La reconstruction d'Haïti pourrait coûter 10 milliards de dollars

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
Le président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, a estimé lundi que le coût de reconstruction d'Haïti s'élèverait à dix milliards de dollars après le séisme dévastateur de mardi dernier. Plus de 2.000 "marines" américains sont en route pour Haïti afin d'accélérer les opérations de sauvetage.

Le président haïtien René Préval a appelé les donateurs à penser au développement du pays le plus pauvre des Amériques. "Nous ne pouvons pas seulement panser les plaies du tremblement de terre. Nous devons développer l'économie, l'agriculture, l'éducation, la santé et renforcer les institutions démocratiques", a-t-il dit lors d'une conférence des donateurs en République dominicaine.

La reconstruction du pays coûtera 10 milliards de dollars sur  5 ans

Une semaine après le terrible séisme qui a laissé Haïti en état de choc et de chaos et pourrait avoir fait près de 200.000 morts, le président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, hôte à Saint-Domingue d'une première réunion internationale sur l'aide à Haïti, a estimé lundi que le coût de reconstruction d'Haïti s'élèverait à dix milliards de dollars après le séisme dévastateur de mardi dernier. "Nous avons vu que Haïti allait peut-être avoir besoin d'environ 2 milliards de dollars par an", a déclaré Leonel Fernandez.  Nous parlerions d'un programme sur cinq ans d'environ 10 milliards de dollars (7 milliards d'euros)", a-t-il ajouté en faisant un premier point des débats auxquels ont participé son homologue haïtien René Préval, plusieurs pays de la région et des fonctionnaires internationaux.

Il a en outre insisté sur la nécessaité d'une coordination de l'aide internationale. Pour que cette aide soit efficace, il faut "une convergence au plan international" et "une coordination interne" pour en assurer le contrôle, ce qui passe par le renforcement de l'autorité centrale en Haïti, a-t-il néanmoins prévenu. "En premier lieu, l'aide humanitaire d'urgence doit continuer, mais il y a des problèmes logistiques à régler (...) Il faut une autorité centrale en Haïti qui chapeaute le soutien qui est en train d'arriver pour que l'aide humanitaire apporte l'effet souhaité", a-t-il insisté.

L'aide s'intensifie

Par ailleurs, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a souhaité lundi que 3.500 soldats et policiers onusiens supplémentaires soient envoyés en Haïti. M. Ban a précisé qu'il avait demandé au Conseil de sécurité de l'ONU de relever le plafond actuel de la Mission des Nations unies en Haïti (MINUSTAH), qui compte 7.000 soldats et 2.100 policiers. Il a estimé que ces renforts (1.500 policiers et 2.000 soldats) seraient nécessaires pendant six mois.

Les ministres de la Coopération et du Développement de l'Union européenne ont, de leur côté, proposé lundi l'organisation d'une conférence internationale sur Haïti pour aide le pays a se relever d'un séisme particulièrement meurtrier et dévastateur. "Cette tragédie exige de tous dans le monde entier de faire un effort significatif pour soutenir ce pays", a déclaré le chef de la diplomatie européenne, Catheroine Ashton, avant cette réunion extraordinaire. L'Union européenne a pour l'instant fourni une aide immédiate de 20 millions d'euros, a ajouté Catherine Ashton, en précisant que les Vingt-sept étaient disposés à fournir une aide financière et humanitaire supplémentaire.

Côté américain, plus de 2.000 "marines" américains étaient en route lundi pour Haïti afin d'accélérer les opérations de sauvetage, qui se poursuivent une semaine après le séisme, malgré les problèmes de sécurité et de logistique à Port-au-Prince. Ils arrivent munis avec du matériel de déblaiement, de l'aide médicale et des hélicoptères, a annoncé l'état-major américain, qui s'est fixé comme objectif de déployer 10.000 soldats dans les zones affectées. Dans la capitale haïtienne, le pillage reste un problème permanent et les rescapés ont toujours le plus grand mal à se procurer eau, vivres et médicaments, même si les structures d'aide se mettent en place.

