Ukraine : élection sur fond de faillite et de désillusion

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
L'Ukraine vote ce dimanche au premier tour d'une élection présidentielle qui ne compte pas moins de 18 candidats. Si le président sortant Viktor Iouchtchenko a peu de chances d'être élu, la partie se joue entre Viktor Ianoukovitch, le favori, proche de Moscou, et le Premier ministre Ioulia Timochenko.

Les Ukrainiens votent ce dimanche pour élire leur futur président. L'actuel président et héros de la Révolution orange pro-occidentale de 2004, Viktor Iouchtchenko, n'a guère de chances d'être réélu, son action dans la lutte contre la corruption ayant profondément déçu ses compatriotes, le tout sur fond de crises politiques à répétition et de vives tensions avec Moscou. Le pays est en quasi faillite et vit sous perfusion financière du Fonds monétaire international (FMI) depuis plus d'un an.

Deux grands rivaux sont ainsi en lice : Viktor Ianoukovitch, traditionnellement plus proche de Moscou et favori des sondages, et le Premier ministre Ioulia Timochenko, égérie de la Révolution orange, jugée plus pro-européenne même si elle entend ménager la Russie.

Aucun des deux ne semble en position de l'emporter dès le premier tour, en raison de la pléthore de candidats - 18 au total - et du morcellement de l'électorat dans ce pays de 46 millions d'habitants. Selon une enquête de l'Institut de sociologie international de Kiev (KIIS) réalisée début janvier, Viktor Ianoukovitch recueillerait 39% des voix au premier tour et Ioulia Timochenko 23%.

Une surprise n'est toutefois pas à exclure de la part de candidats moins en vue comme l'ex-banquier Sergui Tiguipko (12%), qui pourrait inquiéter Ioulia Timochenko.

Les premiers chiffres de participation à 09 heures GMT montraient un résultat légèrement en retrait par rapport à 2004, à 15,1%. Les premiers sondages de sortie des bureaux de vote sont attendus dès la clôture du scrutin à 20 heures (18H00 GMT).

Crainte de fraudes

Des tensions ont été relevées à Donetsk (est), bastion de Viktor Ianoukovitch, où nombre de citoyens géorgiens se présentant comme des journalistes étaient présents dans les bureaux de vote, selon l'AFP. La veille, les autorités locales avaient accusé des centaines de Géorgiens arrivés de Tbilissi de fomenter des troubles au profit de IouliaTimochenko. Deux journalistes géorgiens de la chaîne Imedi ont par ailleurs indiqué avoir été agressés dans la nuit par des inconnus.

D'autres incidents mineurs ont été signalés par les médias en province comme un manque d'urnes et des incohérences dans les listes électorales à Odessa (sud), mais le président de la Commission électorale centrale, Vladimir Chapoval a indiqué qu'aucun incident sérieux n'avait été détecté pour le moment.

Le thème des fraudes est éminemment sensible en Ukraine depuis que la justice a invalidé la victoire de Viktor Ianoukovitch à la présidentielle de 2004, ouvrant la voie à l'arrivée au pouvoir de Viktor iouchtchenko.

 

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