le capital des banques sera limitée dans le temps au strict minimum". Nicolas Sarkozy s'est aussitôt félicité ce lundi de ce feu vert de Bruxelles. Il a indiqué que les banques françaises toucheront "dans les prochains jours" les 10,5 milliards d'euros de financements promis. Une deuxième tranche de 10,5 milliards est prévue par Paris si les circonstances le nécessitent. Cette seconde tranche n'aura pas à être soumise à l'accord de la Commission européenne, qui a donné son accord sur une enveloppe d'un montant total de 21 milliards d'euros.

L'UNION EUROPEENNE ADOPTE LE PLAN CLIMAT

Le plan climat européen est adopté. Les vingt-sept dirigeants des pays membres de l'Union européenne ont adopté ce vendredi à l'unanimité le plan climat qui a pour but de réduire de 20% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Cet objectif, qualifié d'ambitieux par beaucoup, va consister notamment à faire payer des droits à polluer à une partie de l'industrie européenne. Jeudi, la France, qui présidait ce sommet, a réussi à lever les réticences de l'Allemagne, la Pologne et l'Italie. Ce vendredi matin, par une série de nouvelles propositions, elle a réussi à rallier la Hongrie à son avis. Le plan adopté prévoit également de porter la part des énergies renouvelables en Europe à 20%, toujours pour 2020, et de réaliser 20% d'économies d'énergie sur la même période.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les hommes politiques de droite comme de gauce sont incapables de gérer le budget de l'Etat : c'est ainsi qu'en 20 as, la dette publique doit avoir atteint un montant égal à 5 ou 6 annnées du budget de l'Etat, si ce n'est davantage. Et l'on continue à fabriquer de la dette au rythme de 50 ou 60 milliards d'euros par an alors que le service de la dette (cad le remboursement de la dette de l'Etat) occupe une part de plus en plus importante du budget de l'Etat ! Bravo, ils n'ont vraiment pas froid aux yeux, et pour cause : ce ne sont pas eux qui paieront, mais le contribuable ! Eux, ils se soucient uniquement de leur réélection et vivent dans un fromage : la crise ce n'est jamais pour eux : Monsieur Sarkozy a multiplié par son salaire par 4 ou 5, et le budget de l'Elysée a très fortement augmenté en 2008 !

Dans quelques années pourtant, à défaut de sortir de l'euro (ce serait une option pour rembourser en monaie de singe), il faudra bien rembourser, et on nous annoncera alors la bouche en coeur qu'il faut doubler ou tripler la CSG-RDS ou encore créer un impôt de solidarité de remboursement de la crise !!! C'est REVOLTANT et totalement IRRESPONSABLE, car nous allons tout droit dans un mur et nous vivons à crédit sur le dos de la génération à venir. QUELLE HONTE !!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le plusinquiétant, c'est le déficit commercial qui tend à prouver que c'est l'ensemble des français qui vit au-dessus de ses moyens.

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