Le pillage reste un problème

L'ancien président américain Bill Clinton, émissaire spécial de l'Onu en Haïti, a donné l'exemple en déchargeant des bouteilles d'eau sur le tarmac de l'aéroport de Port-au-Prince, mais en ville, l'acheminement reste difficile en raison des débris et cadavres qui jonchent les rues. Devant les installations provisoires de l'Onu, de l'armée américaine et des agences humanitaires, des foules se rassemblent pour mendier des vivres. La situation s'améliore pourtant dans certains domaines. Ainsi, des équipes médicales internationales ont pu s'installer dimanche dans des hôpitaux et cliniques endommagés où blessés et malades attendaient sans soins depuis des jours. Les sauveteurs continuent parallèlement de fouiller les décombres et ont encore retrouvé des survivants dimanche.

Les pillards, qui ont fait leur apparition dans la capitale au cours du week-end, continuent à s'emparer, dans les magasins éventrés, de tout ce qu'ils peuvent y trouver. Des affrontements ont éclaté entre la police et des groupes d'hommes armés de couteaux, de haches ou de pierres. Au moins deux pillards ont été abattus, rapportent des témoins. "Nous n'avons pas les capacités de régler la situation", dit Dorsainvil Robenson, un policier de Port-au-Prince. "Haïti a besoin d'aide (...), les Américains sont les bienvenus. Mais où sont-ils? Nous avons besoin d'eux dans la rue, avec nous."

La liste des personnes disparues en Haïti

Voici une liste des pays ayant signalé des décès et disparus dans le séisme du 12 janvier à Haïti:
Allemagne: 1 mort, 16 disparus. Antigua et Barbuda: 2 disparus. Argentine: 1 mort. Autriche: 1 mort. Belgique: 1 disparu. Brésil: 18 morts, 2 disparus. Canada: 11 morts, 859 personnes dont on est sans nouvelles. Chili: 1 mort, 1 disparu. Chine: 8 morts. Costa-Rica: 2 disparus. El Salvador: 1 disparu. Espagne: 2 morts, 10 personnes dont on est sans nouvelles. Etats-Unis: 16 morts, dont 1 employé du gouvernement américain; 2 disparus. Le nombre total d'Américains en Haïti est estimé à 45.000. France: 12 morts, mais le gouvernement craint la mort de 20 à 30 personnes supplémentaires. Grande-Bretagne: 1 mort. Italie: 2 morts, dont un responsable de l'ONU, 2 disparus dont on craint qu'ils soient mort, 7 personnes dont on est sans nouvelles. Jordanie: 3 morts, 23 blessés, tous membres de la Mission des Nations unies en Haïti (MINUSTAH). Mexique: 1 mort, 27 disparus. Pays-Bas: 3 blessés, dont un enfant; 18 disparus. Pérou: 1 mort. Pologne: 4 disparus. République Dominicaine: 24 morts, 24 disparus. Tunisie: au moins 1 mort (Hédi Annabi, chef de la MINUSTAH). Uruguay: 1 mort, deux disparus (dont un enfant de trois ans). Nations unies: 37 membres du personnel de l'ONU sont morts et près de 330 sont portés disparus. Certains membres du personnel peuvent aussi être comptabilisés par nationalité. Union Européenne: 1 mort, 2 disparus.

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Commentaires
a écrit le 25/01/2010 à 16:59 :
Je veux bien que mon pays se développe. Toutefois, connaissant la destination certaine de cet argent, je ne souhaite pas ou mieux, je m'oppose à tout versement à l'état haitien ou aux ong qui, depuis longtemps, font leur beurre dans le pays. Il est temps de construire, éliminons la gangrène que sont les politiciens. Le développement ne peut se faire avec ces soit-disant leader qui ne pensent qu'à leur égo. Qui se disent patriotes en étant patripoches.

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