Peer Steinbrück plaide pour une taxe sur les transactions financières

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S'affirmant optimiste quant aux résultats du G20 de Pittsburgh, le ministre des Finances allemand entend se battre pour imposer son concept de taxe sur les transactions financières.

Dans une interview aux Echos de ce mardi, Peer Steinbrück, ministre allemand des Finances (SPD), se déclare "fondamentalement optimiste" à deux jours de l'ouverture du Sommet du G20 de Pittsburgh. Mais, surtout, il développe son idée de taxe sur les transactions financières, que le SPD affirme vouloir instaurer unilatéralement en Allemagne, en cas d'échec sur ce sujet au niveau mondial.

"L'Allemagne accorde une grande importance à une juste répartition du fardeau de la crise, affirlme le ministre. Mon objectif est que le G20 s'en saisisse également : qui va payer l'addition ? Nos concitoyens vont-ils se sentir les dindons de la farce, s'ils assument seuls les conséquences de la crise ? Avec le candidat à la chancellerie du SPD, Frank-Walter Steinmeier, j'ai introduit récemment l'idée d'une nouvelle taxe sur les transactions financières comme compensation. Il ne s'agit pas du vieux concept de taxe Tobin, mais d'une taxe sur les opérations financières, avec une assise la plus large possible et un taux le plus bas possible, valable au moins au niveau du G20, afin d'empêcher les effets d'éviction. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s'est déjà exprimé dans ces colonnes en des termes comparables".

"Si l'on ne trouve pas d'accord au niveau du G20 ou au moins au niveau européen, alors on devra réfléchir à des alternatives dans un cadre plus restreint. Pour l'Allemagne, le SPD propose l'introduction d'un impôt sur les opérations de Bourse, comme il en existe en Grande-Bretagne depuis 1684 sous l'appellation "stamp duty", insiste Peer Steinbrück.

Depuis la réunion de Londres en avril, "nous avons déjà beaucoup avancé, rappelle-t-il. Ce n'est pas toujours facile à communiquer, parce qu'il s'agit de projets complexes en rapport avec les règles prudentielles, la supervision bancaire, les exigences en matière de capitaux propres ou le rôle des "hedge funds" et des agences de notation".

Autre sujet important, pour le ministre, les paradis fiscaux : "c'est un thème qui fait voir rouge à tous ceux qui paient honnêtement leurs impôts, quand ils voient que précisément ceux qui ont profité des excès, à la Bourse et dans les banques, déposent leurs gains dans les paradis fiscaux. Non seulement cela coûte des milliards à l'Etat, mais cela a des conséquences dangereuses sur les fondements de notre société et de notre démocratie parlementaire. C'est pourquoi je me réjouis des progrès accomplis dans ce domaine. En moins de trois mois, 44 Etats ont signé le codex de l'OCDE. Sans la pression constante de l'Allemagne et de la France, nous aurions bien moins avancé, voire pas du tout. Nous surveillerons attentivement le respect des engagements pris", martèle Peer Steinbrück.

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